ça fait très très longtemps que j'ai laissé ce blog en hibernation... plus le temps, plus trop le courage, et les personnes qui venaient le consulter régulièrement... bah disons qu'en grandissant on prend parfois des chemins différents... C'est comme ça. Moi-même, je ne vais plus trop sur les blogs...
Enfin bref, beaucoup de boulot, donc besoin d'écrire des conneries pour me défouler, n'allez pas chercher plus loin (ou : comment assumer les atrocités qu'on peut pondre...).
Je colle tout d'une traite, en plus...
La poupoufisation d'Hermione Granger
Résumé : Un accident en cours de potions... et la plus studieuse des élèves de Poudlard se transforme en Pouf USB. Voici donc les pathétiques aventures d'une Hermione poupoufisée.
Pas de spoiler du tome 7.
« Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables [une pouf] dans toute la vérité de la nature; et [cette pouf], ça sera [Hermione]. » (citation « légèrement » modifiée du Préambule des <i>Confessions</i> de Jean-Jacques Rousseau)
Bon, en fait, les Hermy-pouf sur internet, c'est fréquent. Mais j'avais envie de vous tartiner un peu de Jean-Jacques, parce que je suis censée bosser.
Avertissement au lecteur :
Depuis le temps que je dis que j'écrirai ça un jour... Il faut que je le fasse quand je suis débordée de travail !
Oui, au lieu de bosser sur ma GMF (Grammaire Méthodique du Français), je glandouille sur mon ordi à écrire la Poupoufisation. Oui, j'ai honte. Oui, ce n'est pas bien. Oui, vous avez raison de me culpabiliser. Mais zut, euh. C'est toujours quand j'ai le plus de travail que je ressens le besoin de m'échapper et que mon imagination tordue décide de s'exprimer...
Bref, ça vole haut, vous verrez.
Vu le titre hautement intellectuel, vous vous imaginez bien ce qui va se passer. Donc je n'ai pas besoin de lemons détaillés pour être comprise. Ce qui m'arrange bien, parce que je vise un public relativement large, d'où le faible rating. Oui, il a y avoir des parties de jambes en l'air, mais si vous étiez venu(e) parce que la parabole est en panne, vous pouvez passer votre chemin...
Bref, maintenant que vous êtes ici et que vous venez de découvrir que zut, c'est pas un Lemon Hard mal classé, vous avez envie de passer votre chemin. Encore une fic pourrie, et même pas cochonne, en plus ! Quelle perte de temps !
(Et ce qui devait être une petite note d'auteur va se transformer en chapitre d'avertissement au lecteur...)
Vous croyez vraiment que je m'amuserais à ce genre de choses de façon gratuite ? Mais non, allons ! Pour moi aussi il faut qu'il y ait un intérêt !
Le but du jeu, dans cette fic, sera de replacer des mots, des expressions et des phrases que mes bourreaux euh... mes amis, m'ont imposé. Etant donné que tous ne sont pas étudiants en Lettres, je me retrouve avec du vocabulaire assez spécifique que je ne maîtrise pas forcément... A moi de me dépatouiller avec ça. Voyez le bon côté des choses : vous allez lire une histoire d'Hermy-Pouf (j'ajouterai même Pink-Dark-Pouf...), tout en améliorant votre vocabulaire !
Pour ce qui est des mots imposés : Merci à Véro (Verowyn), Pauline (Orchid), Géraud (Ehtur), Lena (Azenor) Kévin, Aurélie, Mike et Julien pour leurs abominations à replacer ! Ils ont été tellement sadiques que j'ai dû aller chercher certaines définitions dans le dictionnaire... Bon, je vous en fais profiter, au passage.
- Oligarchie : régime politique dans lequel la souveraineté appartient à un petit groupe de personnes, à une classe restreinte et privilégiée.
- Egotisme : disposition à parler de soi, à faire des analyses détaillées de sa personnalité physique et morale.
- Onanisme : cherchez vous-mêmes dans le dico.
- baiser(s) colombin(s) : baisers approfondis
- apostasie : renonciation aux v½ux, reniement
- idiosyncrasie : disposition personnelle particulière, généralement innée, à réagir à l'action des agents extérieurs.
- Macrocéphalie : augmentation pathologique du volume de la tête
- Engastrimythe : qui parle avec des organes autres que vocaux (ex : ventriloque).
- améthyste : pierre précieuse violette, variété de quartz
- baleine à bosse
- cuniculiculture : élevage de lapins domestiques (à quoi pensiez-vous ???)
- god michet
- « relâcher la pression »
- kama sûtra sorcier
- voiture tuning
- lesbienne
- un iceberg
- porphyre : variété d'andésite, roche volcanique rouge foncé, compacte, mêlée de cristaux blancs
- agranulocytose : disparition ou diminution importante du nombre des globules blancs polynucléaires du sang due le plus souvent soit à une intoxication ou allergie médicamenteuse, soit aux radiations ionisantes.
- Acromégalie : affection caractérisée par une hypertrophie non congénitale des extrémités et de la tête.
- Hémoglobine : substance protéique contenue dans les globules rouges du sang, et qui renferme du fer.
- Poteau rose/barre de Strip-tease
- bilirubine : pigment jaune-rougeâtre, présent dans l'urine, et la bile notamment, dont l'accumulation anormale dans le sang et les tissus détermine un ictère (ou " jaunisse "), qui peut relever de causes très diverses. ce pigment provient de la dégradation de l'hémoglobine.
2/ Phrases imposées
- « la nécessité des circonstances était telle que le savoir ne suffisait plus à soulager la soif de vérité qui habitait sa conscience coupable et pourtant encline à espérer. »
- « alors, ça s'est passé comment ? – je trouve qu'elle l'a pris... plutôt bien. »
Dernière remarque : Hermione est majeure chez les sorciers, donc l'histoire se passe en septième année, mais je pense qu'il ne faut pas tenir compte des tomes 6 et 7, parce que sinon c'est mission impossible... La seule chose que je reprends du tome 6 qui va me servir, c'est que Harry et Ginny sont ensemble.
Bon, maintenant que ces menus détails liminaires sont fixés, je vous laisse à la lecture de la <i>Poupoufisation</i>.
Note d'auteur : Je dédie cette fic à toutes les poufs que j'ai pu croiser dans ma vie, et que j'ai appris à plaindre, malgré tout, avec BEAUCOUP de recul.
- Joyeux anniversaire, Joyeux anniversaire, Joyeuse AAAAAAnnivsersaaaaaaaaaaiiiiiire Hermione, Joyeux AAAAAAAAAnniversaaaaaaaaaaaaaaiiiiiiiiiiire !
Une jeune femme aux cheveux ébouriffés se pencha sur le gâteau devant elle et souffla les dix-huit bougies qui dégoulinaient sur le sucre glace tandis qu'une assemblée de jeunes gens autour d'elle applaudissaient à tout rompre. Hermione Granger rayonnait de bonheur dans la Salle Commune des Gryffondor, où son amie Ginny lui avait fait une surprise d'anniversaire.
La rentrée avait eu lieu près de trois semaines auparavant, et Harry, Ron et Hermione attaquaient leur dernière année à l'école de Sorcellerie de Poudlard. Ce dimanche matin était froid mais beau, et le gâteau d'anniversaire, que Dobby avait confectionné lui-même, était un petit-déjeuner tout à fait satisfaisant, même pour Ron.
- Allez Hermione, arrête de faire le service, ouvre tes paquets maintenant ! Dit Ginny.
- Tu penses vraiment que je vais laisser Ron sans rien à manger ? Il risque de tomber d'inanition, le pauvre !
La pointe des oreilles de Ronald Weasley rougit, mais il ne songea nullement à démentir, d'autant plus que son estomac gargouillait allègrement. L'entrée de la Salle Commune s'effaça, et découvrit le visage lunaire et jovial de Neville Londubat.
- Bonjour vous tous ! C'est l'anniversaire de qui ?
- D'Hermione ! C'est qu'elle commence à se faire vieille maintenant ! On a cru qu'elle n'aurait jamais assez de souffle pour éteindre toutes ses bougies !
Hermione gratifia Ron d'un regard noir, et tendit l'assiette qu'elle lui avait préparée à Neville, à qui elle fit son plus beau sourire.
- Tu veux du gâteau Neville ? Ron n'a pas tellement faim, il peut bien attendre un peu.
- Volontiers ! Merci !
Neville se saisit de l'assiette et plongea sa petite cuillère dans la part de gâteau avec un enthousiasme proche de l'indécence. Ron croisa les bras en signe de dépit, mais Hermione continua son service en l'ignorant superbement.
La matinée se déroula sans autre incident majeur, et le petit groupe profita un peu du parc pour s'ébattre à l'air libre. Un peu d'oxygène ne pouvait qu'améliorer les performances cognitives dont ils auraient besoin pour l'après-midi. Rogue leur avait concocté un programme de préparation aux ASPIC démoniaque : tous les lundis, interrogation de potions. Jusque-là, rien de bien méchant, à ceci près que les élèves tiraient au sort une potion vue dans les programmes des années précédentes, et qu'ils devaient la préparer sans manuel. Ce qui signifiait qu'il leur faudrait apprendre par coeur chaque protocole de chaque potion étudiée depuis la première année. Ron et Harry comptaient évidemment sur l'exceptionnelle capacité d'apprentissage et de mémorisation d'Hermione pour leur venir en aide. Hermione, quant à elle, avait constitué un classeur de feuilles Bristol avec toutes les potions répertoriées, classées par niveau de difficulté et ordre alphabétique, qu'elle revoyait fréquemment. Il n'était pas rare de la voir plonger dans son sac à tout moment du jour ou de la nuit, pour vérifier des détails d'importance, comme le nombre de graines de tournesol dans une Potion de Joie, où la température de chaudron à l'étape six de la préparation d'une potion de Goutte du Mort Vivant.
Si ce n'était la masse de travail monstrueuse qui écrasait les élèves de septième année, on pouvait dire raisonnablement que nos trois héros avaient retrouvé avec bonheur la routine scolaire de ces six dernières années. Rogue était toujours égal à lui-même et injuste avec les Gryffondor, MacGonagall était toujours aussi sévère et perfectionniste, Flitwitck était toujours aussi gentil et compréhensif... Bref, rien de bien nouveau au sein de Poudlard et du WWF (Wonderful World of Fanfiction (0)), si ce n'est que Neville prenait le thé avec le Professeur Chourave le samedi après-midi, et qu'ils en profitaient pour parler boutures et rempotages.
Le dimanche après-midi fut studieux et calme. Hermione avait prêté son petit classeur de potions à Harry pour qu'il lui fasse réciter, Ron s'était mis à ronfler sur un devoir de Métamorphoses qu'Hermione avait terminé la semaine précédente, mais qu'elle finirait par lui faire, et Ginny s'entraînait pour le prochain TP d'enchantements.
Nous avons oublié de préciser, dans cette histoire, que le calme exceptionnel qui régnait dans la Salle Commune des Gryffondor n'était pas dû à une soudaine passion pour les études de l'ensemble des élèves de Gryffondor, mais que Hermione Granger avait été nommée Préfète-en-Chef de l'école, et qu'elle avait ensorcelé la Salle Commune de façon à ce que les élèves qui dépassait un certain seuil sonore soient automatiquement punis. Beaucoup avaient décrié cette mesure au début de son application, mais les protestations s'étaient vite tues, en partie parce que, trop bruyants dans leurs plaintes, les élèves s'étaient retrouvés collés. Petit à petit, ce calme avait commencé à être apprécié de tous, et une autorisation à aller se défouler dehors permettait d'aller crier dans le parc en toute impunité, et ce jusqu'à 21h.
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes poudlardiens fictionnels possibles, jusqu'à cette fameuse interrogation du lundi matin, 8h.
- Miss Granger, à votre tour, dit Rogue d'une voix froide.
(Il est presque stupide de préciser que Rogue s'exprimait d'une voix froide. Jamais auteur de fanfiction n'écrirait que Rogue exhortait chaleureusement un Gryffondor...) Hermione plongea la main dans le Choixpotion, et en retira un petit parchemin, qu'elle ouvrit précautionneusement. Déchiffrant l'écriture patachonne de Rogue, elle lut :
- Potion de Désir.
- Parfait, murmura Rogue, presque irrité. Au moins, avec une potion aussi facile que celle-là, vous pourrez aider Londubat à ne pas faire exploser son chaudron, pour changer. A votre tour, Drago.
Hermione avala sa salive et la réponse acide qu'elle rêvait de faire à son cher professeur, et se tourna vers Neville avec un sourire d'encouragement. Il avait tiré « Potion de Force », et ne semblait pas se rappeler le moindre détail concernant cette potion. Quand toute la classe eut tiré au sort la potion du jour, les élèves purent commencer. La plupart des élèves cherchait encore dans l'armoire quels ingrédients pourraient entrer dans la composition de potion de Croissance, de philtre Revigorant ou autre, et Hermione en était déjà à l'étape Trois de la fabrication de sa potion. Le liquide dans son chaudron bouillonnait joyeusement, un agréable parfum de rose s'en échappait, tandis qu'elle râpait avec soin son gingembre.
Quelqu'un frappa à la porte de la classe. Le professeur Rogue cria quelque chose, et Luna Lovegood apparu au milieu des vapeurs de chaudrons, l'air rêveur. Elle s'avança près du bureau de Rogue, et lui tendit un rouleau de parchemin.
- C'est de la part du professeur Dumbledore. Il veut savoir si vous participerez à la Fête Costumée des Lapins Saugrenus vendredi soir.
Rogue blêmit, ne daigna pas décacheter le parchemin, et le rendit à Luna avec dégoût.
- Vous répondrez au professeur Dumbledore que tous mes vendredis soirs sont consacrés aux colles que je ne vais pas manquer d'infliger à Potter et ses amis sous un prétexte quelconque et fallacieux dans l'unique but de ne pouvoir assister à cette sauterie décadente. Autre chose miss Lovegood ?
- Vous savez professeur, vous devriez faire attention à vous. Je suis certaine que vous êtes régulièrement attaqué par des Joncheruines, c'est pour ça que vous êtes toujours de mauvaise humeur. Papa dit toujours que...
- Merci, miss Lovegood, ça suffira pour aujourd'hui, vous pouvez partir.
Luna reprit le parchemin et repartit en direction de la porte en sautillant dans l'allée centrale comme si de rien n'était.
Rogue ne fut pas certain de ce qu'il avait vu, mais il lui sembla que quelque chose qui provenait de Luna Lovegood était tombé dans le chaudron de Granger, qui n'y avait pas prêté attention, puisqu'elle était en train d'expliquer à Neville comment peler sa gousse de Snargalouf de façon à ce qu'elle ait une efficacité optimale, tout en remuant sa propre potion. Un instant, il se dit qu'en tant que professeur, il se devait d'intervenir, mais la perspective que Miss-Je-Sais-Tout rate sa potion, d'une part, et provoque une catastrophe qui n'aurait de conséquences que sur elle et Londubat – lui donnant un excellent motif de colle – d'autre part, faisait après tout partie des risques du métier de préparateur de potions. Il s'abstint donc de commentaire et regarda avec attention la suite des événements, qui ne tardèrent d'ailleurs pas à se succéder. Hermione ayant fini de répondre à la question de Neville, constata que la température de sa potion était suffisamment élevée : les racines de mandragore avaient eu le temps d'infuser, il était temps ajouter le gingembre râpé à la potion. Neville se tourna vers elle à ce moment-là, et Hermione leva les yeux vers lui. L'effet fut immédiat. Hermione ne comprit pas tout de suite le changement d'expression sur le visage de Neville. A peine le gingembre râpé eut-il touché le liquide bleu turquoise que la potion vira au rouge, bouillonna dangereusement et fit exploser le chaudron. Neville n'avait eu que le temps de se protéger derrière sa table, mais Hermione fut entièrement lessivée.
Rogue se leva d'un bond, prit son air le plus furieux et s'approcha d'Hermione.
- Miss Granger, comment avez-vous pu rater une potion d'une aussi lamentable facilité ? Êtes-vous stupide ?
Derrière elle, Drago Malefoy se bidonnait comme <g>une baleine à bosse.</g> Hermione dégoulinait de potion, mais Rogue faisait semblant de ne pas l'avoir remarqué.
- Qu'avez-vous ajouté comme ingrédient pour réussir à faire exploser votre chaudron ?
- Je ne sais pas, Monsieur, j'ai pourtant suivi le protocole à la lettre... bafouilla Hermione.
- C'est ce que je vois, en effet. Ce qui vous vaudra un zéro, et une retenue vendredi soir dans mon bureau. Maintenant nettoyez-moi ce carnage.
- Monsieur, intervint Harry, il faudrait peut-être qu'Hermione aille à l'infirmerie, elle est recouverte de potion, ça peut être dangereux !
Rogue le toisa de toute sa hauteur.
- Vous ai-je autorisé à parler, Potter ? Non, alors vous vous taisez immédiatement...
Harry se prépara à répliquer.
- ... sinon vous viendrez effectuer votre heure de colle samedi matin à la place de votre entraînement de Quidditch.
L'argument était de taille, et le regard d'Hermione qui signifiait « Laisse tomber, ça n'en vaut pas la peine » dissuadèrent Harry de répondre. Chacun se replongea bientôt dans son travail, et Hermione nettoya les dégâts en silence, dégoulinant toujours de potion. Elle se contenta de fusiller Rogue du regard une ou deux fois, et s'aperçut qu'il la regardait avec un petit rictus malfaisant, genre Hannibal Lecter se préparant à fondre sur sa proie. Plus que la punition infligée, ce rictus la terrifia. Pour que Rogue étire ses lèvres en ce que les gens appellent communément un sourire, il fallait que quelque chose le réjouisse. Or, il était rare que les choses qui réjouissaient le professeur Rogue réjouissent le commun des mortels.
- J'ai fini de nettoyer, professeur. Puis-je aller à l'infirmerie, Monsieur ? Demanda-t-elle enfin d'un ton détaché.
- Miss Granger, vous n'avez jamais été aussi bien coiffée, je ne vois absolument pas pourquoi vous auriez besoin de quitter mon cours. Si votre potion ratée avait eu un quelconque effet, les symptômes se seraient déjà montrés : <g>macrocéphalie (1), agranulocytose (2), acromégalie (3),</g> je ne constate rien de tout ceci. Vous n'avez pas taché le sol avec votre <g>hémoglobine (4)</g>, et manifestement, vous ne tremblez de Désir pour personne dans cette classe puisque vous avez raté votre potion, ce qui est bien dommage, j'aurais parié sur Londubat. Je ne vois par conséquent aucune raison de sortir de mon cours.
Hermione serra les dents, et ignora superbement Malefoy, qui était tombé par terre à force de rire, et recommença sa potion à zéro, sans rien dire, et en mettant les bouchées doubles pour terminer à temps son travail.
Le cours parut s'éterniser. Enfin, la sonnerie retentit, et Hermione sortit en trombe pour se nettoyer un peu avant le prochain cours.
Resté seul dans sa classe, le professeur Rogue semblait songeur. Rien ne s'était passé, apparemment, après l'incident. Miss Granger n'avait manifesté aucun symptôme connu lors de ce genre d'accident avec une potion de Désir. Quel était donc l'ingrédient malencontreusement ajouté par Luna Lovegood ? Une petite enquête s'imposait : il aurait été mal vu qu'une élève meure à Poudlard des suites d'une explosion de chaudron dans son cours...
<i>(O) Le WWF est un label Lylene&Verowyn. ;o)
(1) Macrocéphalie : augmentation pathologique du volume de la tête
(2) Agranulocytose : disparition ou diminution importante du nombre des globules blancs polynucléaires du sang due le plus souvent soit à une intoxication ou allergie médicamenteuse, soit aux radiations ionisantes.
(3) Acromégalie : affection caractérisée par une hypertrophie non congénitale des extrémités et de la tête.
(4) Hémoglobine : substance protéique contenue dans les globules rouges du sang, et qui renferme du fer.</i>
Chapitre 2 : Le fou-rire de Rogue
Note d'auteur : Honnêtement, j'ai fait de mon mieux pour replacer certains termes imposés, mais je ne vous garantis pas qu'ils sont à 100% correctement employés...
- Hermione, tu es là ? Demanda la voix de Ron derrière la porte.
- Deux petites secondes, j'arrive ! <i>Tergeo ! </i>
Sitôt après le cours, Hermione s'était précipitée dans les toilettes les plus proches pour vérifier l'étendue des dégâts. Elle avait constaté avec soulagement que rien dans son apparence – genre poils de chats, éruptions cutanées, pousse dentaire excessive – n'avait changé. Elle s'était nettoyée elle-même, et avait tenté de se rincer au moins le visage pour dissiper l'impression que la potion lui collait à la peau. Ne pouvant manquer un cours aussi important que la Métamorphose, elle avait dû renoncer à aller directement prendre une douche, et l'entêtant parfum de rose mêlé au gingembre et à la mandragore la suivit toute la journée.
Ron, Harry et elle arrivèrent en retard pour le cours du professeur MacGonagall, qui se disposait à leur en faire la remarque lorsque Neville prit inopinément la parole pour expliquer l'affaire. L'odeur de potion persistante qui recouvrait Hermione confirmait ses dires, mais Hermione refusa catégoriquement de manquer le cours de métamorphose pour aller à l'infirmerie. Minerva MacGonagall marqua cependant sa désapprobation par un froncement des ailes du nez. Elle admirait par-dessus tout la volonté sans faille et l'application studieuse de son élève, mais l'incident du cours de potion ne pouvait que l'inquiéter. Certes, le professeur Rogue n'aurait pas laissé une élève – même une élève de Gryffondor, elle en était <i> presque</i> sûre – dans cet état si la situation avait pu être ou devenir dangereuse, mais il faudrait néanmoins qu'elle aille lui en toucher un mot. Le cours se déroula sans incident majeur, si ce n'est que Seamus Finnigan transforma le bureau de Minerva MacGonagall en vélociraptor furieux, au lieu de le métamorphoser en vélocipède vieux, ce qui fut néanmoins l'occasion pour les élèves de pratiquer activement le sort de Stupéfixion. Seamus écopa de trois heures de devoirs supplémentaires, dont de nombreux exercices d'articulation.
Le lundi n'était pas une journée de tout repos, et l'organisation des cours ne permit par à Hermione de prendre une douche avant le soir. Elle passa une bonne heure à se frotter avec vigueur, mais rien n'y faisait : l'odeur était toujours là. Sa peau, en revanche, illustrait assez bien l'idée qu'on pouvait se faire de quelqu'un qui aurait tenté de s'écorcher vif.
Elle finit par se coucher, dépitée.
Les cours du mardi étaient moins nombreux, et Hermione avait une après-midi de libre. Elle comptait avancer sa traduction de runes anciennes [NdA : n'est-ce pas Lylène ? Ce n'est pas ce que tu devrais faire avec ton Ancien Français ???], et rédiger le devoir d'enchantements pour le professeur Flitwick, à rendre dans deux semaines. Elle ne fit pas spécialement attention à ses faits et gestes de la matinée, mais se surprit, sur le coup de midi, à se retourner pour apprécier le postérieur ferme et rebondi de Dean Thomas. A peine s'était-elle fait cette réflexion qu'elle se morigéna et tenta de se raisonner. Non mais quelles réflexions stupides, parfois ! Elle balaya d'un revers de main ces considérations tout juste bonnes à divertir Lavande Brown et Parvati Patil, et rejoignit Harry et Ron pour déjeuner.
Son trouble sembla empirer. Elle ne s'était jamais rendu compte qu'il y avait autant de postérieurs euh garçons à Poudlard... Elle prit le plat de ragoût des mains de Harry, frôla accidentellement son doigt, croisa son regard, lui rendit son sourire, et se dit que décidément, il était <i>baisable sans sac sur la tête</i>. Non mais Hermione, ça ne va pas ou quoi ?! Penser ça de ton meilleur ami... Le copain de Ginny, qui plus est. Mais c'est vrai, quand même. Il a des épaules larges, sûrement très excitantes à <i>caresser</i>... STOP !
Hermione se leva brusquement, posant brusquement le plat de viande. Une vision particulièrement mal venue d'elle et Harry s'était imposée à son esprit, ce qui n'était pas du tout, mais alors pas du tout normal. Jamais elle n'avait songé à Harry comme ça auparavant... Stop Hermione, du calme. Pas de scandale. Elle se rassit comme si de rien n'était.
- Ça va Hermione ? Demanda Harry.
- Oui, oui, très bien... c'est jusque que... je viens de me rappeler que j'ai prêté mon manuel de métamorphose à Lavande, et que j'en aurai besoin cet après-midi pour la dissertation d'enchantements. Enfin non, je veux dire, mon manuel d'enchantements... Bref, ce n'est pas grave, ça peut attendre.
Le rouge lui était monté aux joues, et, à la table des enseignants, Minerva MacGonagall se rappela qu'il serait bon de discuter avec le professeur Rogue.
L'après-midi fut studieux, pour Hermione, mis à part quelques images parasites dans son cerveau, entre deux lignes de traductions de runes. Il faisait anormalement chaud, dans la Salle Commune des Gryffondor... mais peut-être était-elle seule à le remarquer, puisque tout le monde portait pulls, écharpes et capes d'hiver pour sortir, alors qu'elle ne rêvait que d'enfiler une petite robe légère...
Ce n'est qu'en fin de journée qu'elle décida de se rendre d'urgence à l'infirmerie. Elle était partie à la bibliothèque, et s'était surprise à regarder tous les postérieurs des garçons qu'elle avait croisés, trouvant même que Théodore Nott, qui s'était accoudé au comptoir de Mme Pince le temps qu'elle aille lui chercher un livre dans la Réserve, était sexy.
Elle ne fut cependant saisie de panique qu'en se rendant compte qu'elle avait pensé que <i> « ça pourrait être pas mal de se taper le fils Malefoy, pour voir. » </i> en le croisant dans un couloir. Se sentir attirée par un abominable petit crétin atteint d'<g>égotisme (1)</g> ne pouvait qu'être le symptôme de son empoisonnement à la potion ratée. Il fallait de toute urgence qu'elle se fasse soigner, avant de considérer que Crabbe et Goyle pouvaient figurer dans un calendrier des Dieux du Stade de Quidditch.
Elle ne pensa même pas, quand elle se mit à courir, qu'elle pourrait inquiéter Ron et Harry, qui la suivirent de près, ne comprenant pas ce qui se tramait dans la tête d'Hermione.
Au moment de se ruer sur la poignée de la porte, elle entendit un éclat de rire. Un rire qu'elle ne connaissait pas. Le rire d'un adulte.
- Mais ! Mais ! Voyons Severus, qu'est-ce qui vous est passé par la tête ? Vous êtes irresponsable ! S'exclama la voix suraiguë du professeur MacGonagall.
Severus Rogue peinait à retrouver sa respiration.
- Allons, allons, Minerva, votre petite protégée n'est pas à l'article de la mort !
Un nouvel éclat de rire retentit. Le professeur MacGonagall se répandit en hurlements et en imprécations contre Rogue, et la voix de Mme Pomfresh parvint difficilement à se faire entendre :
- Minerva, Minerva, calmez-vous ! A votre âge, ce n'est pas prudent de vous mettre dans des états pareils...
- DANS QUEL ÉTAT VOULEZ-VOUS QUE JE SOIS, POPPY, LORSQUE J'APPRENDS QU'UNE DE MES PLUS BRILLANTES ÉLÈVES VA SE TRANSFORMER EN POUFIASSE USB ET QU'IL VA FALLOIR PLUS D'UN MOIS POUR FABRIQUER LE CONTRE-POISON ?!?!?!
Hermione devint soudain toute blanche. Ça expliquait beaucoup de choses... Elle n'eut cependant pas le loisir d'en discuter tranquillement avec Ron et Harry, car le professeur Dumbledore venait d'apparaître derrière eux, les surprenant à écouter à la porte. Hermione forma sur son visage un sourire d'excuse, auquel Dumbledore répondit avec compassion.
- Je crois que vous pouvez entrer, Miss Granger, j'ai comme l'impression que cette discussion animée vous concerne...
Dumbledore frappa brièvement à la porte, et laissa Ron, Harry et Hermione entrer devant lui.
Minerva MacGonagall s'était assise pour reprendre ses esprits, rouge de rage, une veine palpitant frénétiquement à sa tempe qui rappelait celle de l'oncle Vernon lorsque sa colère avait dépassé le seuil limite. Rogue, lui, était sur ses deux pieds, mais ne semblait tenir debout que grâce au bureau de Madame Pomfresh, auquel il se cramponnait, toujours étouffé par son fou-rire. Il vit Dumbledore, essaya de reprendre son souffle pour se donner une certaine contenance, mais son regard croisa alors celui d'Hermione, et le fou-rire reprit de plus belle. Harry se fit la réflexion qu'il était réellement terrifiant de voir Rogue dans cet état, tellement la situation était surréaliste. « Rogue » et « fou rire » étaient deux choses totalement antithétiques. « Le fou rire de Rogue » ne pouvait qu'être un oxymore de fanfic bidon.
Mais là, en l'occurrence, Rogue risquait de s'oublier par terre, s'il continuait ainsi. Dumbledore ne sembla rien remarquer, et fit apparaître au milieu de la pièce un confortable fauteuil, dans lequel il s'installa. La fureur de Minerva MacGonagall sembla retomber d'un coup, considérant sûrement que l'arrivée de Dumbledore était une bénédiction : il allait tout arranger d'un coup de baguette, et blâmer Rogue pour son manque de discernement et son attitude irresponsable en cours. Elle croisa les bras, releva la tête en pinçant les ailes du nez de la même façon que la tante Pétunia avait de considérer Harry comme une trace de moisissure sur le rebord de l'évier de la cuisine. Son regard s'attarda cependant sur Rogue, qu'elle considéra d'un air affligé. Dumbledore regarda Rogue reprendre difficilement son souffle, croisa les doigts sous son menton et dit sur le ton de la conversation :
- Il me semble, Severus, que je viens de manquer une conversation désopilante entre vous et Minerva. M'en ferez-vous part ?
- Professeur ! Albus ! Severus a laissé Miss Granger s'empoisonner avec une potion ! S'exclama le professeur MacGonagall d'une voix qui maîtrisait mal les aigus.
Sa colère n'était peut-être pas tout à fait retombée.
- Du calme, Minerva, du calme ! Voyons, Severus, que s'est-il passé au juste ?
Les joues de Minerva MacGonagall se marbrèrent de rouge, mais elle n'ajouta rien, et se contenta de fusiller Rogue du regard. Des larmes perlaient au coin des yeux de celui-ci, tellement il lui était devenu difficile et douloureux de contenir son rire.
- Miss Lovegood est venue m'apporter votre invitation pour la soirée de vendredi...
- Que vous avez aimablement refusée, m'a-t-elle dit, répondit Dumbledore avec calme.
- ... et il m'a semblé qu'en partant elle a fait accidentellement tomber quelque chose dans le chaudron de Miss Granger, mais sur le coup, je n'en étais pas sûr, à cause des vapeurs de chaudron dans la classe... Et le chaudron a explosé quand Miss Granger a ajouté le gingembre râpé...
- Et j'imagine que vous avez aussitôt envoyé un élève chercher Miss Lovegood, tandis que vous-même conduisiez Miss Granger de toute urgence à l'infirmerie.
- Non, ce n'était pas nécessaire, Miss Granger n'avait pas suffisamment avancé dans sa potion, elle ne souffrait d'aucun symptôme que pourrait provoquer une potion de Désir, ni d'aucun symptôme connu d'accident de potion de Désir ratée...
Les coins des lèvres de Rogue remontèrent malgré lui en un rictus joyeux, et un nouvel éclat de rire lui échappa. Dumbledore n'y prêta pas attention et se retourna vers Hermione.
- Où en étiez-vous dans la préparation de la potion ? Demanda-t-il.
- Le chaudron a explosé quand j'ai ajouté le gingembre râpé à l'infusion de mandragore, je n'avais pas encore ajouté le zeste de Fleur d'Oranger... dit-elle.
Dumbledore hocha la tête et se retourna vers Rogue.
- Savez-vous quel est l'ingrédient que Miss Lovegood a accidentellement ajouté à la potion de Miss Granger ? Reprit-il.
- En fait, Miss Lovegood est venue me voir ce matin pour me demander si par hasard je n'avais pas retrouvé sa boucle d'oreille... Vous savez, ces espèces de radis oranges dont elle s'affuble... Des prunes Dirigeables...
Rogue éclata d'un nouveau rire, et se cramponna de plus belle au bureau de Mme Ponfresh.
- Ce qui veut dire... commença-t-il.
- ... que la prude, la vertueuse Miss Granger, une fille plus froide qu'un <g>iceberg</g>, va se transformer en Pouf Ultra Salope et Baiseuse ! Ahahahahah !!!
Cette fois, Rogue tomba à quatre pattes par terre et se mit à frapper le sol de ses poings, tellement il trouvait la situation drôle. Hermione blêmit, vacilla, et Ron et Harry n'eurent que le temps de l'attraper chacun par un bras pour l'aider à s'asseoir. Harry eut soudainement envie d'écraser son poing sur le visage de Rogue, de préférence sur son énorme nez crochu. Il se retint cependant, et adopta la même tactique que le professeur MacGonagall : l'ignorer superbement.
- Professeur, existe-t-il un remède ? Y a-t-il un moyen d'empêcher cela ? Demanda-t-il à Dumbledore. Y a-t-il un moyen d'empêcher que Hermione ne devienne une...
- Une Pouf !!! Ahahahahah !!! Granger va devenir <g>engastrimythe (2)</g> ! C'est bien, maintenant on ne va plus l'entendre parler, la Miss-Je-Sais-Tout, par contre, on risque de l'entendre gémir !!! Ahahahah !!! Ne vous inquiétez pas Potter, elle va continuer à s'exprimer !!! ohohohohohohoh !!! Mais moins par la bouche, quoique...
Rogue se tenait les côtes, pouvant à peine respirer. Dumbledore poursuivit comme s'il n'y avait pas eu d'interruption :
- Oui, il existe une potion de Vertu, qui répond à la troisième loi de Golpalott, qui devrait ramener miss Granger à son état normal...
- ... sauf que Londubat ahahahah... a cassé ma dernière fiole de Potion de Vertu ohohohohohoh.... la semaine dernière.... Hihihihihihihi... et qu'il faut plus d'un mois pour fabriquer cette potion... ahahahahahah !!!!!!
Rogue se roulait maintenant sur le dos, agitant les jambes en l'air, comme victime d'un sortilège d'impedimenta. Hermione était plus blanche qu'un linge. Harry serra l'épaule d'Hermione pour se retenir de frapper Rogue, et continua :
- Professeur, que pouvons-nous faire pour aider Hermione ?
- Étant donné <g>l'apostasie (3)</g> imminente de la vertu de Miss Granger, Potter, il faudra payer de votre personne si vous voulez la soulager... ahahahahah !!!
- Veillez bien sur elle, quoi qu'il arrive. Ne lui en voulez pas pour tout ce qu'elle pourra dire ou faire quand la potion aura totalement pris le contrôle de Miss Granger, et... Que Dieu vous garde, mes enfants, dit faiblement le professeur MacGonagall.
Le professeur Dumbledore se leva, fit disparaître son fauteuil, et se dirigea vers la sortie, suivi de Minerva MacGonagall. Il ne se retourna qu'une fois :
- Miss Granger... Il serait préférable que vous montiez vous reposer un peu... Professeur Rogue, je souhaite de tout coeur que l'antidote soit prêt au plus tôt.
Rogue acquiesça d'un hochement de tête, incapable de parler, le souffle court, les larmes aux yeux. Harry se retint de lui laminer le ventre à coups de pieds, aida Ron à soulever Hermione, et ils sortirent à leur tour de l'infirmerie.
- Et je vous attends vendredi soir avec votre plus beau costume de Lapin Saugrenu, Severus.
Un peu plus loin devant eux, ils entendirent la conversation de Dumbledore et MacGonagall :
- Minerva, je sais que Rogue a manqué a ses responsabilités d'enseignant en réagissant ainsi, mais cependant, était-il nécessaire de lui jeter un sortilège Hilarant ?
- Mais Albus ! Je n'ai rien fait, je vous le jure ! Est-ce de ma faute si Severus Rogue a une <g>idiosyncrasie</g> différente de celle des autres humains ?!
(1) Egotisme : disposition à parler de soi, à faire des analyses détaillées de sa personnalité physique et morale.
Hermione terrorisée, mais Harry et Ron l'assurent qu'ils feront tout pour la protéger des autres et d'elle-même.
(2) Engastrimythe: qui parle avec des organes autres que vocaux (ex : ventriloque). Ici, Rogue veut signifier que Hermione va s'exprimer avec son Bijou. (merci Diderot pour la métaphore !)
(3) Apostasie : renonciation aux v½ux, reniement
(4) Idiosyncrasie : disposition personnelle particulière, généralement innée, à réagir à l'action des agents extérieurs.
Chapitre 3 : La poupoufisation
Note d'auteur : ça commence à devenir sordide... vraiment sordide. Je demande Pardon à Hermione pour avoir écrit ça, et présente également mes excuses les plus plates à la Société Protectrice des Hermione Maltraitées. Puissent-elles comprendre ma démarche... parce que si Hermione souffre de ces traitements calomnieux, j'ai souffert de devoir les écrire...
Harry ne dormit pas beaucoup de la nuit, à l'idée que Hermione avait été empoisonnée. Il ne savait pas trop non plus à quoi s'attendre, dans les effets de la potion sur Hermione. Hermione n'était pas spécialement ce que la mère de Ron appelait d'ordinaire une « gourgandine », était-il possible qu'elle puisse résister aux effets secondaires ? Il essaya d'imaginer Hermione en « pouf USB ». Il ne l'avait vue qu'une fois maquillée et habillée, pour le Bal de Noël, mais il se dit que ce soir-là, elle ressemblait plus à une princesse qu'à une « pouf ». Il imagina Hermione pouffant de rire comme faisaient Lavande et Parvati à tout bout de champ, mais ces filles-là étaient plus des chipies que des poufs... Peut-être Pansy. Mais imaginer Hermione en Pansy était très difficile. Pouvait-on d'ailleurs considérer Pansy comme une « Pouf USB » ? Une abominable peste peste aux allures d'aristocrate décadente, oui, mais une pouf USB... Après tout, il ne savait rien des relations qu'elle entretenait réellement avec Malefoy et consorts...
Le soleil se leva tôt, beaucoup trop tôt pour Harry, qui s'habilla et descendit à la Grande Salle comme un automate. Derrière lui, Ron était encore moins réveillé, alors qu'il avait dormi cette nuit, lui. Cela ne l'empêcha pas de manquer de peu l'ouverture du passage. C'est donc en se tenant le front que Ron Weasley entra dans la Grande Salle. Hermione n'était pas encore là, et Harry eut la désagréable impression qu'ils auraient dû l'attendre dans la Salle Commune de Gryffondor. Cependant, Ron avait déjà entamé son petit déjeuner, ce qui signifiait qu'il était trop tard pour remonter chercher Hermione. Harry se servit un verre de jus de citrouille bien frais, dans l'espoir de se réveiller un peu. Peut-être la journée serait-elle calme, malgré le cours d'Enchantements et la Botanique.
Harry en était là de ces considérations lorsqu'il entendit une série de sifflements provenant de la table des Serpentard. Il leva les yeux, vit une lueur lubrique dans les regards les garçons de Serpentard, une moue de franche désapprobation chez les filles de Serpentard, et l'étonnement et la consternation se peindre sur les traits de beaucoup de ses camarades de classe de Gryffondor. En face de lui, Ron fit tomber sa cuillère dans son bol, qui éclaboussa de partout, et resta bouche bée, ayant au passage oublié d'avaler ce qu'il avait consciencieusement mastiqué quelques secondes auparavant. Avec une certaine appréhension, il se retourna... et ne la reconnut pas tout de suite.
C'était pire que tout ce qu'il avait pu imaginer.
Des bottes à talons très hauts, à aiguilles très fines. Des bas résilles qui étaient tenus à mi-cuisses par un porte-jarretelles, d'après l'élastique qu'il devinait, une jupe qui avait désormais la taille d'une ceinture, une dizaine de centimètres de ventre à l'air qui laissait entrevoir un nombril percé, la cravate de l'école mal nouée sur une chemise dont la moitié des boutons n'étaient pas mis. Hermione avait doublé son volume poitrinaire (peut-être dans une tentative enthousiaste pour mieux respirer, qui sait ?) Quant au visage... Mon dieu, qu'avez-vous fait à Hermione Granger ? Jamais joueur de Poker n'avait maquillé à ce point un Carré d'As. Elle avait coupé ses cheveux en mode ultra fashion effet coiffé décoiffé, décoloré sa tignasse brune en blondasse péroxydée, avec cependant des petites mèches rose fluo, pour rehausser un peu le tout. Ses yeux étaient tellement noirs qu'ils paraissaient caves, et elle avait opté pour un rouge à lèvres noir. Tout dans son attitude était étudié, depuis la main posée sur la hanche au chewing-gum à la fraise qu'on sentait à des kilomètres à la ronde, en passant pas la poitrine sortie, comme s'il elle souffrait d'une scoliose et d'une cyphose en même temps.
Revenu de sa stupeur, il se précipita sur elle pour la couvrir de sa propre robe d'uniforme. Et s'aperçut au passage qu'un string fuschia à dentelles avec un faux bijou à la naissance des fesses dépassait de la jupe-ceinture.
Un coup d'oeil à la table des professeurs le renseigna sur l'opinion du corps enseignant : MacGonagall, blême, outrée, avait porté la main à son coeur, Rogue détaillait Hermione avec amusement, et ne cherchait nullement à dissimuler son petit rictus ironique, et le reste des professeurs se demandait si Hermione Granger avait perdu un pari, consommé des substances illicites, ou avait cru que c'était Halloween. Seul Dumbledore considéra la requête muette et désespérée que Harry lançait du regard, et il inclina la tête en signe d'encouragement.
Harry dirigea Hermione vers la table de Gryffondor, et l'assit de force, en se disant que peut-être ainsi il trouverait un moyen de lui cacher les fesses. Mais Hermione, qui d'ordinaire se tenait normalement à table, avait décidé cette fois-ci de s'asseoir de façon à s'appuyer sur Neville, à sa droite, pour toucher Harry à son aise. À dire vrai, elle était assise à cheval sur le banc, avec les cuisses écartées, sa mini-jupe ridiculement courte, ses portes-jarretelles qui dépassaient, et une indécente façon de caresser la jambe de Harry sous la table avec son pied.
Elle appuya les mains sur le banc de façon à faire gonfler son décolleté. Harry fit son possible pour faire comme si de rien n'était, et s'absorba corps et âme dans son petit déjeuner.
Manifestement dépitée par ce manque de réaction, Hermione se pencha sur Harry pour l'embrasser sur la joue.
- Tu pourrais dire bonjour, Harry, dit-elle d'une voix de gorge.
- Salut Hermione, ça va ? Dit Harry sans lui accorder un regard.
- Très bien Harry, et toi ? Je ne sais pas ce que tu as, tu m'as l'air tout crispé... attends, je vais te faire un massage...
Avant que Harry ait pu réagir, Hermione s'était levée et commençait à lui caresser les épaules de façon... profonde et sensuelle et...
Harry se leva comme s'il avait reçu une décharge électrique.
- Merci Hermione, ça suffira ! Bon, il est temps d'aller en classe, on va être en retard !
Harry sortit presque en courant de la Grande Salle, ce qui lui évita le regard chargé de reproches de Ginny, qui n'avait pas été mise au courant de l'histoire et ne pouvait par conséquent par comprendre la scène qui se déroulait sous ses yeux. Hermione, loin de paraître dépitée, leva une jambe qu'elle posa sur le banc, et remonta son bas résille doucement le long de sa cuisse, tandis que Ron laissait la nourriture tomber de sa bouche avec un filet de bave.
Ensuite, Hermione posa sa main sur l'épaule de Neville pour reposer son pied au sol, et sa main alla « accidentellement » se perdre sur la poitrine du pauvre jeune homme, plus impressionné et terrifié que charmé.
- Tu es sûre que ça va, Hermione ? Demanda Neville d'une voix tremblante.
- Mais oui, Neville, pourquoi ça n'irait pas ? Il fait un temps superbe aujourd'hui !
Sa voix semblait magiquement modifiée : chaque mot prononcé agissait comme une décharge de testostérone sur les personnes de sexe masculin qui percevaient le son de sa voix. Aussi beaucoup d'étudiants mangèrent vite, très vite, pour fuir cette situation pour le moins compromettante. Après tout, Hermione Granger était la meilleure élève de l'école, Préfète-en-Chef, qui plus est, à quelques mètres à peine de la table professorale, ce n'était pas le moment de se laisser aller.
Hermione fit le tour de la table et alla s'asseoir entre Dean et Seamus. Elle posa son chewing-gum dans un coin d'assiette. Une sucette apparut dans sa main, et elle se mit en devoir de la lécher de façon suggestive. De chaque côté de Hermione, Seamus et Dean faisaient semblant de ne se rendre compte de rien, mais en face d'Hermione, Neville venait d'avaler son petit pain de travers et manquait de s'étouffer.
De sa table, Dumbledore lui sauva la vie :
- Anapneo.
Neville n'insista plus avec la nourriture, et s'excusa à son tour de quitter si tôt la table. Hermione se tourna vers Seamus, et la sucette quitta un instant sa bouche.
- Je peux goûter un morceau de ta tarte à la mélasse ?
- Euh, oui, si tu veux... Tiens, je n'en veux plus de toutes façons.
Seamus repoussa l'assiette vers Hermione, presque terrifié de la voir ainsi accoutrée. Au lieu de prendre une cuillère, découper un morceau de tarte et le goûter, Hermione caressa la tarte du doigt, qu'elle porta ensuite à sa bouche en fixant Seamus droit dans les yeux. Les yeux de Seamus, qui avaient suivi le cheminement de l'index d'Hermione, de la tarte à ses lèvres, remontèrent à ses yeux, et un drôle de gloups se fit entendre dans la gorge.
Un autre « gloups » se fit entendre dans la gorge de Dean, mais seuls Hermione et lui surent pourquoi : l'autre main d'Hermione s'était posée sur sa cuisse, et remontait négligemment vers la braguette de son pantalon. Harry réapparut à ce moment précis.
- Dean, Seamus, je crois que Sir Nicholas vous appelle, il est dans le dortoir. Il a besoin de vous parler, TOUT DE SUITE.
Curieusement, Dean et Seamus ne firent pas de commentaires genre « mais c'est un fantôme, il peut venir lui-même ! », et c'est d'un pas vif, rapide, dynamique – peut-être un peu précipité – qu'ils sortirent de la Grande Salle.
- Hermione, il faut que tu ailles te changer, tout de suite. Tu ne peux pas aller en classe dans cette tenue, dit-il avec fermeté.
- Mais, Harry, je porte l'uniforme de l'école ! Dit-elle d'une voix de petite fille, en recommençant à lécher sa sucette.
- Il manque des boutons à ta chemise, et tu vas prendre froid avec une jupe si courte.
- Oh, Harry, mais non ! Il fait chaud, au contraire ! Je meurs de chaud !
Sa main vint « innocemment » trouver sa poitrine, pour prouver à Harry combien les dix pauvres degrés au-dessus de zéro au thermomètre l'accablaient de chaleur.
- Hermione, ça suffit, je vais me fâcher ! Dit-il avec autorité.
Mais la sonnerie qui marquait le début des cours ne laissa pas à Hermione le temps d'aller se changer. Hermione se dirigea vers la sortie de la Grande Salle en roulant des hanches. Harry respira un grand coup. Ron se leva et vint le rejoindre.
- Ouah, c'est une bombe, Hermione...
- Oui, Ron, et ça va durer un mois comme ça...
- Elle est vraiment canon...
- ... Et tu as promis à McGonagall que tu allais m'aider à veiller sur elle parce que comme tout le monde a pu le remarquer, elle n'est pas dans son état normal.
Ron se rappela ce malencontreux détail, et haussa les épaules de dépit. Ginny s'approcha d'eux comme une furie, exigeant des explications.
- Du calme, Ginny. C'est pas du tout ce que tu crois, dit Harry les mains en l'air, tandis que Ginny le menaçait de sa baguette.
- Ginny, c'est vrai ce qu'il dit ! Ce n'est pas du tout ce que tu crois ! S'exclama Ron, qui avait déjà eu un aperçu du degré de maîtrise des maléfices Chauve-Furie de sa soeur.
- Explications ! Dit-elle froidement.
Elle avait baissé sa baguette, mais ainsi, campée sur ses jambes, les deux mains sur les hanches, elle faisait penser à Molly Weasley, qui pouvait être redoutable, quand elle le voulait.
- Hermione a eu un accident en potions lundi. Son chaudron a explosé, et elle a été recouverte de potion. Rogue ne lui a pas administré d'antidote à temps, résultat, elle s'est transformée en Pouf USB ! Dit Harry d'une seule traite.
- Et le pire dans tout ça, c'est qu'il va falloir plus d'un mois pour fabriquer le contre-poison... poursuivit Ron.
Le temps pressait trop, ils risquaient d'être en retard. Avec la promesse qu'ils lui raconteraient toute l'histoire en détails, Ginny les laissa partir. Ron et Harry se dirigèrent au pas de course vers la Salle d'enchantements. Le cours de Flitwick commençait dans à peine une minute.
- Au fait, Harry, pourquoi tu as fui tout à l'heure ? Demanda Ron, complètement essoufflé.
- J'avais besoin de... <g> « relâcher la pression »</g>... Le mois qui vient ne va pas être de tout repos, je crois.
Chapitre 4 : L'enchanteur... enchanté !
Ils arrivèrent juste à temps pour le cours de Flitwck. Tout le monde était déjà assis. Il ne tardèrent pas à repérer Hermione, au premier rang. Même s'il n'y avait pas de place libre autour d'elle, elle ne provoquerait aucune catastrophe. Harry et Ron s'installèrent dans le fond de la classe. Harry fut soulagé : au moins Hermione ne perdait pas certaines de ses habitudes, de qui était un signe encourageant. Peut-être cette situation se résorberait d'elle-même ? Après tout, lui-même avait réussi à résister à l'imperium... peut-être qu'Hermione parviendrait à annihiler les effets de la potion par sa seule volonté. Il fallait espérer, en tout cas, parce que Harry avait comme l'impression que Rogue ne se précipiterait pas pour fabriquer la potion qui viendrait au secours d'Hermione...
Le minuscule professeur Flitwick escalada la pile de livres qui lui servait de réhausseur pour atteindre son bureau, et commença son cours, comme d'ordinaire, avec sa voix flûtée et sa légendaire gentillesse. Les cours d'enchantements, comme les autres cours du reste, étaient devenus d'une difficulté notable. Le professeur détaillait chaque geste de la baguette pour chaque sortilège. Le mot devait être en adéquation parfaite avec le mouvement de baguette, et il n'était pas rare d'assister à des ratés. Les élèves notèrent avec application le protocole durant la première heure, et l'entraînement pu commencer. Harry leva les yeux vers Hermione, espérant la trouver plongée dans l'étude du sortilège GPS (qui remplaçait les cartes routières chez les Moldus et autres accessoires électroniques) au programme du jour. Mais à sa grande surprise, Hermione était à des kilomètres de cette activité. Comme le cours pratique d'enchantements était toujours un joyeux fouillis, Harry put se lever pour aller voir Hermione. Il remarqua tout de suite – peut-être ses yeux avaient-ils pris l'habitude de copier sur Hermione – que Hermione n'avait RIEN noté du cours. À la place, son parchemin était recouvert de gribouillis, petits coeurs, peace and love et autres logos rebelles.
- Ah, salut Harry ! On s'ennuie dans ce cours, pas vrai ?
- Euh, Hermione, tu t'es entraînée au sortilège GPS ? Il peut tomber aux ASPIC, tu sais...
- Oh, du calme, Harry, on a tout le temps de s'entraîner ! Répondit Hermione en lui caressant le torse, en remontant jusqu'à son épaule.
Puis elle gloussa. Le genre de rire que Harry n'aurait jamais cru entendre venant de la gorge d'Hermione. Elle se baissa (Harry recula instinctivement), et prit dans son sac... une brosse à cheveux.
- Tu m'excuses, Harry, reprit-elle de sa voix de gorge, il faut que j'aille me refaire une beauté !
Harry recula en désordre. C'était horrible, vraiment horrible. Il retourna s'asseoir à côté de Ron, qui ne l'avait pas quitté des yeux.
- A ton tour d'y aller ! Dit-il avec désespoir.
- Moi ? Mais pourquoi ? Harry, tu sais bien que je risque de ne pas maîtriser la situation...
- Parce que tu crois que je la maîtrise, peut-être ? Chacun son tour !
Il poussa Ron en avant pour l'obliger à aller voir Hermione. Au passage, il évita deux sortilèges, un de Parvati qui avait dévié, un de Dean qui était trop occupé à regarder Hermione pour regarder où ses sorts atterrissaient.
- Salut Hermione, ça va ?
- Ah c'est toi. Salut, Ron.
Hermione, jusque-là assise sur sa table pour mieux croiser les jambes et se limer les ongles, préféra se rasseoir sur sa chaise. Elle commença à s'épointer les cheveux, mèche après mèche.
- Alors, tu fais quoi ? Dit Ron maladroitement, en essayant d'engager la conversation.
- J'attends que tu t'en ailles, ça ne se voit pas ? Dit-elle méchamment.
Puis, saisissant l'occasion de se débarrasser de Ron, elle accapara le professeur Flitwick, qui passait par-là en remontant la rangée pour vérifier les progressions des élèves.
- Mr Weasley, que faites-vous debout dans ma classe ? Demanda-t-il poliment. Vous avez un problème avec le sortilège GPS ? Regardez, c'est ce mouvement qu'il faut faire, comme ça.
Flitwick montra une nouvelle fois le geste à accomplir, et Ron se débarrassa tellement vite de l'exercice qu'il enflamma un coussin dans le fond de la classe, et reçut des devoirs supplémentaires. Il retourna s'asseoir à sa table, penaud. Flitwick se retourna alors vers Hermione, s'attendant une fois de plus à la féliciter pour son sortilège et à lui accorder vingt points.
- Oui, Miss Granger, je suis à vous !
- Oh, vraiment professeur ? Comme c'est gentil à vous ! Dit-elle en se penchant en avant pour être à la hauteur du professeur.
Mais Flitwick, habitué aux réussites d'Hermione, ne prit pas garde à son attitude et retourna à son bureau, pour s'installer de façon à être en hauteur, ce qui lui permettait de mieux apprécier les mouvements de baguettes.
- Voilà, je vous regarde !
- En fait, professeur, j'ai un problème...
En prononçant ces mots, Hermione s'était penchée sur son bureau, de façon à ce que Flitwick ait une vue plongeante sur son décolleté, et se trémoussait lascivement sur sa chaise.
- Vous n'allez pas bien miss Granger ? Demanda-t-il, troublé.
Hermione se redressa et porta la main à sa gorge, qu'elle fit descendre le long de sa poitrine.
- Oh si, professeur, tout va très bien...
Elle avait de nouveau cette voix rauque, envoûtante. Ses mains se promenaient nonchalamment sur son corps. Flitwick rougit tout à coup, et plongea le doigt dans son col de robe de sorcier, qui lui semblait trop étroit pour respirer. La sonnerie retentit, et les élèves rangèrent leurs affaires sans prêter attention au professeur. Quelques secondes plus tard, il frôla le malaise. Harry et Ron se précipitèrent, à contre-courant de la cohue générale.
- Hermione, tu nous attends dehors, dit Harry avec autorité.
Hermione haussa les épaules, fit un clin d'oeil à Harry et s'en alla. Harry et Ron se penchèrent sur le professeur Flitwick, qui ne tarda pas à reprendre ses esprits.
- Que s'est-il passé ? Demanda-t-il en se frôlant la tête.
- Vous avez eu un malaise professeur, répondit Harry.
- Qu'est-il arrivé à miss Granger ? Demanda-t-il toujours sous le choc.
Harry et Ron se regardèrent. S'ils devaient expliquer la situation à tous les professeurs, cela risquait de prendre des heures... Harry fit apparaître un verre d'eau, qu'il tendit au professeur Flitwick.
- Elle n'est pas dans son état normal. Elle est sous l'influence d'une potion, elle ne sait pas ce qu'elle fait, il ne faut pas lui en vouloir, c'était un accident !
- Un accident ? Une potion ? Répéta bêtement le professeur. Le professeur Rogue ne peut rien faire ?
- Tout le problème est là, professeur. C'est arrivé par la faute de Rogue, et le contre-poison va prendre plus d'un mois pour sa fabrication. Le mieux serait d'en parler avec les autres professeurs, professeur, dit Harry, qui essayait de s'épargner une séance d'explication à la fin de chaque cours.
Flitwick se releva péniblement.
- Je crois en effet qu'une petite discussion en salle des professeurs s'impose... Ce n'est vraiment pas dans les habitudes de Miss Granger de se comporter de cette manière. Je passe l'éponge pour cette fois.
- Merci, professeur.
- Au fait, il serait grand temps que vous alliez rejoindre Miss Granger, elle doit vous attendre...
- Oh mince, Hermione ! S'écria Ron, les yeux ronds.
Harry et Ron partirent en courant.
- Merci professeur ! Au revoir professeur ! Dit Harry sans se retourner.
Hermione n'était pas à la porte de la classe, et semblait s'être volatilisée. Harry et Ron parcoururent les couloirs de l'école en tous sens, sans la trouver. Il fallait faire vite : l'intercours n'allait pas durer des heures.
- Je sais ce qu'il nous faut ! La Carte du Maraudeur ! Allez, vite !
Ils remontèrent à la Tour de Gryffondor en montant les escaliers quatre à quatre. Harry entra en trombe dans le dortoir, retourna littéralement sa malle sur son lit pour gagner du temps, se saisit de la Carte et repartit en courant en sens inverse, en laissant tout en plan.
- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises ! S'exclama-t-il en courant.
Ron l'attendait dans la Salle Commune, la main sur un horrible point de côté.
- Aide-moi à la repérer ! Dit Harry en étalant la Carte sur une table.
Il y avait des centaines de points, sur la carte. Et ils ne savaient pas du tout où pouvait se cacher Hermione. Au bout de quelques secondes, Harry tapota la carte avec agacement.
- Hermione, je veux trouver Hermione !
Comme si la carte avait compris sa requête, les points s'effacèrent, et la carte s'ouvrit à la bonne page. Harry fit une moue de dégoût.
- Beuârk ! Elle est avec Zacharias Smith planquée derrière la statue de la sorcière Borgne !
Cette nouvelle fit l'effet d'une bombe dans le cerveau de Ron.
- Cette petite raclure ?! Attends voir, je vais l'écorcher vif ! S'exclama-t-il.
Il se rua vers la sortie, ayant apparemment oublié son récent point de côté. Harry, qui pressentait un drame, attrapa la carte et se lança à sa poursuite. Décidément, la journée n'était pas de tout repos... Les couloirs s'enchaînaient à une vitesse inouïe, et Harry et Ron manquèrent de rentrer dans Rusard, qui se lança à son tour à leur poursuite, en hurlant qu'il ne fallait pas courir dans les couloirs, bande de petits voyous. Heureusement la hanche en plastique de Rusard ne l'aidait pas à vaincre des records de vitesse, et Harry et Ron le semèrent assez rapidement. Ils manquèrent également de peu le professeur MacGonagall, mais celle-ci se montra compréhensive, et ne fit aucun commentaire.
Harry se précipita sur Ron, qui avait déjà sauté pour étrangler Zacharias Smith, et le plaqua au sol comme un rugbyman. Zacharias Smith crut bon d'ôter sa langue de la bouche d'Hermione, ce qui n'était pas une mauvaise idée en soi. Ron se releva en soufflant comme un crapaud-buffle, les oreilles cramoisies, son visage rouge comme un ballon qui menaçait d'exploser à tout moment. Par contre, Hermione omit de retirer ses mains du postérieur de Zacharias, ce que Harry trouva légèrement gênant, en la circonstance.
- On peut vous aider ? Demanda Zacharias un peu énervé d'avoir été interrompu en plein <g> baiser colombin (1)</g>.
- Toi... toi... dit Ron en menaçant Zacharias de son index, retire tes sales pattes d'Hermione ! TOUT DE SUITE SINON JE TE DEMOLIS !!!!
- Oh, mais c'est bon Weasley ! Tu te calmes ! Tu ne sors pas avec, que je sache ? Cette charmante demoiselle est majeure et consentante, alors tu t'écrases.
Zacharias Smith se retourna, ignorant superbement Ron, que Harry retenait de toutes ses forces en le ceinturant comme un catcheur. Ils furent interrompus dans leur lutte silencieuse par la suite des événements. Hermione commença – ou plutôt recommença – à se frotter lascivement à Smith, à lui nettoyer les amygdales avec application, en poussant de petits gémissements suggestifs. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase pour Ron. Il se dégagea d'un coup d'épaule de l'étreinte combattive de Harry.
- Alors ça, c'est le pot-aux-roses... Espèce de traînée, tu me dégoûtes ! S'exclama-t-il en tournant les talons.
Hermione se dégagea du baiser de Zacharias avec un bruit de succion qui rappelait assez fidèlement une ventouse débouchant un évier.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? Qu'il y avait un <g>poteau rose</g> ? Je ne savais pas qu'il y avait des <g>barres de strip-tease</g> à Poudlard !
Avant qu'elle ne retrouve l'étreinte de Smith, Harry l'attrapa par le bras et l'embarqua avec lui.
- Tu ne devrais pas être en cours, à cette heure-ci, Smith ? Lança-t-il sans se retourner.
Ils arrivèrent en retard au cours du professeur Chourave, mais celle-ci, ayant vu arriver Ron rouge de colère d'une part, Harry tenant Hermione par la manche d'autre part, et ayant eu vent des dernières aventures de Hermione, ne leur en tint pas rigueur. Harry en fut soulagé. Ron s'était assis à côté de Neville, et faisait équipe avec Dean et Seamus. Harry s'installa avec Hermione en face de Lavande et Parvati, qui regardaient Hermione en gloussant et en commentant sous cape les derniers potins. Les rumeurs allaient vite à Poudlard, nul doute que tout le monde connaissait au moins une partie de l'histoire. Maintenant, il s'agissait de savoir comment les potins évolueraient, et quelles en seraient les conséquences. Il espérait également que Ron cesserait vite de bouder : il avait réellement besoin de son aide pour contenir les ardeurs d'Hermione, et avait promis de pardonner tout ce que ferait ou dirait Hermione sous l'influence de la potion de poupoufisation USB.
(1) baiser colombin : baiser approfondi
Chapitre 5 : Le Tunnel...
Note d'auteur : Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes existant ou ayant existé ne serait <i>presque</i> que purement fortuite... ;o)
La nouvelle renommée d'Hermione Granger ne mit pas plus de vingt-quatre heures à être connue de tout Poudlard. Les filles, d'un côté, jasaient sur son compte avec une joie non dissimulée, et la Maison Serpentard aurait gagné beaucoup de nouvelles têtes si elle avait accepté ses élèves sur le critère « langue de vipère ». Cho Chang et son amie Marietta étaient intarissables sur le sujet si quelqu'un s'avisait de leur demander leur avis. Il faut dire que Marietta avait toujours le visage couvert d'acné, dont les boutons dessinaient nettement le mot « Cafard », sous l'épaisse couche de fond de teint. Quant à Cho, elle regrettait amèrement d'avoir manqué sa chance avec Harry, et ne supportait pas de voir Hermione s'accrocher désespérément à Harry à longueur de journée.
S'il devait pourtant y avoir une personne malade de jalousie, c'était pourtant Ginny. Ginny, qui supportait sans broncher de voir Hermione se frotter à Harry en permanence, et de constater que Harry passait son temps à surveiller les moindres faits et gestes d'Hermione. Ron et Harry avaient passé un long moment à lui expliquer la situation, et Ron avait fini par revenir à de meilleurs sentiments envers Hermione, après un long discours de Harry tournant autour de l'argument infaillible de « Hermione n'aurait jamais agi comme ça si elle avait été dans son état normal, vous le savez très bien, surtout toi, Ron. » Mais la situation était quand même assez pénible pour Ginny, d'autant plus que Hermione – qui semblait avoir complètement oublié le « détail » qui voulait que Ginny sorte avec Harry – passait son temps à lui raconter ses fantasmes à propos de Harry, dilué cependant dans une liste non exhaustive de fantasmes avec à peu près tous les représentants de la population masculine de Poudlard, Rogue inclus, mais Ron excepté, curieusement.
Du côté des garçons, en revanche, la nouvelle situation d'Hermione était plutôt bien accueillie. Évidemment, le nouveau look de Miss Granger y était pour beaucoup, mais la perspective d'être déniaisé par une Hermy-Couche-Toi-Là (qui n'en garderait aucun souvenir après l'absorption d'un antidote) était un argument de poids. Autant chez les filles l'innocence est poétique et assure une réputation de vertu à celle qui la détient, autant chez les garçons, ce détail est tabou et honteux. Question de société. Tout cela pour dire que les petits hommes de Poudlard faisaient la queue pour obtenir un rendez-vous dans le mois avec Hermione, et se servir de la leur. Quelques première année un peu dégourdis et bravaches étaient même venus lui demander de leur apprendre à embrasser. C'est en effet le genre de choses d'une importance capitale à apprendre à l'âge de onze ans, quand on vient juste de rompre avec son nounours préféré.
Ron et Harry veillaient sur Hermione 24h/24, se relayant continuellement, mais il n'était pas rare que Hermione leur échappe. Il suffisait de quelques secondes d'inattention. Harry avait eu plusieurs fois recours à la Carte du Maraudeur, mais Hermione, lassée d'être interrompue en pleine action par un Harry qui, de surcroît, refusait de participer aux ébats, avait fini par lui dérober la précieuse carte.
Si Harry n'avait pas été un ami si loyal, il y aurait eu belle lurette qu'il aurait abandonné. Ron ne maîtrisait pas le sortilège d'oubli, et malheureusement, Harry ne pouvait pas nettoyer ses yeux des images qu'ils percevaient. Il avait vu sa meilleure amie dans à peu près toutes les positions répertoriées dans le <g>kama sûtra sorcier</g>, ce qui était déjà relativement gênant (pas du tout pour Hermione, apparemment, qui en faisait régulièrement des rapports détaillés à Ginny quant à leur confort et à leur efficacité), mais le pire, c'est qu'il avait vu les petits culs blafards de beaucoup de ses camarades, et ça, c'était un choc psychologique non négligeable. Il était donc en mesure d'affirmer que le fessier de McLaggen était énorme et flasque, que Dean avait un fessier effectivement ferme et rebondi, et que Nott était étonnamment poilu sur le dos et les fesses. Même Neville avait tenté sa chance. Harry l'avait sermonné pendant des heures, parce qu'il avait espéré qu'il avait suffisamment de respect pour Hermione pour ne pas lui faire cette honte. Neville avait fini par répondre, les yeux baissés, rouge de honte, que c'était une chance pour un type comme lui, parce que tu sais, Harry, tout le monde n'est pas beau et populaire comme toi; et puis, Hermione avait toujours été une chic fille avec lui, elle l'avait toujours aidée, donc elle ne lui en voudrait pas... Harry était tombé sur les fesses. Neville avouait ouvertement s'être servi d'Hermione comme d'un trou sur pattes. Mais Neville se « rattrapa » en promettant de présenter ses plus plates excuses dès que Hermione serait guérie.
Malgré tout, cette nouvelle attitude d'Hermione présenta quelques avantages, et amena quelques situations cocasses. Lors d'un cours de Potions, Rogue commit l'erreur de ne pas résister à la tentation de s'approcher du chaudron d'Hermione pour le critiquer. En effet, quand on copule avec tout ce qui bouge au minimum dix heures par jour, les résultats scolaires finissent par s'en ressentir, et Rogue y vit un excellent moyen d'humilier les Gryffondor. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'Hermione l'attrape par le col de sa robe, le force à s'asseoir sur une chaise, s'installe à califourchon sur lui et l'aveugle avec son soutien-gorge en plein milieu d'un cours. N'osant tout d'abord pas se salir les mains à la toucher, il fit de grands moulinets désordonnés avec les bras, tandis qu'elle l'embrassait à pleine bouche et se frottait lascivement à lui. Le premier réflexe de Harry fut d'aller chercher Hermione et de sortir Rogue de se mauvais pas, mais Ron lui retint le bras. Harry comprit vite pourquoi : Rogue faisait partie du personnel enseignant, il était donc en théorie capable de gérer seul les problèmes qui se présentaient dans sa classe. Et puis, dans cette situation, il était forcé de reconnaître que les conséquences de l'empoisonnement d'Hermione durant SON cours étaient un véritable problème, et qu'il serait bien de ne pas tarder à le remédier. En d'autres termes, il se rendait compte qu'il fallait s'activer à préparer le contre-poison. Sans compter que voir Rogue dépassé par des événements qui échappaient totalement à son contrôle avait quelque chose d'assez jouissif – intellectuellement parlant, s'entend. Rogue finit par repousser Hermione par les épaules avec la paume de ses mains, se dégagea maladroitement de son étreinte nymphomane, bouscula une ou deux tables, trahissant ainsi un trouble qu'il ne pouvait cacher, tout bon occlumens qu'il était, et regagna son bureau en rajustant ses vêtements mis à mal.
- Vos potions devraient être bientôt terminées, alors finissez votre travail, en silence ! Dit-il froidement, essayant de faire comme si de rien n'était.
Sauf que Hermione s'était levée pour le suivre. Rogue ne s'en aperçut pas tout de suite. Mais, lorsqu'il releva la tête de sous son bureau où il était allé récupérer sa plume d'encre rouge, dans l'espoir un peu illusoire de corriger des copies, il l'avait trouvée assise là, sur le bureau, les jambes écartées et relevées, l'attendant manifestement.
- Oh oui, prends-moi maintenant sur ton bureau, grand fou !
Rogue avait toujours été pâle. Mais là il était devenu encore plus blême. Dans sa hâte de se reculer pour échapper aux griffes de Miss Granger, il repoussa sa chaise, et la chaise versa en arrière, laissant le pauvre professeur Rogue les quatre fers en l'air. Hermione, voyant un homme allongé dans une position qu'elle n'avait pas encore essayée, lui sauta dessus, et Harry se dit qu'il était temps d'intervenir : Rogue criait au viol. Harry ceintura donc Hermione une énième fois, aidé par Ron, qui tenait les jambes d'Hermione pour l'empêcher de trop gigoter. Rogue se releva tant bien que mal, se frotta un peu pour s'épousseter et reprendre une contenance.
- Très bien. Je vais accélérer la préparation de la potion de Vertu. Il doit bien me rester quelques pousses de fleurs de lune du dernier équinoxe. Au pire, j'irai en acheter sur le chemin de Traverse. Ça prendra moins de temps que si j'attends pour aller les cueillir...
- Monsieur, pouvons-nous emmener Hermione se calmer dehors ? Demanda Harry.
Il avait de plus en plus de mal à tenir Hermione, qui voulait absolument être reposée, et qui ne cessait de hurler « Baise-moi » en regardant Rogue droit dans les yeux.
- Je vous en prie Potter, allez-y. Et prenez tout le temps qu'il vous faudra. Je ne noterai pas votre potion si elle n'est pas finie...
Toute la classe le regarda, l'air complètement ahuri. Harry et Ron sortirent en portant toujours Hermione comme un saucisson. L'une des dernières choses qu'il vit avant de sortir, c'était le visage de Malefoy. A sa grande surprise, il n'y vit pas ce à quoi il s'était attendu. Loin de se rouler par terre en se tordant de rire, ou encore de leur lancer un regard méprisant, Malefoy regardait Hermione avec... intérêt. Il devrait en parler à Ron. Et vite. La porte se referma sur eux, mais la voix de Rogue leur parvint malgré tout avant qu'elle ne claque. Il essayait de justifier sa soudaine clémence.
- Il y a parfois des situations d'urgence extrême qui autorisent à se dispenser de mon cours. Là, c'en était une.
Il fallut bien trente secondes pour que l'eau froide du lavabo des toilettes des filles calme Hermione. Ron et Harry avaient d'abord pensé l'emmener dans la Salle de Bains des Préfets pour la plonger dans un bain glacé, mais Harry ne voulait pas que Hermione prenne ça comme une proposition. Enfin, ils purent reposer Hermione au sol. Elle avait finalement retrouvé ses esprits. Enfin, les esprits d'une pouf de base.
- Non mais ça ne va pas la tête ! Tout mon maquillage est à refaire ! Ma coiffure est foutue ! Je suis monstrueuse ! Vous êtes méchants avec moi !
Et Hermione courut dans une cabine pour pleurer sur son malheur sans que Ron et Harry ne puissent s'apercevoir que son rimel rose à paillettes n'était pas waterproof.
Les garçons entendirent un rire joyeux, puis Mimi Geignarde s'approcha d'eux la mine plus réjouie que jamais.
- Vous savez comment les gens l'appellent maintenant ?
- Non, Mimi, nous ne savons pas, et franchement, c'est le cadet de nos soucis, dit Harry froidement.
Il commençait à être sérieusement fatigué de tout ça, et Hermione, la fille autoritaire qui passait son temps à courir vérifier quelque chose à la bibliothèque et à lui dire de s'avancer dans ses devoirs, lui manquait. Cette Hermione-là était discrète et toujours de bon conseil.
- Le Tunnel !
- De quoi tu parles, Mimi ? Tu veux que j'ouvre le Tunnel pour accéder à la Chambre des Secrets ? Pour quoi faire ? Demanda Harry.
- Mais non, voyons ! Son surnom !
- Quoi ? Mais quel surnom ? Demanda Ron, agacé.
- Tout le monde la surnomme le Tunnel ! Dit Mimi avec une expression de joie féroce sur le visage.
Harry et Ron se regardèrent sans comprendre. Mimi crut bon de donner des détails.
- Le Tunnel ! Comme le Tunnel sous la Manche ! Sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans les deux sens !
Elle éclata d'un rire perçant. Ron et Harry s'abstinrent de tout commentaire, espérant peut-être que Mimi cesserait de monologuer et s'en irait. Mais le ragot était trop beau pour elle.
- Au début, ils voulaient l'appeler Grosse Ch...
- Ça suffit, Mimi, merci, la coupa Harry.
Il en avait assez entendu. Il était temps de partir.
- Hermione, tu sors de cette cabine, tout de suite !
A sa grande surprise, Hermione ne se fit pas prier. Elle sortit en trombe des toilettes, le visage entièrement démaquillé (elle n'avait curieusement pas oublié ce genre de formules magiques), et un air hautain sur le visage. Elle regarda Mimi Geignarde avec un sourire de pouf.
- Et alors Mimi ? Tu es jalouse ? Pas étonnant, personne ne parle jamais de toi !
Elle sortit en trombe des toilettes, en roulant des fesses, et Harry et Ron la suivirent. Pas la peine d'insister, ou de présenter des excuses à Mimi, de toutes façons les toilettes finiraient inondées, comme toujours.
Hermione remonta jusqu'à la tour de Gryffondor : il fallait qu'elle passe dans son dortoir se refaire une beauté en priorité. Ron et Harry l'attendirent dans la Salle Commune.
- Ecoute, Harry... commença Ron, tu sais, si un de nous sortait officiellement avec Hermione, ça permettrait de la stabiliser, et de faire cesser les ragots... Et... bah comme tu sors avec ma soeur, je me disais que... ça pourrait être à moi de m'y coller...
Harry resta à regarder Ron, bouche bée. C'était relativement bien formulé, venant de Ron, mais le fond y était : lui aussi voulait pouvoir dire qu'il avait eu Hermione. Curieusement, Harry se dit que si ça devait arriver sans le consentement de Hermione – pas la Hermione pouf, la vraie Hermione – elle ne lui pardonnerait jamais, et que ça briserait définitivement leur amitié. Mais présenter les choses ainsi à Ron ne fonctionnerait pas. Ron lui reprocherait alors de vouloir l'exclusivité d'Hermione pour lui tout seul, sa mauvaise foi aidant. Il fallait des arguments qui touchent à sa fierté.
- Tu sais, Ron, j'avais pensé te le proposer, mais je me suis dit que ça ne serait pas une très bonne idée, tout compte fait... commença Harry avec sérieux.
- Pourquoi ça, Harry ?
- Hermione s'est transformée en pouf USB, son objectif premier est de sortir avec un maximum de garçons, pour les jeter juste après, pas de se fixer avec un seul et même partenaire. Tu risques de passer pour le cocu systématique, si tu sors avec elle, ou alors elle va te jeter en public.
- Hermione ne ferait jamais ça ! Tu le sais bien, Harry !
- La Hermione que nous connaissons depuis la première année, oui. Mais pas la Hermione pouf. Tu vas souffrir, et moi sans ton aide je n'y arriverai pas.
Le ton était là, la condescendance affectée était parfaite... Harry se dit qu'il avait de l'avenir en tant qu'acteur. Il passait maître dans l'art de la manipulation, sans aucun doute. Ron sembla réfléchir un instant, et Harry vit presque ses neurones s'agiter frénétiquement sous son crâne, à la recherche d'une autre solution.
- N'empêche... Tout le monde est passé dessus, sauf nous, dit-il en guise de contre-argument.
- Parce que nous sommes ses amis, et que nous la respectons. Nous la respectons vraiment, Ron. Donc nous ne ferons rien qui pourrait nuire à notre amitié à tous les trois. N'est-ce pas, Ron ?
Ron eut l'air dépité.
- Mais elle ne s'en rappellera plus...
- Tout fini toujours par se savoir, et Hermione ne se privant pas de crier le nom de ses dernières conquêtes, ça se saurait tout de suite. Et après, il y aura toujours quelqu'un pour le lui rappeler. Elle t'en voudrait à mort d'avoir profité d'elle. Elle ne te pardonnerait jamais ce manque de respect. Tu ne peux vraiment pas faire ça, Ron.
- Bon, OK, je la respecte.
Hermione fit son apparition à ce moment-là, changée et remaquillée. Ron la pointa du doigt en la regardant droit dans les yeux :
- Je te respecte, Hermione Granger. Je ne vais pas de sauter comme une pouf, parce que je te respecte !
Chapitre 6 : Sex Party in a Ford Anglia... Le Retour
L'intérêt soudain de Drago pour Hermione prit sens assez rapidement. Malheureusement, Harry avait complètement oublié d'en parler à Ron, qui fut donc mit devant le fait accompli.
Le reste de la journée – après l'incident avec Rogue – s'était relativement bien passé, si on considère que personne n'avait été violé, et que Hermione s'était à peu près tenue correctement, le « à peu près » témoignant toutefois d'une relativité toute subjective. Au dîner, elle n'avait pas spécialement cherché à allumer qui que ce soit chez les Gryffondor, mais n'avait pour autant pas mangé grand-chose. Le peu qu'elle avait mangé, elle l'avait mangé avec sensualité, cependant, en laissant son regard se promener dans la Grande Salle. [NdA : Le commun des mortels se demandera comment on peut manger avec sensualité. Précisons donc, pour les personnes qui tenteraient cette expérience inédite, que la mayonnaise, le yaourt, ou tout autre aliment pouvant se manger par lapement ou succion, facilite la réalisation de cet exercice. Cependant, nous rappelons qu'il faut toujours rester dans le cadre d'une alimentation variée et équilibrée, et qu'il faut manger au moins cinq fruits et légumes par jour.] Prétextant une soudaine fatigue, elle était partie tôt se mettre au lit.
Harry et Ron s'étaient bien méfiés de ce comportement suspect, mais avaient fini par se dire que Hermione était peut-être réellement fatiguée, n'ayant jamais pratiqué d'activité physique aussi intense auparavant. D'ailleurs, lorsqu'ils étaient montés à leur tour dans la Salle Commune de Gryffondor, ils avaient eu confirmation par Lavande et Parvati que Hermione était dans son lit, les couvertures soigneusement remontées sur elle, et qu'elle ne faisait aucun bruit. Ils avaient donc profité de cette soirée de liberté pour se reposer un peu, eux aussi.
Vers minuit, cependant, d'étranges cris retentirent dans tout le château. Harry se réveilla, ne comprenant tout d'abord pas ce qui se passait. Les cris venaient de dehors, semblait-il. Il alla à la fenêtre. La Ford Anglia était dans le parc, et semblait en mauvaise posture. Il y avait quelque chose, à l'intérieur d'elle, qui remuait furieusement, et mettait à mal ses amortisseurs, qui grinçaient à qui mieux mieux. La voiture allumait et éteignait ses phrases, comme un étrange son et lumière, et Harry eut l'impression qu'elle se retenait à grand-peine de klaxonner, de détresse ou de joie, il n'aurait su le dire.
Les cris, il les reconnut bientôt. C'était Hermione. Elle avait dû s'échapper de son dortoir... Restait à savoir avec qui elle était...
- Oh oui, continue comme ça !
La voix d'Hermione avait dû être amplifiée magiquement. Tout le château, et Pré-au-Lard même, devaient entendre les gémissements d'Hermione. Harry en eut des sueurs froides. Ron commençait à se réveiller, à son tour. Il fallait absolument arrêter ça, le plus vite possible, avant que tout le château ne soit ameuté. Il enfila un pantalon et une veste par-dessus son pyjama, prit sa cape d'invisibilité, et se précipita dehors. Beaucoup d'élèves étaient debout, dans la Salle Commune, et se pressaient à la fenêtre pour voir qui menait une telle partie de jambes en l'air avec Hermione.
Tout en prenant tous les raccourcis possibles et imaginables, Harry se demandait qui pouvait bien être « l'heureux élu », cette fois. Avec une certaine appréhension, il cherchait quel élève de Gryffondor pouvait bien ne pas être dans la Tour. Mais peut-être était-ce quelqu'un d'autre autre maison... Son estomac se crispa. Il n'était pas sûr de vouloir savoir, en fait. Il arriva à l'extérieur du château au moment même où Hermione poussait un dernier gémissement, beaucoup plus fort que les autres, puis le silence revint. Harry s'arrêta net. Finalement, il arrivait peut-être un peu tard, cette fois. Il se remit en marche, poussé cette fois par la curiosité. C'est là qu'il entendit un rire.
- Non, mais tu crois quoi, Malefoy ? Que tu as réussi à me faire grimper aux rideaux ? C'était agréable, mais sans plus. Mon plus bel orgasme, pour l'instant, c'était avec Neville. Mais j'attends d'avoir Rogue. Je suis sûre et certaine que c'est un bon coup.
Harry se figea de nouveau, glacé d'effroi, cette fois. Malefoy. Malefoy était venu chercher Hermione, qu'il méprisait, pour faire ce genre de choses... Et à tous les coups, c'était lui qui avait amplifié la voix d'Hermione, espérant ainsi augmenter sa côte de popularité auprès des filles... Pour le coup, c'était raté. Hermione venait de le casser monumentalement. Harry en eut presque pitié. Nous avons bien dit « presque ». Il s'approcha de l'endroit où était censée se trouver la voiture. Il contourna l'angle d'un mur, mais ne s'aventura pas plus loin : McGonagall et Rogue étaient là et faisaient sortir les deux concernés de la Ford Anglia, dont les phares clignaient toujours du joyeux moment qu'elle venait de passer. Malefoy avait encore le pantalon baissé sur un ridicule caleçon à pois rouges, et la robe ultra moulante d'Hermione n'était pas redescendue sur ses fesses, laissant voir son string.
Rogue et McGonagall étaient livides de rage. McGonagall leva le bras en direction d'un endroit que Hermione et Malefoy s'empressèrent de rejoindre. Elle était tellement furieuse que sa baguette projetait des étincelles qui ressemblaient à des éclairs. Rogue referma la portière de la Ford Anglia et celle-ci reprit gaillardement le chemin de la Forêt Interdite. Lorsqu'elle passa à sa hauteur, Harry remarqua la buée qui rendait les vitres opaques, et la trace d'une main sur l'une des vitres arrières.
Sans tarder plus longtemps, il mit la cape sur sa tête, et suivit le groupe. McGonagall avait dû les envoyer dans le bureau du directeur. Cependant, c'est dans une classe vide que Harry entendit des éclats de voix. Apparemment, McGonagall laissait éclater sa fureur.
- Non, mais vous ne vous contrôlez plus, Mr Malefoy ? Vous savez pertinemment que c'est un viol. Miss Granger a été empoisonnée, et vous abusez d'elle ! Tout ce que j'espère, c'est que le directeur de votre Maison saura prendre toutes les mesures nécessaires !
Ledit directeur de la Maison Serpentard n'avait cependant pas tout à fait le même point de vue.
- Je tiens à vous rappeler, Minerva, que Miss Granger a manqué de me violer, ce matin même. Je pense que M. Malefoy a été lui-même victime de l'appétit sexuel incontrôlable de Miss Granger... Il serait donc plus juste que Miss Granger soit pénalisée, et non M. Malefoy.
- Alors là, c'est le pompon ! Dois-je vous rappeler, Severus, que miss Granger a été empoisonnée dans VOTRE cours, par un manque de vigilance alors qu'elle était sous VOTRE responsabilité ??? Si M. Malefoy n'est pas capable de contrôler ses hormones, c'est du ressort de votre autorité, Severus, à moins que vous ne préfériez que j'en fasse part au Directeur !
Harry avait déjà vu McGonagall en colère. Et présentement, il l'imaginait, un index furieux pointé sur la poitrine de Rogue, avec de la fumée qui lui sortait des narines, prête à cracher du feu. Rogue devait être en train de recourir à l'occlumancie pour ne pas fuir de terreur.
- Dois-je vous rappeler, Minerva, que Miss Granger a déjà pris l'innocence de nombreux élèves de cette école ? Il serait temps de faire quelque chose...
- Vous faites référence à une éventuelle « innocence » en parlant de Malefoy ? Ce n'est pas la peine de jouer de l'antithèse avec moi, Severus, je resterai intransigeante. L'innocence de Mr Malefoy était tout à fait consentante pour être pervertie, tout comme celle des blancs-becs qui ont osé s'en prendre à une élève qui n'est pas maîtresse de ces actes !
Rogue essaya bien de dire quelque chose, mais il devait présentement être en train de reculer, car Minerva ne lui laissa pas le temps de s'exprimer et reprit :
- Quant aux mesures qui vont être prises... Je vous suggère de finir la préparation de cette potion de Vertu dans des délais records, Severus. Sinon c'est moi qui vais prendre des mesures vous concernant. Miss Granger ne peut être punie pour des actes qu'elle a commis sous l'emprise d'un poison. Mr Malefoy était lucide, lui.
- Il a été forcé ! Dit Rogue avec un certain désespoir dans la voix.
- Dois-je vous rappeler que Mr Potter et Mr Weasley sont beaucoup plus exposés aux avances de Miss Granger, et qu'ils savent pourtant se tenir, EUX ?
- Ils sont peut-être impuissants, ou gays !
- ILS ONT DE L'EDUCATION ET DU RESPECT, NUANCE !
Verbalement vaincu par K.O., Rogue battit en retraite. Minerva en colère, c'était plus dangereux qu'une soirée avec Lord Voldemort. Harry, toujours sous sa cape d'invisibilité, eut juste le temps de reculer pour ne pas entrer en collision avec Rogue, qui laissa la porte ouverte.
- Mr Malefoy, reprit McGonagall dont la voix essayait de contenir une colère qui n'était pas encore retombée, vous viendrez en retenue dans mon bureau. Tous les soirs jusqu'à la fin du trimestre. Un peu de plomb dans la cervelle ne pourra pas vous faire de mal.
- Bien, professeur, dit la voix résignée de Malefoy.
- Quant à vous, Miss Granger...
McGonagall soupira. Elle devait être à bout de nerfs.
- Allez vous coucher. Essayez de vous contrôler, à l'avenir, sinon il faudra bien que je prenne des mesures coercitives vous concernant. J'en suis navrée, car je sais parfaitement que ce n'est nullement votre faute, mais je n'aurai pas le choix. La réputation de l'école est en jeu.
- Oui, professeur.
- Maintenant, retournez dans vos dortoirs, tous les deux.
Hermione et Malefoy sortirent, tête basse, et partirent chacun de leurs côté. Le professeur McGonagall les suivit peu après, l'air plus las que jamais.
Harry pensait sincèrement que cette honte remettrait Malefoy à sa place, et s'attendait le lendemain à ce qu'il fasse profil bas, au moins à cause de la réflexion d'Hermione à propos de ses prouesses sexuelles. Il eut cependant de nombreuses occasions de s'étonner, et ce, dès le petit-déjeuner. Il remarqua dès son entrée un attroupement à la table de Gryffondor. Avec beaucoup de difficultés, il se fraya un chemin.
- Salut, Harry !
La main de Neville dépassa tant bien que mal la mêlée des groupies venues savoir si Neville avait quelque chose de prévu ce soir. Neville avait l'air content de lui, et de nombreuses traces de rouge à lèvres sur son visage lunaire laissaient penser qu'il était la nouvelle coqueluche de ses dames. La réflexion d'Hermione avait déjà fait des émules. Harry songea qu'il était bien dommage que Hermione soit la seule à souffrir de la réputation de pouf USB, car elle n'était qu'une victime dans cette histoire, tandis que le groupe des greluches se pavanant actuellement autour de Neville était parfaitement conscient de ses actions.
Hermione était à table, et pour une fois toute seule. Harry voulut se diriger vers elle pour lui tenir compagnie, mais Malefoy le devança. Il s'approcha d'Hermione par-derrière, lui glissa quelque chose à l'oreille. Hermione haussa les épaules. Harry arriva enfin à sa hauteur.
- Tu veux que je t'aide, Malefoy ?
Celui-ci le gratifia d'un sourire goguenard, et partit.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit ? Demanda Harry à Hermione en s'asseyant à côté d'elle.
- Que j'étais un bon coup, et que la prochaine fois il voudrait me prendre en levrette dans une <g>voiture tuning</g>, parce que la voiture du père de Ron n'était pas très confortable, répondit Hermione le plus naturellement du monde.
La journée commençait fort.
Chapitre 7 : Voldy est puceau ?! Intéressant...
Note d'auteur : J'en ai bavé pour ce chapitre : plein de mots salaces à replacer ! Le tout sans tomber dans le vulgaire ! Vous parlez d'un cadeau !
Depuis l'incident en cours de potions, Rogue se tenait à distance d'Hermione, la surveillant du coin de l'oeil comme le lait sur le feu. Cependant, Hermione n'était plus intéressée par lui, enfin, pour le moment du moins : elle ne cessait de jeter des regards de braise du côté des Serpentard. Rogue pensa d'abord qu'elle voulait un second rendez-vous avec Drago, mais il envisagea la possibilité que Zabini serait la prochaine victime de la pouf Granger. Certes, Blaise Zabini était moins idiot que la plupart de ses condisciples et, en principe, ne s'aviserait pas de forniquer avec une née-de-moldus... mais les principes n'étaient plus trop à la mode à Poudlard, ces derniers temps. La seule solution était d'infliger une retenue à Zabini. Il l'aurait volontiers infligée à Miss Granger, mais il avait trop peur pour ses propres fesses, d'autant plus que les dernières rumeurs concernant Miss Granger faisaient état de toys. Rogue espérait de tout coeur qu'Hermione réservait l'usage du <g>god michet</g> pour son plaisir personnel, mais vu la file d'attente pour obtenir ses faveurs, il ne fallait pas s'attendre à ce que <g>l'onanisme</g> soit l'occupation favorite des heures perdues d'Hermione. Il s'arrangea donc pour infliger une retenue à Blaise Zabini, soi-disant parce qu'il était honteux pour un septième année de Serpentard d'avoir oublié d'ajouter une feuille de potamot à une potion de Gaillardise. Les Serpentard s'offusquèrent : jamais Rogue n'avait pris de telles mesures à l'encontre d'un élève de sa Maison. Ce genre de choses, c'était pour les Gryffondor ! Une vagues de protestations monta du côté des Serpentard. Pour un peu, les Gryffondor auraient applaudi, mais il ne fallait tout de même pas aller jusqu'à faire croire à Rogue qu'il devenait populaire.
Drago en profita pour lancer un sort de Disparition sur le chaudron derrière le bureau de Rogue. Le chaudron dans lequel il préparait l'antidote. Le sort n'eut pas tout à fait l'effet escompté, en partie parce que Malefoy ne visait pas avec le bon angle. Au lieu de faire disparaître la potion, il fit disparaître le chaudron. Le liquide se renversa dans les cachots, et tout le monde monta en catastrophe debout sur les tables, Rogue le premier, qui finit tout de même par réparer les dégâts. Persuadé que c'était de la faute de Granger, il se tourna du côté des Gryffondor. Malheureusement, il renonça rapidement à ses accusations : Hermione, assise sur sa table, les jambes écartées, demandait à Harry si Ginny serait tentée par une petite expérience entre filles, parce qu'elle se lamentait de ne pas avoir encore tenté d'expérience <g>lesbienne.</g> Un peu plus las que d'ordinaire, Rogue laissa les élèves sortir de sa classe avec dix minutes d'avance. Il fallait tout recommencer. Miss Granger avait le feu aux fesses, et il devait reprendre la fabrication de la potion à zéro. Cette fois, tant pis, il irait acheter les ingrédients directement dans l'Allée des Embrumes. Pas question d'attendre encore une lune pour cueillir ses herbes.
- Alors, Granger, que penses-tu de ma performance en cours de potions ? Demanda Malefoy à Hermione au détour d'un couloir.
Hermione marchait à quelques pas devant lui, en tordant des fesses, entourée par Harry et Ron.
- Viens Hermione, ne traînons pas ici, dit Ron qui la prit par la manche pour la faire avancer plus vite.
Mais Hermione s'arrêta, et se retourna.
- On peut savoir ce que tu veux, Malefoy ?
- Un second round, poupée. Tu es un bon coup, j'admets.
Hermione passa la main dans ses cheveux, comme un signe de victoire, lui fit son plus beau sourire, agrémenté d'un clin d'oeil coquin qui donna la nausée à Harry.
- Si tu veux que je te donne des leçons, Malefoy, tu n'as qu'à le dire.
- Détrompe-toi, Granger, j'ai deux-trois petites choses à te montrer... Tu m'en diras des nouvelles.
- On verra ça... peut-être, répondit évasivement Hermione.
Elle tourna les talons, et repartit, en dandinant des hanches plus que jamais.
Harry prit conscience assez rapidement que les oreilles de Ron était rouges. Mais rouges rouge, encore plus cramoisies que d'habitude, quand il était en colère. Il se dit qu'il serait peut-être salutaire pour lui d'extérioriser ses problèmes. Croisant Ginny au détour d'un couloir, Harry lui confia Hermione, et partit avec Ron, qu'il emmena dans une classe vide.
- <i>Assurdiato. </i> C'est bon, maintenant tu peux te défouler.
Ron hurla sa jalousie comme jamais Harry n'avait vu Ron hurler. Il finit par faire apparaître un sac en papier, car Ron faisait de l'hyperventilation.
Ça faisait plus de trois minutes que Ron soufflait comme un boeuf dans son sac, et il n'était pas calmé pour autant. Harry abandonna le discours habituel, pressentant vaguement que Ron n'aurait pas assez de pondération pour l'accepter. Il comprenait ce que Ron pouvait ressentir. Ron, qui était secrètement amoureux d'Hermione depuis si longtemps... Si Ginny avait été à la place d'Hermione, il n'aurait jamais pu le supporter... Sans compter que, même s'il n'y pouvait rien, Hermione faisait du rentre-dedans à TOUS les garçons de Poudlard, Harry inclus, mais ne semblait pas vouloir proposer quoi que ce soit à Ron. D'un côté, c'était une chance : jamais Ron n'aurait résisté à une proposition coquine d'Hermione. Mais d'un autre côté, le moral de Ron était au plus bas.
- Allez, courage. Ça ne durera pas éternellement, de toutes façons.
- On est repartis à zéro, Harry, à ZERO. Tout ça à cause de ce crétin de Malefoy. La potion était presque prête, et ce crétin congénital a tout fait foirer. Je n'en peux plus, Harry, je n'en peux vraiment plus. Je laisse tomber.
- Ron, ne fais pas ça, je t'en prie. Il faut qu'on tienne. Si tu ne le fais pas pour Hermione, fais-le pour moi. Par pitié.
Harry tendit la main à Ron, qui mit plusieurs minutes à réagir. Mais Harry ne voulut pas céder. Enfin, Ron finit par lever la tête, et serrer la main de Harry dans la sienne.
- Allez, c'est reparti, dit-il avec fatalité.
Les deux garçons sortirent de la pièce, et allèrent retrouver Hermione et Ginny dans la Grande Salle.
Jamais Ginny ne parut si soulagée en voyant son frère et Harry faire leur entrée dans la Grande Salle.
- Parfait, les garçons, vous voilà ! Je vous laisse, il faut vraiment que je retourne en cours.
Ginny s'éclipsa sans tarder.
- Que s'est-il passé ? Demanda Harry qui avait appris à pressentir le pire.
- Oh, rien, Harry ! C'est juste que Ginny ne veut pas tenter une expérience à trois, avec elle, toi et moi. C'est dommage, n'est-ce pas, Harry ?
Harry jeta un regard du côté de Ron, et le vit inspirer à fond pour garder son calme.
- Oui, c'est dommage. Une autre fois, peut-être. Dépêchons-nous d'y aller, nous allons être en retard.
Hermione sauta sur Harry comme la vérole sur le bas clergé, et se pendit à son bras comme une désespérée, gloussant comme une poule. Harry n'osa pas regarder Ron, qui devait vraiment prendre sur lui à ce moment, et ils sortirent. Si Hermione continuait comme ça, son amitié avec Ron et Ginny ne ferait pas long feu. Mais il ne pouvait se résoudre à prendre ses distances avec Hermione, comme si veiller sur elle était un devoir. Il avait fait une promesse à McGonagall, il la tiendrait jusqu'au bout. Hermione ne l'avait jamais lâché jusqu'à présent, ce n'est pas lui qui abandonnerait. Il lui devait bien ça. Mais même ses bonnes résolutions étaient mises à mal par le rentre-dedans continuel d'Hermione. Il se rendait compte qu'il faisait souffrir et Ron et Ginny. Il avait hâte que tout rentre dans l'ordre, mais la date venait d'être largement reportée, à cause de Malefoy...
Harry en était là de ses réflexions, lorsque sa cicatrice sembla lui fendre le crâne en deux. Il tomba sur les genoux, se tenant la tête à deux mains, pleurant presque de douleur. La pièce était sombre. Il contemplait la scène de beaucoup plus haut que d'habitude. Il baissa les yeux sur le misérable prostré devant lui. Il tendit la main. Une longue main, fine et blanchâtre, qui faisait penser à des pattes d'araignée. Un éclair de lumière. Un cri, un cri terrible de torture. Il était en train de torturer quelqu'un. Il était furieux.
- Alors comme ça, Lucius, ton rejeton s'envoie une petite Sang-de-Bourbe ? Je pensais que tu avais mieux éduqué ta progéniture, Lucius. Je suis déçu, très déçu. <i>Endoloris !</i>
L'homme criait toujours dans sa tête quand Harry rouvrit les yeux. Il était étendu par terre, et ne comprenait pas ce qu'il faisait là. Hermione était penchée sur lui, et se préparait déjà à lui faire du bouche-à-bouche. Elle sembla déçue de le voir se réveiller.
- Voldemort a su que Drago Malefoy avait eu une aventure avec Hermione. Il est en colère après Lucius, très en colère. Il faudrait peut-être prévenir Dumbledore, pour qu'il dise à Malefoy de ne pas rentrer chez lui pour les vacances... Il risquerait de se faire tuer.
- Et alors, Harry ? Depuis quand on aurait des scrupules par rapport à Malefoy ? Il a manqué de respect à Hermione, il n'a qu'à en payer le prix ! S'offusqua Ron.
Harry, par habitude, anticipa la réponse d'Hermione, qui ne manquait jamais de rappeler à Ron quelques principes moraux de base, à savoir, par exemple, que c'était manquer d'humanité que de laisser quelqu'un – oui, Ron, même la pire des ordures – se faire torturer. Il fut donc surpris, alors qu'il avait déjà tourné la tête pour écouter sa réponse, de la trouver rêveuse et à cent mille lieues de la conversation. Son attitude contrastait terriblement avec sa tenue. Un instant il crut revoir l'ancienne Hermione.
- Hermione ? Tu vas bien ? Demanda Harry, en se relevant tant bien que mal.
Hermione ne revint pas tout de suite de sa rêverie, et Harry se demanda si elle n'était pas en train de guérir : elle avait parfois cette drôle d'expression sur le visage, quand son cerveau avait fait une connexion inattendue, et qu'elle avait compris quelque chose qui n'avait même pas effleuré les cerveaux de Harry et Ron. Il reprit donc espoir.
- A votre avis... commença-t-elle évasivement.
- Notre avis sur quoi ? Dit Ron, qui avait lui aussi noté le changement d'attitude de Hermione.
- Voldemort ne sait pas aimer... Il doit être puceau, non ?
Ron resta bouche bée. Harry, passé la surprise, se demanda s'il serait moral de se fracasser le crâne contre le mur. Il finit tout de même par répondre.
- Je suppose. C'est pas le genre de questions qui me vient à l'esprit quand je pense à Voldemort, en fait.
Hermione ne releva pas le sarcasme, mais continua sur sa lancée.
- En fait, j'étais en train de me dire... Je pense que c'est un bon coup. Il est très puissant et il sait se servir de sa baguette...
Les regards de Harry et Ron se croisèrent, plus affligés que jamais. Hermione ne s'en aperçut pas et reprit son chemin comme si de rien n'était.
Chapitre 8 : Rencard avec le Seigneur des Ténèbres
Enfin, les vacances étaient là. Ils n'avaient qu'une semaine de vacances pour la Toussaint, mais c'était déjà ça de pris. D'ordinaire, les élèves n'étaient pas autorisés à rentrer chez eux pour ces vacances, et fêtaient Halloween avec un délicieux banquet dans la Grande Salle. Cette année, cependant, des dispositions particulières avaient été prises concernant nos trois amis, suite à une formidable performance vocalique de McGonagall, qui avait fini par apprendre l'accident de chaudron de Rogue. Heureusement que Dumbledore, encore leste pour son âge, avait fait montre d'une rapidité et d'une force hors du commun. Il avait réussi à s'interposer à temps entre Minerva McGonagall, en mode Furie, cheveux en bataille, bec et ongles sortis, et le professeur Rogue, en mode oh-la-boulette, empêchant de justesse le professeur de Métamorphose de transformer son collègue en crotte de Troll après lui avoir soigneusement arraché les yeux. Le calme était revenu dans le château, et Rogue évitait de se montrer hors des cachots, pour éviter le plus possible Minerva.
Hermione, Ron, Ginny et Harry avaient obtenu une permission exceptionnelle de retourner au Terrier pour les vacances. Loin de ses condisciples masculins de Poudlard, Hermione pourrait se reposer, et prendre du recul. Mrs Weasley avait été mise au courant du nouvel état d'Hermione, et avait pris les dispositions nécessaires : il n'y aurait personne d'autre à la maison pendant les vacances. Harry était heureux : Ginny rentrait aussi, ils auraient donc un peu de temps pour eux, en principe. Ils manquèrent donc le repas d'Halloween à Poudlard, mais Mrs Weasley les consola de ce côté-là.
Les vacances commençaient plutôt bien : grasses matinées, petits déjeuners copieux, journées entières à jouer au Quidditch, et quelques devoirs pour faire bonne mesure. Même Hermione, sortie de son contexte, semblait moins pouf. En même temps, à part les poulets et les gnomes de Mrs Weasley, elle n'avait pas grand-chose à se mettre sous la langue. Elle ne choqua vraiment Mrs Weasley – qui pu ainsi constater les dégâts de ses propres yeux – que lorsque Fred et George vinrent rendre visite. Ils avaient fini par avoir vent de la nouvelle, et l'idée que Miss Préfète-en-Chef, jeune fille trop sérieuse, était devenue une dévergondée notoire [NdA : parenthèse de l'auteure qui a soudainement envie de raconter sa vie, et vous montrer qu'elle bosse, malgré les apparences : dans le <i>Roman de Renart</i>, branche 1, aux vers 658, on apprend qu'un personnage s'appelle « Joudoïn Trousseputain », et qu'un de ses amis, « Boudoïn Porteciviere », au vers 660, « fout sa fame par derrieres ». C'est charmant, n'est-ce pas ?] n'était pas pour leur déplaire. Ils furent servis. Ils auraient presque pu assouvir un de leurs fantasmes de jumeaux, à savoir partager une même fille, si Ginny ne les avait pas rappelés à l'ordre, par égard pour Ron.
Les premiers jours de vacances se passèrent bien, donc. Mais c'était pure folie de croire que Miss-Feu-aux-Fesses supporterait plus de cinq jours d'affilée une vie monacale. Harry et Ron ne se méfièrent pas d'une lettre qu'Hermione envoyait, pas plus que de la réponse. Mais la disparition d'Hermione, qu'on ne découvrit qu'au matin, jeta tout le petit monde du Terrier dans un trouble sans fond. Où avait-elle bien pu partir ?
Les premières réactions furent de se rendre au village. Mais Loutry Sainte-Chaspoule était une petite commune, ils eurent tôt fait d'en faire le tour. Mrs Weasley écuma le Chemin de Traverse, où elle rendit visite à ses fils dans l'espoir qu'Hermione se serait réfugiée chez eux, n'osa pas s'aventurer dans l'Allée des Embrumes, et fit le tour de Pré-au-Lard, sans succès. Hermione n'était pas non plus retournée à Poudlard. L'inquiétude commença à faire place à la panique. Ils découvrirent qu'Hermione avait laissé un indice : une lettre, quelques mots griffonnés par une main anonyme. Enfin, anonyme... le temps que Harry et Ginny se rendent compte que l'écriture était la même que celle du journal de Jedusor : Hermione aurait-elle été stupide au point de se jeter dans les griffes de Voldemort ? Harry se rappela la réflexion d'Hermione à propos du pucelage de Voldemort, mais lui rendre une petite visite était une opération suicide...
Ils devaient partir sur le champ. Si Hermione était torturée, si Voldemort faisait usage de la légilimancie contre elle, Harry était perdu, et tout l'Ordre du Phénix avec lui. Ils retournèrent donc en urgence à Poudlard. McGonagall faillit faire une attaque en apprenant la nouvelle, et descendit en trombe dans les cachots en criant à tue-tête à l'adresse de Rogue que « si vous ne ramenez pas Hermione vivante et que Vous-Savez-Qui vous laisse en vie, c'est moi qui vous tuerai, Severus ! A mains nues ! »
Une nouvelle fois, Dumbledore sauva les yeux de Rogue.
Pendant ce temps, Hermione n'avait pas chômé. Elle avait effectivement quitté le Terrier plus tôt que prévu, mais c'était uniquement parce qu'elle voulait réaliser un fantasme : Voldemort, en Brouette Japonaise. Elle lui avait écrit, au début des vacances, avant de partir. Elle ne s'était pas perdue dans les détails dans sa lettre. Elle voulait juste le rencontrer, lui et lui seul, dans une chambre d'hôtel, « pour changer le cours des choses. »
Lorsque Lord Voldemort arriva, caché sous une cape qui le recouvrait entièrement (pour éviter les mouvements de panique et rester discret, ce qui, en effet, est un exercice difficile quand on est célèbre), il crut d'abord s'être trompé. Jamais il n'aurait pu imaginer que la meilleure amie de Potter était à ce point une pouf. À moins qu'elle n'ait adopté une mode moldue d'un goût particulièrement douteux. Elle était saucissonnée dans un costume à résilles, qui imitait assez bien un jambonneau en filet, à ceci près qu'elle portait des oreilles et une queue de lapine. Elle portait des cuissardes noires à talons aiguilles, et un string à paillettes flashy. Quant au soutien-gorge, il était fait avec des bonbons que les enfants moldus portaient d'ordinaire autour du cou. Elle était assise là, sur une chaise en face de la porte, les pieds sur la tables, jambes allongées, et resta à le regarder, sans la moindre peur, mais avec une lueur dans le regard que Lord Voldemort ne pouvait définir. Il ferma la porte à clé. Grossière erreur de sa part, comme il eut le loisir de se rendre compte ensuite. Elle le détailla des pieds à la tête, lorsqu'il ôta son capuchon.
Lord Voldemort avait daigné lui répondre. Il s'était félicité de son audace. Sans doute avait-il pensé, en bon méchant machiavélique qu'il était, que Hermione voulait trahir son meilleur ami, et s'était amusé de cette trahison : comme ses parents, Harry ne faisait pas confiance aux bonnes personnes, et en plus la traîtresse avait le sang impur. C'était un comble. Mais un comble qui arrangeait beaucoup ses plans : plus besoin de passer par la case vieux barbu, on arrivait directement à la case « chance ». Avec un peu de chance, en effet, il toucherait même le jackpot. Il lui avait juste répondu : « Appelez-moi, je vous trouverai. » Hermione avait donc choisi une piaule en piteux état de l'Allée des Embrumes, et avait pris contact avec Lord Voldemort. Rien de plus facile, il suffisait de l'appeler au moyen d'une petite chanson :
<i>« Voldy, Voldy, prends garde, prends garde,
Voldy, Voldy, prends garde à ton ziz... » </i>
- Tu peux enlever ta cape, tu sais.
Lord Voldemort ne répondit pas tout de suite. Elle l'avait tutoyé, comme un vulgaire égal. Elle lui avait donné un ordre. Manifestement, cette fille voulait mettre fin à ses jours. Il tenta de conserver un certain calme, du moins le temps nécessaire pour l'interroger.
- Vous vouliez me voir, Miss... ?
- Hermione, mais tu peux m'appeler Hermy, ou Mione, ou, si tu préfères, Grosse Ch...
- Je vous interdis de vous adresser à moi sur ce ton, petite sotte ! Rugit-il.
Hermione sembla se mettre en colère, et se leva.
- Grosse pouf, si vous voulez, mais sotte, sûrement pas ! Dit-elle, le doigt pointé sur sa poitrine.
C'en était trop pour Lord Voldemort. Il allait accélérer cet « entretien » et enverrait un de ses Mangemorts faire disparaître le corps. Il plongea donc ses yeux de <g>porphyre(1)</g> dans les yeux d'Hermione, et voulut y lire tous les petits secrets qui la liaient à Potter. Cette séance de légilimancie prit une tournure très bizarre. Lord Voldemort se trouva plongé au coeur de scènes plus érotiques les unes que les autres, et quand il cessa de sonder l'esprit d'Hermione, ayant abandonné l'espoir d'apprendre quoi que ce soit sur Potter, il se rendit compte qu'il était étendu sur le lit misérable de la piaule, et nu comme un ver. Hermione était déjà sur lui, et l'embrassa fougueusement avant qu'il n'ait eu le temps de prononcer une formule de base, genre « Avada Kedavra. »
Hermione s'en alla quelques heures plus tard. Elle venait de vaincre Lord Voldemort d'une façon pas très catholique, certes, mais relativement inédite et efficace. Elle le laissa dans la chambre, enroulé dans les couvertures, endormi comme un bienheureux, et toujours nu comme un ver. Enfin, comme un serpent, plutôt. Si nous partons du principe que Lord Voldemort n'était peut-être pas très consentant pour cet acte sexuel d'une intensité inouïe, au début du moins, nous pouvons effectivement dire qu'il y a eu viol. Mais bon, un Seigneur des Ténèbres digne de ce nom ne peut pas avouer ce genre de choses... Sans compter qu'il était consentant (et même enthousiaste) les deux fois suivantes. Après tout, il n'avait jamais vu ça sous un angle aussi renversant (ils avaient testés des positions très acrobatiques...), mais peut-être que Dumbledore avait raison, finalement : l'amour était magique.
Hermione avait fini par rentrer directement à Poudlard. Cette petite entrevue avait réveillé son appétit sexuel, et il lui tardait de mettre la main sur le professeur Rogue, à qui elle rêvait de professer certaines choses.
Son arrivée dans la Grande Salle fit place à un silence de mort. Puis un cri s'échappa de la table des professeurs : Minerva McGonagall, qui désespérait de ne jamais revoir son élève vivante. Dumbledore réagit plus pragmatiquement. Il fit signe à Harry et Ron de le suivre, et emmena Rogue, McGonagall et Hermione dans son bureau. Il devait avant tout vérifier qu'il s'agissait bien d'Hermione, et de savoir si elle était sous imperium ou non. Ces menues vérifications ne prirent pas autant de temps que prévu.
- Hermione, tu te rappelles de tout ce qui s'est passé, n'est-ce pas ?
- Oui, évidemment !
- Mais pourquoi es-tu allée voir Lord Voldemort ?
- Pour lui rendre service, évidemment ! Le pauvre homme, il était seul, perdu, désorienté, malheureux. Un homme ne peut pas vivre sans amour, il avait besoin de tendresse, le pauvre chou !
Rogue blêmit et fit une drôle de tête. En même temps, c'est pas tous les jours que quelqu'un appelle le Seigneur des Ténèbres « pauvre chou ».
- Vous n'avez rien dévoilé à propos de Potter, au moins ? Le Seigneur des Ténèbres a-t-il pu lire dans votre esprit de petite dinde une information, si mince soit-elle ? Demanda Rogue en un murmure menaçant.
- Non, en fait, on n'a pas trop eu le temps de parler ou de faire quoi que ce soit d'autre...
- Mais que s'est-il passé ? Qu'avez-vous donc fait tout ce temps ? Demanda le professeur McGonagall, avant de regretter sa question.
- Oh, à peu près tout : Amazone, Brouette Japonaise, avec menottes... C'est vraiment un bon coup, j'en étais sûre !
- C'est bon, Hermione, passe-nous les détails ! Articula Harry, au bord de la nausée.
Sa cicatrice l'avait picoté bizarrement dans la journée. Il comprenait maintenant pourquoi. Il avait ressenti des sensations de plaisir intense, mais sans trop comprendre d'où elles pouvaient provenir. Jamais auparavant les incursions dans l'esprit de Lord Voldemort n'avaient été agréables... Heureusement, Il ne lui avait pas ouvert son esprit au point de voir Hermione en action.
- Mais comment se fait-il que vous ayez pu revenir vivante ? Demanda Rogue.
- Oh, après le troisième round il s'est mis à ronfler, alors je suis partie en le laissant dormir...
- Tu sais que tu aurais pu ne serait-ce que le stupéfixer, lui prendre sa baguette, ou au moins avertir les Aurors ? Dit faiblement Harry.
Hermione ouvrit grand les yeux comme si cette évidence venait de s'imposer à son esprit.
- Oh, Harry, je n'y avais pas pensé ! Je suis bête, hein !
Elle se tapa le front du plat du plat de la main, remit une mèche de cheveux blonds derrière son oreille et sourit bêtement. Rogue hocha la tête lentement. En plus d'avoir été transformée en pouf USB, Hermione Granger avait pris le QI d'une dinde. Manifestement, elle ne se rendait même pas compte de la chance qu'elle avait eue de revenir saine et sauve. Quant à comprendre qu'elle avait manqué l'arrestation du plus grand danger actuel... Il soupira. Hermione reprit avec enthousiasme :
- Bah quoi, au moins, maintenant il sait qu'il n'y a pas que sept et treize qui sont des nombres magiques ! Dit-elle comme si rien de grave ne s'était passé.
- Tu fais référence au nombre entier compris entre soixante-huit et soixante-dix, je suppose ? Demanda Ron, de nouveau énervé.
- Ouais, comment t'as deviné? dit-elle avec enthousiasme.
McGonagall posa les doigts sur ses yeux fermés, essayant de chasser de son esprit la vision furtive de son élève en train de s'envoyer joyeusement en l'air avec le plus grand mage noir de tous les temps.
<i>porphyre : variété d'andésite, roche volcanique rouge foncé, compacte, mêlée de cristaux blancs</i>
Chapitre 9 : Les avances de Bellatrix Lestrange
Laissons un peu de côté les aventures de cette chère Hermy-Pouf. En effet, il ne serait pas très sympathique de la part de l'auteure d'abandonner son lecteur au moment d'une question cruciale: que va devenir le grand méchant maintenant qu'il a été confronté au pouvoir de l'amour physique ? Intéressons-nous par conséquent un peu à Lord Voldy (c'est son nouveau surnom : Hermione trouvait que crier « Voldemort » au pieu, c'était trop long, et le Seigneur des Ténèbres n'était pas chaud pour « Tommy »), avant de retrouver Hermy-Pouf. De son côté à elle, rien de bien neuf, elle s'est envoyée deux-trois élèves supplémentaires pendant ce temps-là, rien de bien méchant, rassurez-vous. Et Rogue tient bon, pour l'instant. Entre les tentatives de viol d'Hermione et les tentatives d'énucléation oculaire de Minerva, il a choisi le repli stratégique et s'est barricadé dans sa salle de potions pour préparer l'antidote en toute sécurité, et dans le plus grand calme possible. Tous les soirs, pour éviter un deuxième accident, il fait une « sauvegarde » de sa potion : il en verse un peu dans une fiole, qu'il cache ensuite dans son armoire, sous clef. On ne sait jamais. Mais revenons à Lord Voldemort.
Lorsqu'enfin il s'éveilla, quelques heures après ce combat sans précédent, Lord Voldemort était seul, dans son lit de chambre d'auberge minable, à poil sous une couverture mangée aux mites. Il mit un certain temps à se rappeler ce qu'il faisait dans cette situation, mais, en voulant se lever, des courbatures à des endroits de son corps dont il soupçonnait même plus l'existence le rappelèrent à la réalité des faits. Trop de sport tue le sport, voilà tout. Toute la scène lui revint en mémoire. Tout bien considéré, il fallait bien qu'il se l'avoue : elle l'avait vaincu, elle l'avait dominé... et bougre, il avait adoré ça. Surtout les menottes à moumoute rose. Tout à ses pensées, il reprit le chemin de son antre, et passa le reste de la journée à rêvasser. Il fallait qu'il la revoie... au moins pour l'interroger à propos de... comment s'appelait-il, déjà ? Portier... non, ce n'était pas cela... Butter... non plus... Potter... peut-être... oui, ça doit être ça... Pour lui demander quoi, déjà ?
Jamais il n'aurait à ce point pu penser aimer les lapins. Enfin, les lapines, en l'occurrence... Cette fois, c'était décidé, il se lançait dans la <g>cuniculiculture. (1) </g> Et il fallait absolument qu'il la revoie. Comme souvent chez Lord Voldemort, quand il avait une idée, en tête, cela tournait à l'obsession.
La nouvelle de son aventure avec Miss Granger ne tarda pas à s'ébruiter. En effet, Drago eut vent de l'affaire, et piqua une crise de jalousie à Hermione en pleine Grande Salle, au petit déjeuner, le lendemain.
- Décidément, ce type n'a plus aucun sens de l'honneur... dit Nott en contemplant d'un air navré les grands moulinets de bras d'un Drago Malefoy cocu et désespéré.
Hermione l'ignora superbement, et même Ron eut la présence d'esprit de ne pas le provoquer davantage. Il faut dire que le plaidoyer de Drago pour récupérer Hermione incluait des phrases comme « l'ombre de ta main, l'ombre de ton chat » et autres « perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas ». Il s'enfonçait déjà assez bien tout seul.
L'information filtra par Crabbe et Goyle, vraisemblablement. Eux aussi auraient aimé passer sur Hermione, mais Malefoy les en avait empêché. Il voulait l'exclusivité. Crabbe et Goyle Senior en avaient ensuite touché un mot à Lucius Malefoy, pour l'informer, non sans une certaine ironie, que son rejeton avait apprécié « tremper sa nouille » (métaphore charmante) dans un mauvais chaudron, au point de faire un scandale dans la Grande Salle lorsqu'il avait appris qu'elle lui avait préféré le Seigneur des Ténèbres. Il s'était avéré que Bellatrix Lestrange avait surpris cette conversation. Cependant, elle n'en tira pas les mêmes conclusions que Malefoy père. Tandis que Lucius déplorait l'opprobre que sa saleté de mioche venait de jeter sur sa famille, et le sale quart d'heure en perspective que le Seigneur des Ténèbres allait encore lui réserver, il s'avéra que Bellatrix avait achoppé sur un autre détail. Drago avait fait une scène de jalousie à la Sang-de-Bourbe parce qu'elle avait couché avec le Seigneur des Ténèbres. <i>Son</i> Maître vénéré. Cette sale petite garce avait osé <i>poser ses mains – entre autres – sur SON Maître.</i> Cette pouf venait de réduire à néant tous ses espoirs. C'était <i>elle</i> et <i>elle seule</i> qui aurait dû devenir la maîtresse attitrée du Seigneur des Ténèbres. Et pas cette sale petite...
Le cri de rage qui lui échappa renseigna Lucius, Crabbe et Goyle sur sa présence dans les parages, d'une part, et de son entrée en phase « grosse colère non maîtrisée », d'autre part. Ils n'eurent que le temps de transplaner. Bellatrix dévasta tout sur son passage, ne laissant qu'un petit tas de ruines d'une somptueuse pièce du manoir Malefoy.
- ELLE ME LE PAIERA !!! CETTE PETITE GARCE ME LE PAIERA !!!
Quelques heures à peine après, Bellatrix Lestrange apparut totalement calme et soumise lors de la réunion des Mangemorts. Elle avait juré de se venger de la Sang-de-Bourbe. Mais avant, un autre plan devait être mis à exécution : il fallait absolument qu'elle-même devienne la maîtresse du Seigneur des Ténèbres. Ainsi, il oublierait Granger, et ne risquerait pas de se mettre en colère pour le « petit meurtre » qu'elle comptait faire. Après tout, elle ne ferait que se débarrasser d'une Sang-de-Bourbe. Il n'y avait rien de mal à cela... [NdA : Si, en fait, c'est un crime comme un autre, mais bon, pour Tata Bella, les notions de Bien et de Mal sont tout à fait relatives...]
Ses bonnes résolutions furent mises à l'épreuve. Son Seigneur et Maître se montra franchement distrait et pensif tout au long de la réunion, et ne sembla pas disposé à donner beaucoup d'ordres. Comme si devenir le Maître du monde n'était plus, tout à coup, sa priorité... Le Seigneur des Ténèbres était toujours discret quant à ses plans les plus sombres, car il ne servait à rien d'en informer ses pauvres mortels de Mangemorts, mais là, il était carrément taciturne.
Bellatrix Lestrange faillit avoir une attaque lorsqu'elle aperçut la fausse queue de lapin, que Voldemort caressait sous la table d'un air distrait. [NdA : Dans <i>Cendrillon</i>, le prince charmant récupère une pantoufle de vair, mais là, c'est une queue de lapin, ça faisait plus pouf...] Il lui fallait agir, et rapidement... Lorsque la réunion fut enfin terminée, tous les Mangemorts transplanèrent. Lord Voldemort, d'ordinaire, ne traînait pas non plus. Un Seigneur des Ténèbres est toujours débordé de travail, comme chacun sait. Il doit gérer les soucis logistiques, et concevoir plein de plans machiavéliques pour devenir Maître du monde, cela va de soi. De temps en temps, il va commettre un crime abominable, histoire de raviver la Terreur que son nom inspire, mais ses priorités sont autres. Bref. Lord Voldemort était encore assis là, et la queue de lapin caressait maintenant son visage avec nonchalance, tandis que son regard se perdait dans le vide...
Il était important de statuer sur un fait crucial : elle l'avait eu par surprise, certes. Le Seigneur des Ténèbres [NdA : Oui, Voldemort parle de lui à la troisième personne, c'est un peu mégalo, je sais, mais en même temps, il s'agit de Voldemort, donc c'est tout à fait normal...] pouvait-il être vaincu par surprise ? C'était un viol, alors... Il n'avait même pas cherché à se défendre... Et puis, par la suite, il avait contre-attaqué... Lord Voldemort peut-il être victime d'un viol ? Non, Lord Voldemort n'était pas un faible. Lord Voldemort avait sans doute permis à cette fille de le toucher. Lord Voldemort était tout-puissant. Son charme magnétique était la cause de l'audace de cette fille, cela allait de soi. Ou bien était-il lui-même prisonnier d'un charme puissant qui l'empêchait de prendre du recul sur cette histoire ? Le Seigneur des Ténèbres, qui prêchait la pureté du Sang, venait justement de se compromettre avec une Sang-de-Bourbe... Pouvait-il se le permettre ? Evidemment, il était Lord Voldemort, il pouvait tout se permettre... Mais il est vrai qu'au niveau de la cohérence de son programme dictatorial, cela impliquait quelques contradictions... N'empêche, cette fille faisait des trucs épatants avec sa langue... Il fallait absolument qu'ils essaient les gadgets vibrants, la prochaine fois...
Bellatrix s'approcha, et toussota pour signaler sa présence. Lord Voldemort sursauta, et la queue de lapin disparut instantanément.
- Oui, Bella ?
- Mon Seigneur, Maître, je voulais vous demander une audience privée, dit Bellatrix avec toute la ferveur que Lord Voldemort lui inspirait.
- Je t'écoute, Bella.
- Non, pas ici, Maître... Si vous voulez bien me suivre...
Lord Voldemort, qui n'aurait jamais accepté de suivre quelqu'un en temps normal (même – et peut-être surtout – Bellatrix), mais qui visiblement n'était plus en possession de tous ses moyens, se leva et suivit Bellatrix Lestrange sans broncher, et sans même se rendre vraiment compte qu'elle le conduisait dans les étages.
Le manoir était désert. Curieusement, Bellatrix en fut soulagée. Elle se sentait comme une adolescente qui emmenait son amoureux dans sa chambre pour la première fois, pour le grand saut. Elle baissa les yeux et rougit de son audace. Elle allait enfin concrétiser un de ses rêves les plus fous. [NdA : Pourtant je peux vous assurer que les désirs les plus chers de Bellatrix sont assez barges, en tout cas plus que ceux du commun des mortels... mais disons que celui-ci est premier au top 10 de sa folie à elle.] Elle n'osa cependant pas aller jusqu'à le prendre par la main, et ne dit rien tout au long du trajet, qui fut totalement silencieux, car Lord Voldemort ne semblait pas non plus enthousiaste pour entamer la conversation.
Le coeur de Bellatrix Lestrange battait follement. Lord Voldemort avait accepté de la suivre. Il montait avec elle les marches qui les mèneraient à sa chambre... Si elle avait su qu'il accepterait si rapidement sa requête, elle aurait osé lui faire des avances depuis longtemps déjà... Car il avait compris. Il avait assurément compris. Peut-être l'aimait-il, ne serait-ce qu'un peu ? Suffisamment en tout cas pour en faire sa maîtresse officieuse (et besogneuse, oh ça oui, elle allait s'y appliquer), peut-être assez pour en faire sa maîtresse officielle...
Il arrivèrent à la chambre, et Bellatrix tourna la poignée puis s'effaça pour laisser son Maître entrer.
La chambre était glauque pour quiconque était sensé, mais Bellatrix trouvait qu'elle avait un caractère royal. Le lambris était vert sombre, rehaussé d'une touche d'argent, et tout le mobilier était noir, meubles, rideaux, lit. Lord Voldemort fut presque surpris de voir là un lit, et non un cercueil. Au-dessus de la tête de lit, l'écusson de Serpentard trônait sinistrement. Les montants de son baldaquin d'ébène figuraient des serpents qui montaient au ciel, et semblaient dévorer un arbre. Les rideaux de velours noir étaient tirés, comme si le soleil n'avait pas sa place en de tels lieux, et des chandelles tenues par des mains coupées jetaient une lumière faible sur l'ensemble, produisant des ombres monstrueuses. Lord Voldemort apprécia l'harmonie des couleurs de la pièce, et se rendit compte que Bellatrix le regardait intensément, attendant sans doute son approbation.
- Que voulais-tu me montrer ?
- Vous appréciez, Maître ?
Elle venait de joindre ses mains, en prière.
- Euh... Oui, c'est très joli, mais à part ça ?
Lord Voldemort ne semblait pas comprendre où elle voulait en venir... Cette phrase d'ailleurs ne lui ressemblait pas... Etait-il troublé lui aussi par ce moment magique qu'ils allaient partager ? Peut-être attendait-il qu'elle prenne l'initiative ?
Bellatrix ferma la porte, et s'approcha du Seigneur des Ténèbres. Son regard rencontra le sien, et Lord Voldemort eut peur de ce qu'il vit. Pas besoin de Légilimancie pour comprendre. Une lueur folle venait de s'allumer dans les yeux de Bellatrix. D'ordinaire, il appréciait cette lueur, annonciatrice d'un massacre sanglant dont ils se réjouissaient l'un comme l'autre au plus au point... Mais là, son plaisir ne se dirigeait sûrement pas vers un meurtre... Il recula d'un pas. Malheureusement, c'était en direction du lit. Bellatrix y lut un signe d'approbation et sauta sur le Seigneur des Ténèbres pour l'embrasser à pleine bouche. Emportés par son élan, ils tombèrent tous les deux sur le lit. Sans quitter la bouche de son Maître, elle se mit en devoir de le débarrasser de ses vêtements, pour atteindre tout se suite sa peau.
Aveuglé par une touffe de cheveux sombres, étouffé par une bouche qui lui faisait l'effet d'une ventouse, Lord Voldemort paniqua. Deux viols coup sur coup, il ne fallait tout de même pas abuser ! Sans compter que Bella... Il appréciait ses qualités de lieutenant au combat, mais ce n'était vraiment pas son type...
Il parvint non sans mal à se saisir de sa baguette, et la repoussa avec violence. Bellatrix repartit à l'assaut comme une désespérée.
Il voulut la punir de son audace, mais elle aurait aimé la torture, à tous les coups... Elle aurait trouvé ça excitant...
- Avada kedavra !
Bellatrix Lestrange s'effondra sur son lit, inerte. Lord Voldemort venait de sacrifier sa plus fidèle Mangemorte. En même temps, il n'avait pas eu le choix : c'était un cas de légitime défense.
(1) cuniculiculture : élevage de lapins domestiques (à quoi pensiez-vous ???)
Chapitre 10 : Oh Baby come back...
Note de L'auteur : A la base, c'est une chanson d'Hervé Vilard qui s'intitule <i>Reviens</i>. J'ai cherché sur le clip sur Youtube pour ceux qui ne connaissent pas. Pas trouvé le clip d'Hervé Vilard, mais j'ai trouvé une version avec Serge Nelson qui chante...
http://youtube.com/watch?v=3UtdohKpV4c
Au final, c'est peut-être pas plus mal, ça va très bien avec l'image que j'ai en tête de cette scène : le costume, la perruque... mdr
Oui, c'est Lord Voldemort qui chante ça. Evidemment, nous sommes dans le WWF (Wonderful World of Fanfiction).
Quelques jours avaient passé depuis ces dernières aventures, Poudlard avait repris son train-train quotidien, et Hermy-Pouf – ou Tunnel Mione pour certains – commençait à devenir un élément du paysage, au même titre que Mimi Geignarde ou Miss Teigne. Toute école a sa Pouf attitrée, de toutes façons... Hermione avait juste coiffé ses concurrentes au poteau, une fois de plus. Blaise Zabini lui avait finalement cédé, et Rogue devenait plus paranoïaque que jamais : il savait que Potter avait une cape d'invisibilité depuis la troisième année, et il craignait que Miss Granger ne s'en empare et ne le prenne par surprise. C'est pourquoi, avant de s'enfermer dans une pièce, et plus particulièrement si ladite pièce était une salle de bains, il utilisait toujours un sort détecteur de présence. Question élémentaire de sécurité. Mais il se consolait en se disant chaque soir que la potion était un peu plus avancée, qu'elle serait bientôt prête, et qu'alors, il prendrait sa revanche sur miss Granger.
Il faisait froid, ce matin-là. Hermione descendit habillée en pouf, comme d'habitude, et les élèves qui levaient désormais les yeux sur elle se contentaient seulement de se mettre au courant de la couleur du string du jour. Rose fluo, en l'occurrence, avec des strass pour que ça soit moins terne. Hermy-Pouf commençait à passer de mode. Il n'y avait guère plus que le Poudlard Express et Rogue qui n'étaient pas passé dessus... La rumeur allait même jusqu'à prétendre qu'elle avait tenté la chevauchée des Walkyries avec Firenze... Mais il faut toujours se méfier des rumeurs, même quand il s'agit d'une pouf. De toutes façons, Harry veillait au grain, et Ron devait sûrement tenir un listing précis des amants d'un soir. Il était rare en effet que Hermione retourne deux fois dans les mêmes bras. Seuls quelques privilégiés avaient eu une deuxième chance. C'était d'ailleurs le cas de Drago Malefoy, qu'elle avait de nouveau envoyé paître ensuite, en déclarant cette fois devant toute la Grande Salle qu'il ferait mieux de s'entraîner tout seul avant, ou avec Pansy si elle voulait bien de lui, et que Crabbe et Goyle seraient sûrement un meilleur coup à eux deux. Les deux intéressés avaient donc pris une réservation. Il ne faut jamais cracher dans la soupe, après tout. Ils avaient même eu un trait d'esprit à ce propos, pour justifier leur soudain intérêt pour une Sang-de-Bourbe : « Un trou est un trou, une bite n'a pas d'oeil. » [NdA : l'auteur de cette fiction n'a jamais écrit que les traits d'esprits de Crabbe et Goyle volaient très haut, et s'excuse par conséquent de cette incorrection stylistique.] Pansy, quant à elle, n'avait pas tenu rigueur à Hermione pour l'avoir fait passer pour un lot de consolation de deuxième classe, mais, au contraire, avait lancé un regard qui se voulait de braise à Drago Malefoy, mais qui lui avait plutôt glacé les sangs.
Hermione atteignit la table des Gryffondor en roulant des hanches, et s'assit à cheval sur le banc, comme d'habitude, pour grignoter un petit-déjeuner, tout en ignorant les regards de chien battu que Malefoy lui lançait.
Les chouettes firent leur entrée dans la Grande Salle, pour la distribution du courrier. Le paquet de lettres de déclarations à Hermione commençait singulièrement à diminuer, ainsi que la longueur des missives. Les premiers temps, ses prétendants faisaient au moins l'effort d'écrire un parchemin d'une vingtaine de centimètres, avec des formules poétiques du style « on ira, où tu voudras quand tu voudras, et on s'aimera encore lorsque l'amour sera mort... », « tu es le soleil de ma vie », « ta mère est une voleuse parce qu'elle a pris les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux. », etc. Mais maintenant, la teneur de la plupart des messages se réduisait à : « voulez-vous coucher avec moi ce soir ? » McGonagall et le corps enseignant avaient pris le parti de faire semblant de ne plus voir ces arrivages massifs de courrier. Ron et Harry récupéraient les cartes et allaient dire deux mots aux expéditeurs, mais bien souvent ça ne les décourageaient pas pour autant et ils retentaient leur chance le lendemain.
Un vautour se glissa maladroitement dans la Grande salle, déployant ses ailes immenses au-dessus des élèves qui eurent un instant de panique devant l'envergure de l'oiseau, au milieu des chouettes et les hiboux, et déposa une enveloppe rouge, qui commença à fumer dès qu'elle arriva devant Hermione. L'oiseau repartit tant bien que mal. Hermione, Ron et Harry regardèrent la lettre sans comprendre.
- Qui a bien pu t'envoyer une Beuglante ? Demanda Harry.
- Ouvre-là vite avant qu'elle n'explose ! Dit Ron, qui gardait un souvenir cuisant de sa propre expérience.
Hermione resta là sans bouger, et la lettre finit pas s'ouvrir toute seule, délivrant une bague, sertie d'une <g>améthyste (1)</g>. Ce n'était pas une Beuglante. C'était une lettre d'amour. Une lettre de Lord Voldemort, en son et lumières, s'il vous plaît.
Reviens, elle est là près de moi, elle est belle
Je te vois quand je suis avec elle
Après tout, après toi, je n'ai rien,
Tu sais bien
Reviens, on va vivre la main dans la main
C'est écrit sur les murs de la vie
C'est écrit c'est certain je l'oublie
J'ai gardé une place au soleil, pour toi, pour moi
Oui j'ai fait l'amour avec elle, de toi à moi
Reviens, on va vivre la main dans la main
L'aventure avec toi c'est si bien
Amoureux, malheureux, ça n'fait rien
C'est si bien
Reviens, elle est là, elle sourit, elle est belle
Elle est bien quand je suis avec elle
Elle est là près de moi et c'est toi
Que je vois
Oui, en aimant toutes celles qui m'ont pris
Dans leurs mains, dans leurs yeux, j'ai appris
On a qu'un seul amour dans la vie.
C'est la traversée du désert pour toi, pour moi
On a bien raison de la faire, de toi à moi
Reviens, on va vivre la main dans la main
C'est écrit sur les murs de la vie
C'est certain c'est écrit je l'oublie
Je l'oublie c'est certain je crie
Reviens, on va vivre la main dans la main
L'aventure avec toi c'est si bien
Amoureux, malheureux, ça n'fait rien
C'est si bien
C'est pourquoi je crie
Reviens, on va vivre la main dans la main
C'est écrit sur les murs de la vie
Amoureux, malheureux, ça n'fait rien, ça n'fait rien
C'est pourquoi je crie
Amoureux, malheureux, ça n'fait rien
La voix de Lord Voldemort finit par se perdre dans les échos de la Grande Salle. Tous les yeux étaient braqués sur Hermione, pour la plupart horrifiés. Il faut dire que, d'une part, c'était la voix de <i>Lord Voldemort</i>, ce qui est déjà terrifiant en soi, et d'autre part, c'était la <i>voix</i> de Lord Voldemort. Et ça, c'était également terrifiant. Quand on fait tout pour devenir Maître du monde, on a tendance à négliger les cours de chant. C'était bien dommage en ce qui le concernait. Rusard avait accouru, persuadé qu'un élève essayait d'égorger Miss Teigne.
De son côté, Dumbledore contemplait la scène avec un large sourire. Il n'avait jamais pensé à cet aspect de la poupoufisation de miss Granger, mais peut-être que finalement, la solution était là... Il se tourna pour faire part de cette idée à McGonagall. La directrice-adjointe avait disparu de sa chaise. Cependant, elle n'était pas bien loin, évanouie dans les bras de Rogue, plus exactement, qui n'avait eu que le temps de la rattraper et essayait de la faire revenir à elle en lui tapotant doucement les joues. Albus Dumbledore eut une vision fugitive du prochain couple qui se formerait à Poudlard, puis chassa cette idée de son esprit aussitôt : il aurait bien le temps de s'occuper de ça plus tard...
Il aida Rogue à soutenir Minerva, puis s'empressa de lui servir un verre d'eau lorsqu'elle daigna enfin reprendre connaissance. Les nerfs de la pauvre femme étaient à vif à cause de toute cette histoire.
Pendant ce temps, Harry revenait lui aussi de sa surprise. Ron était trop terrifié pour que son cerveau enregistre l'aspect surprenant de l'événement, comme beaucoup de ses camarades.
- Non ! Ne touche surtout pas à cette bague ! C'est forcément un piège ! Cria-t-il à Hermione.
- Pourquoi ça, Harry ? Demanda-t-elle innocemment.
- Cette bague est peut-être ensorcelée avec de la magie noire, c'est peut-être un Portoloin, n'y touche pas !
Celle-ci contempla un moment l'objet, puis haussa les épaules et s'en détourna. Dumbledore s'empressa de récupérer l'objet sans le toucher, pour l'examiner à sa guise, puis convoqua une fois de plus Ron, Harry et Hermione dans son bureau. Cette fois, Rogue dut presque porter le professeur McGonagall, manifestement trop secouée par cette dernière péripétie. Et pour une fois, McGonagall ne criait pas après Rogue, mais se cramponnait plutôt à lui comme un ivrogne à sa bouteille. Les autres professeurs ne tardèrent pas à les rejoindre, et firent cercle dans le bureau du directeur.
- Miss Granger, dit-il après un moment de silence et après avoir examiné la bague, il me semble que cet objet est on ne peut plus normal, je crois que je peux vous le rendre sans problème.
Hermione récupéra la bague, mais ne la mit pas à son doigt, au grand soulagement de Harry et Ron.
- Qu'en pensez-vous ? Reprit-il.
- De quoi, Monsieur ? Demanda-t-elle.
- De la déclaration de Lord Voldemort, évidemment !
- Oh, j'ai trouvé ça... mignon et attentionné. Même s'il chante archi-faux, dit Hermione comme si ça n'avait aucune importance.
- Vous songez à y répondre ?
- Peut-être... Après tout, c'est un bon coup. Et puis, il est populaire...
- Populaire... Euh... Connu, certainement, mais je n'irais pas jusqu'à dire « populaire »... précisa Dumbledore.
Hermione n'avait cure de ce genre de détail. Pour elle, seuls les détails pratiques importaient : couleur du string, et lieu de la débauche étaient des préoccupations d'une importance plus capitale. Un string mal coordonné avec le wonderbra et le maquillage était une faute de goût impardonnable.
- A mon avis, il ne faut pas que Miss Granger revoie Vous-Savez-Qui, dit Minerva. S'il a été pris par surprise la première fois, il ne le sera pas la seconde, et cette fois-ci pourrait bien être la dernière. C'est un monstre redoutable, et je serais d'avis qu'il ne faut pas provoquer le Destin deux fois.
- Voyons, Minerva, vous serez d'accord pour dire que Lord Voldemort a pris contact avec miss Granger de façon tout à fait originale, et à mille lieues de son style habituel. Vous conviendrez donc que le sentiment amoureux produit un changement notable sur son comportement... Après tout, si son amour pour Hermione l'amenait à renoncer à tuer Harry et toute personne qui n'est pas de sang sorcier pur, je ne verrais aucun inconvénient à une nouvelle entrevue avec Miss Granger, dit Dumbledore.
Harry regarda son directeur avec des yeux ronds. Qu'il songe un instant à envoyer Hermione dans le lit de Voldemort pour tenter de sauver le monde et lui-même lui paraissait l'idée la plus grotesque du siècle. A ce compte-là, autant se sacrifier tout de suite.
- Mais voyons, Albus, nous ne pouvons pas faire ça ! Ce serait de la folie ! Sans compter que Miss Granger ne serait pas à l'abri de représailles des partisans de Vous-Savez-Qui eux-mêmes !!! reprit McGonagall d'une voix aiguë.
- Peut-être devrions-nous demander l'avis de miss Granger ? Dit Rogue avec beaucoup de bon sens et d'appoint.
N'oublions pas de préciser qu'il risquait une énucléation dans cette affaire, après tout : le bon sens était donc de mise.
- Je pensais à la Chambre des Secrets... dit-elle évasivement.
- La Chambre des Secrets ? Répéta Ron sans comprendre. [NdA : L'auteur décline toute responsabilité si Ron Weasley est toujours à la ramasse, et plus particulièrement dans le WWF.]
- Bah oui, si je ne peux pas aller le voir, c'est à lui de venir, non ? Et la Chambre des Secrets serait l'endroit parfait pour une partie de jambes en l'air avec Voldynouchet, non ? dit Hermione.
Son sens pratique avait quelque chose de terrifiant, parfois. Harry et Rogue manquèrent de s'étouffer au nom de « Voldynouchet », et McGonagall poussa un faible cri horrifié dans son mouchoir.
- Miss Granger, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée... commença Rogue, qui voulait arrondir les angles.
Il est rare de voir Rogue vouloir arrondir les angles. Mais rappelons que nous sommes dans une situation extrême, après tout. Sans compter que présentement, il tapotait affectueusement la main de McGonagall pour la réconforter.
- Pourquoi, à quoi ça sert une chambre d'habitude ? A moins que... vous projetiez de m'y emmener vous-même, n'est-ce pas, professeur ? Dit-elle à Rogue en battant des cils.
- Euh, non, pas vraiment... En fait, Miss Granger, je songeais – et j'espère parler au nom de tous les professeurs ici présents – qu'il serait imprudent d'introduire le Seigneur des Ténèbres dans l'école. Sait-on jamais: Potter, le professeur Dumbledore, une envie soudaine de pouvoir... Il pourrait devenir dangereux...
Les professeurs acquiescèrent à l'unanimité et avec ferveur. Rogue venait d'avoir son heure de gloire au sein de l'équipe pédagogique.
- Que fait-on, alors ? Dit Dumbledore. Nous voilà dans une impasse. Je n'ose envoyer miss Granger hors de l'école, et Madame Rosmerta m'en voudrait de recommander son établissement à Lord Voldemort pour une chambre à l'heure... Il ne faudrait pas que son auberge devienne une maison de passe ! [NdA : c'est clair, transformer L'auberge des Trois Balais en maison close est indécent, mais coller Hermione dans le lit de Voldemort pour des raisons tactiques et bassement terre-à-terre, ça n'est pas un problème majeur en soi du point de vue moral...]
Un silence gêné s'installa.
- Bon, bah dans ce cas-là je le plaque ! Dit Hermione sans état d'âme.
Un concert de soupirs de soulagement se fit entendre. Mais la peur de voir Voldemort débarquer pour faire une scène à Hermione ou massacrer un village entier en représailles traversa les esprits. Hermione comprit les inquiétudes de ses professeurs.
- Non, ne vous inquiétez pas, j'ai une idée. Quelqu'un aurait un parchemin pour écrire la réponse ?
Dumbledore lui fit apparaître tout le matériel nécessaire à la confection d'une lettre, et Hermione écrivit avec application sa lettre de rupture.
<i>« Cher Voldy,
On a passé de bons moments ensemble, et certains souvenirs resteront à tout jamais gravés dans ma mémoire, surtout toi avec les menottes roses, attaché au lit. Mais les choses sont ce qu'elles sont, je te quitte. Avec un peu de regret, c'est vrai, mais je m'en remettrai. D'autres hommes m'appellent, je ne saurai me fixer avec un seul et même pour le moment. De plus, il faut compter que Poudlard est une véritable <g>Oligarchie (2)</g>, et le professeur Dumbledore n'a pu faire entendre raison aux autres professeurs : nous ne nous reverrons donc pas.
Néanmoins, cet été, je passerai bien un petit peu de temps avec toi, dans un endroit reculé du monde, où nous ne serions que tous les deux. Que dis-tu du Tibet ? J'ai toujours rêvé de monter au septième ciel depuis les plus hauts sommets de cette Terre...
Je te laisse t'occuper des détails, je suis sûre que tout sera parfait.
Bisous partout où tu en auras envie,
Hermy la Tigresse.</i>
Hermione cacheta le parchemin avec soin, et Dumbledore lui prêta Fumsek pour envoyer la missive à Lord Voldemort. L'avantage de posséder un phénix pour ce genre de choses, c'est que le phénix est immortel, donc Voldemort ne peut pas le tuer dans un accès de rage ou de désespoir.
- L'affaire est réglée... Mais je suis toute seule maintenant... Professeur Rogue, vous me devez bien une soirée, dit Hermione avec un sourire séducteur.
Rogue rougit violemment, ce qui produisit un contraste effrayant avec son teint blafard. Les autres professeurs lui tapotèrent l'épaule en signe de soutien, et sortirent de la pièce en silence. Dumbledore esquissa un signe de tête : il fallait bien faire quelques sacrifices...
(1) améthyste : pierre précieuse violette, variété de quartz
(2) Oligarchie : régime politique dans lequel la souveraineté appartient à un petit groupe de personnes, à une classe restreinte et privilégiée.
Chapitre 11 : Vertueuse potion de Vertu
Sans l'attentat au chaudron de Drago, Severus Rogue n'aurait jamais connu de soirée si mouvementée. Elle ne l'avait pas laissé en repos plus de sept minutes. Il avait bien cru que sa pression artérielle ne s'en remettrait jamais. Toujours est-il que Hermione Granger avait épinglé le professeur Rogue à son tableau de chasse. Pour le coup, elle avait presque fait carton plein. Désormais, Rogue ne dispensait même plus ses cours. A vrai dire, il ne quittait plus des yeux la potion. Il ne restait plus qu'une semaine, et elle serait fin prête. McGonagall avait été très claire à ce sujet. Elle l'énucléerait elle-même si un nouvel accident venait à se produire. Mais il avait retenu la leçon sans avoir besoin de menaces supplémentaires. Il avait été traumatisé à vie...
Drago Malefoy était désormais magiquement tenu loin des cachots, par mesure de sécurité. Il faut tout de même préciser qu'il avait tenté un nouveau sabotage, mais que sa tentative de rajouter des crottes de Doxys séchées dans la potion pendant que Rogue était assoupi avait été déjouée de justesse, et Drago avait été condamné à manger lesdites crottes de Doxys en guise de quatre heures par un professeur Rogue furieux et pour une fois intransigeant avec un élève de sa Maison.
Une deuxième lettre de Lord Voldemort était arrivée, peu après la réponse d'Hermione. Il était déjà en route, et avait choisi des bonnets péruviens multicolores pour se protéger du froid, en attendant sa venue, précisait-il. Il s'emploierait à leur créer un petit nid en amoureux rien que pour eux deux, avec plein de gadgets épatants et de la lingerie avec de la dentelle. Il espérait bien, dans le même temps, sympathiser avec un autochtone voisin très connu qui devait s'appeler... quelque chose comme Mr Bigfoot, Yéti Bigfoot plus précisément. On ne sait jamais, si un jour ils devaient manquer de pain ou de sucre...
Enfin, un lundi matin à 7H30 précises, un professeur Rogue exténué mais euphorique, aux yeux cernés mais au large sourire, entra en trombe dans la Grande Salle, une fiole à la main.
- Elle est prête ! La potion de Vertu est prête ! S'exclama-t-il en fixant Dumbledore droit dans les yeux.
Celui-ci acquiesça d'un signe de tête, puis le regard de Rogue se posa sur Hermione, ce jour-là en string rouge à petits coeurs noirs perlés. Une sorte de joie féroce émanait de lui, mêlée à ce qui devait être un profond soulagement. Tunnel Mione se douta que c'était pour elle, et se leva pour s'enfuir.
Après tout, peut-être que Rogue voulait se venger des coups de fouet de l'autre soir ? Il avait pourtant eu l'air d'apprécier...
Harry et Ron réagirent sur-le-champ. Il faut dire qu'en plus d'un mois, ils étaient passés professionnels dans l'art-de-se-saisir-d'Hermione-au-vol. Un bizarre combat de catch s'engagea dans la Grande Salle. La pouf en Hermione se défendait bec et ongles... et talons aiguilles.
- Stupéfixez-là !!! s'exclama Ron, qui venait de se prendre un coup de talon aiguille dans la cuisse.
- Mais on ne peut pas ! On risque de vous toucher ! S'exclama Neville, baguette levée.
En même temps, avec Neville, même s'ils avaient été à trois mètres d'Hermione, il y aurait quand même eu un risque...
- A trois on la lâche, et je m'en occupe, d'accord ? Dit Harry en un souffle. Un... Deux... Trois !!!
Ron et Harry lâchèrent Hermione, qui s'enfuit aussitôt en courant, se tordant les chevilles à chaque pas et manquant de tomber plusieurs fois. Harry n'eut que le temps de ramasser sa baguette et de viser, avant qu'elle n'atteigne la porte.
- Stupéfix !
Hermione s'effondra au sol. Son rouge à lèvres noir tenue longue durée n'avait pas survécu au combat.
Rogue se précipita sur elle, et s'agenouilla pour lui déverser la potion dans le gosier, mais Harry l'en empêcha à temps.
- Professeur, il serait plus sage d'emmener Hermione à l'infirmerie, vous ne croyez pas ?
Rogue avait beaucoup plus appris dans cette histoire qu'on n'aurait été tenté de le croire. Pour preuve, il tint compte de la remarque de Harry du premier coup. A trois, ils soulevèrent le corps d'Hermione, et la conduisirent tant bien que mal à l'infirmerie.
- Il faudrait peut-être la ligoter et la ranimer avant de lui faire avaler la potion, sinon, elle risque de s'étouffer, professeur, dit fermement Harry.
Rogue songea que malheureusement, il aurait bien aimé faire abstraction de cette suggestion. Il aurait pu défendre la thèse de l'accident si Hermione était morte étouffée. Mais là, en l'occurrence, son alibi était mis à mal. Il s'exécuta donc.
A peine revenue à elle, Hermione se mit à hurler et à cracher comme une possédée. Aidés de Mme Pomfresh, ils se mirent à trois pour lui faire avaler la potion. Hermione tenta de la recracher plusieurs fois. Il faut dire que la couleur <g>bilirubine (1) </g> du liquide n'avait rien de très engageant. Enfin, ils réussirent à lui faire avaler le contenu de la fiole.
Hermione poussa un cri de dégoût, puis sa tête s'affaissa. Elle était évanouie.
- Qu'avez-vous fait ? Demanda Harry, soudain blême.
Il venait de se rendre compte qu'il avait laissé Rogue administrer une potion à une élève. La plupart du temps, c'était sa menace favorite en cours : la tentative d'empoisonnement. Il venait de mettre ses menaces en pratique, et lui, Harry, avait cautionné ça...
- Du calme, Potter, je n'ai tué personne. Miss Granger va avoir besoin de beaucoup de repos. Je n'ai encore jamais tenté d'empoisonner qui que ce soit, et si je devais le faire, vous seriez en tête de ma liste, rassurez-vous.
Pas très rassuré par cette perspective, Harry n'en resta pas moins intrigué par l'intrusion de Rogue dans son monologue intérieur...
- Potter, si vous fermiez votre esprit, je n'aurais pas besoin de m'efforcer à faire taire vos jérémiades perpétuelles. Vous êtes pire qu'un livre ouvert.
Mme Pomfresh les fit sortir de l'infirmerie. Il fallait qu'elle fasse enfiler un pyjama à Hermione, et elle avait besoin de repos, de toutes façons.
Ils retournèrent à la Grande Salle. Dumbledore vint à leur rencontre.
- Excusez-moi de ne vous avoir pas rejoints, mais Minerva n'était pas en état nerveux de rester seule. Comment va Miss Granger ? A-t-elle bien pris la potion ?
- Comment va-t-elle ? Je veux dire, Minerva n'a rien ? Demanda Rogue, inquiet.
Dumbledore nota cette attention de la part de Severus, ce qui était presque une première le concernant. Il avait rarement des attentions pour ses collègues ou ses élèves, pour ainsi dire jamais.
- Elle va bien, ne vous inquiétez pas. <g>Alors, ça s'est passé comment ?
- Je trouve qu'elle l'a pris... plutôt bien. </g>
Rogue haussa les épaules, et partit rejoindre Minerva, toute pâle à la table des professeurs. Il s'assit à côté d'elle et lui prit la main. Harry eut juste le temps d'entendre quelque chose comme :
- Oh, Severus...
Le professeur Dumbledore lui parla, ce qui détourna son attention. Ils donnèrent les détails que Rogue n'avait pas cru bon de fournir, puis le directeur leur conseilla de ne pas aller en cours, et de prendre eux aussi une journée de repos bien mérité. Après plus d'un mois de vigilance constante, la fatigue se lisait sur leurs traits.
Hermione dut passer plusieurs jours à l'infirmerie. En effet, passer un mois et demi à moitié à poil, nombril à l'air et décolleté ouvert, ça n'est pas une très bonne idée, surtout quand arrive le mois de novembre. Hermione affronta coup sur coup une pneumonie, une gastro-entérite, et une angine. Traitements magiques ou pas, quand on est malade, on est malade...
Sans compter que lorsqu'on couche avec plusieurs partenaires sortis d'on ne sait trop où, on peut craindre quelques désagréments... Hermione s'en tira sans Maladie Sexuellement Transmissible grave, mais avec une infection urinaire et des morpions. Un moindre mal, en somme...
Chapitre 12 : Vraiment, tu ne t'en rappelles pas ?
Hermione fit son apparition dans la Grande Salle le jeudi. A la grande joie de Harry et Ron, elle était redevenue « la bonne vieille Hermione » : bataille perdue contre ses cheveux, uniforme réglementaire, une bonne vingtaine de livres dans son sac de cours, à moins qu'elle ne se promène avec un parpaing, et pas de maquillage.
- Vous m'avez pris les cours au moins ? Demanda-t-elle instantanément.
- Bonjour Hermione, nous aussi ça nous fait plaisir de te voir ! Répondit Ron.
Hermione s'installa à table, sortit son livre de runes, le posa en équilibre précaire contre le pichet de jus de citrouille, et commença à réviser le vocabulaire de runes anciennes [NdA : oui, même qu'elle doit faire entrer dans sa tête une bonne 400aine de mots, comme toi Lylene... au lieu de glander... ça pourrait te rendre service en mars d'apprendre du vocabulaire en Ancien Français... pas vrai ?]. Elle avait dû accumuler un retard monstrueux, elle ne devrait pas traîner à tout rattraper.
- Salut Mione ! Lança Michael Corner à la table en face.
Hermione releva la tête sans comprendre. Michael était un garçon très sympathique, mais pas familier au point de l'appeler par ce sobriquet ridicule...
- Yep, Hermy ! On remet ça quand tu veux, OK ?
Hermione tourna la tête. Dans son dos, Justin Flint-Fletchley venait de l'apostropher. C'était à n'y rien comprendre. Hermy ? Où avait-il pu pêcher un surnom aussi crétin ?
Prise d'un malaise soudain, elle abandonna la révision de son vocabulaire de runes anciennes, et regarda autour d'elle. Neville rougit et prit un air contrit. A la table des Serpentard, Drago Malefoy la regardait avec un pauvre air larmoyant. Absolument pitoyable. Nott lui fit un clin d'oeil coquin et Zabini lui réserva son sourire le plus charmeur.
Houston, je crois qu'on a un problème.
Hermione prit une profonde inspiration et se tourna vers Harry, parce qu'une question pressante lui brûlait les lèvres.
- Laisse tomber, Hermione, ça serait trop long à t'expliquer, répondit Harry, devinant la question.
Devant son air sombre, elle ne répondit pas, mais les yeux baissés de gêne de Ron ne l'aidèrent pas à se rassurer.
Les hiboux firent leur entrée dans la Grande Salle, et Harry et Ron lancèrent presque le livre de runes d'Hermione : il fallait qu'elle quitte la table en leur tournant le dos pour ramasser les lettres avant elle.
- Non mais qu'est-ce qui vous prend ? Ça ne va pas de jeter mon livre ? Vous allez l'abîmer, espèces de Vandales !
Hermione se leva, et s'accroupit pour ramasser le livre. Trois hiboux étaient déjà posés. Harry et Ron leur arrachèrent les missives plus qu'ils ne les détachèrent. Pour le reste, ils firent de grands moulinets de bras en criant aux oiseaux qu'il n'y avait pas de destinataire à cette adresse. Hermione les regarda comme s'ils étaient fous.
- Ce courrier m'est adressé ? Demanda-t-elle avec suspicion.
- Non, non, c'est une erreur ! Dit Ron.
Et pour être sûr qu'Hermione n'essaierait pas de lui arracher la lettre des mains, il la mangea. Harry se contenta de brûler les papiers compromettants.
La matinée fut encore surréaliste. Des types à qui elle n'avait jamais parlé faisaient exprès de se coller à elle dans les couloirs pour lui mettre la main aux fesses. Elle avait beau se retourner pour les gifler, elle avait l'impression que tout Poudlard s'était donné le mot.
- Alors, Bonasse, on joue les timides aujourd'hui ? Ça t'excite, pas vrai ? Lui glissa à l'oreille un goujat qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam.
- Va voir ailleurs, crétin ! Lança Harry en s'interposant.
Heureusement, le type n'insista pas, pensant sûrement que Harry était le copain du jour de ladite bonasse.
- Harry, tu peux m'expliquer, oui ou non ? Demanda Hermione, une pointe d'angoisse dans la voix.
- Sérieusement, Hermione, je ne préfère pas, répondit-il, laconiquement.
La fin de la journée fut encore pire. Elle s'était fait traiter de pouf, de Tunnel, de Grosse Ch... Dean et Seamus la regardaient avec contrition, Neville était venu lui présenter des excuses bafouillées, sans queue ni tête... Et Drago Malefoy lui avait fait une scène dans les couloirs, en parlant de « souviens-toi c'était le grand jour, le grand pas vers le grand amour », en se traînant à ses pieds. Ça a peut-être l'air cocasse dit comme ça, mais Hermione ne trouvait rien de drôle à cette situation. Elle n'avait strictement aucune idée de ce qui avait pu se passer ces derniers jours. Elle s'était couchée dans son lit un soir, et réveillée dans un des lits de l'infirmerie un matin, c'était tout. Le calendrier lui apprit qu'elle avait dû jouer la Belle au Bois Dormant pendant près d'un mois et demi, environ. Qu'avait-il bien pu se passer ?
Harry et Ron étaient muets comme des tombes sur ce qu'elle avait bien pu dire ou faire... et ne semblaient vraiment pas enclins à vouloir en parler.
Son malaise fut à son apogée le soir même, au moment de se coucher, lorsque plusieurs indices s'étalèrent devant ses yeux : dans son agenda, des dizaines de noms de garçons noircissaient les pages, avec des notes attribuées à chacun, selon un barème très précis, comprenant, entre autres, la manière d'embrasser, la longueur de la... baguette magique, ou encore l'habileté à dégrafer un soutien-gorge. Dans sa table de chevet, plusieurs lettres d'amour... dont deux signées Lord Voldemort.
Il avait dû se passer quelque chose de grave. Qu'avait-elle bien pu faire pour recevoir du courrier de Lord Voldemort ? La nécessité des circonstances était telle que le savoir ne suffisait plus à soulager la soif de vérité qui habitait sa conscience coupable et pourtant encline à espérer. [NdA : Cette phrase tordue est de Verowyn, je précise !]
Elle se tourna alors vers les seules personnes qui accepteraient de lui dire la vérité. Et qui gloussaient en ce moment même. Lavande et Parvati.
- Lavande ? Parvati ?
- Oui ? Dirent-elles en choeur.
- Pour être honnête, je n'ai strictement aucune idée de ce qui s'est passé pendant le mois et demi qui vient de s'écouler... vous pourriez éclairer ma lanterne ?
Elle vit tout de suite, dans le regard de jubilation des deux filles, qu'elle n'allait pas aimer ce qu'elle entendrait. Et pour le coup elle avait vu juste.
Lavande et Parvati lui firent un récit détaillé et exhaustif de TOUT ce que Hermione avait pu dire ou faire ces derniers temps. Ce n'était pas bien difficile : Hermione avait tellement commenté ses propres aventures amoureuses qu'elles n'avaient même pas besoin d'enjoliver. Enfin, tard dans la nuit, elles firent leur récit, et se couchèrent, pleurant de rire.
Hermione, quant à elle, n'en dormit pas de la nuit, et en fut malade.
Le lendemain, Harry et Ron se dirent qu'il valait peut-être mieux attendre Hermione au bas des escaliers, dans la Salle Commune. Sait-on jamais, la potion avait peut-être échoué, il fallait peut-être tout recommencer à zéro... et puis, mieux valait ne pas laisser Hermione seule: parmi la foule de ses ex, certains n'avaient pas le cerveau assez développé pour comprendre qu'Hermione aurait sûrement besoin de calme, désormais...
Hermione ne parut pas. Ils envoyèrent Ginny en reconnaissance, qui ne tarda pas à redescendre : Hermione ne voulait pas bouger de son lit. Parvati et Lavande lui avaient tout raconté, elle mourait de honte et il était hors de question qu'elle se montre en public. Plus jamais. Elle chercherait cette nuit à la bibliothèque (si tu lui prêtes ta cape, s'il te plaît Harry, par pitié) quels sont les endroits les plus isolés sur Terre pour se cacher. Au pire, un couvent moldu ferait l'affaire. Jamais elle ne s'était sentie aussi mal de toute son existence, ce qui, somme toute, était bien compréhensible.
Ron et Harry n'insistèrent pas, et descendirent dans la Grande Salle. Le professeur Dumbledore avisa tout de suite qu'Hermione n'était pas là, et les convoqua dans son bureau après le petit-déjeuner.
- Hermione va avoir besoin de vous pour surmonter cette épreuve. Encore une fois, je compte sur vous.
- Oui, monsieur. Ne vous inquiétez pas, répondit Harry.
Le week-end passa, et Hermione n'avait toujours pas reparu. D'après Ginny, elle s'était retranchée dans son lit à baldaquins et ne bougeait pas de la journée, rideaux tirés, sans parler. Pour parer à toute tentative de suicide par grève de la faim, Harry et Ron insistèrent pour que Ginny lui apporte à manger.
Enfin, le lundi matin arriva, et Hermione n'avait toujours pas donné signe de vie. Harry se mit en colère au bas des escaliers du dortoir des filles.
- HERMIONE, ÇA SUFFIT, TU DESCENDS TOUT DE SUITE OÙ JE VIENS TE CHERCHER AVEC MON BALAI ET JE TE RAMÈNE PAR LA PEAU DES FESSES ! Hurla-t-il.
Il pensa vaguement sur le coup qu'il n'aurait peut-être pas dû employer le mot fesses, un peu mal venu pour Hermione, ces temps-ci. Quelques minutes après, à sa grande surprise, Hermione fit son apparition. En peignoir, le visage mangé par les larmes, les cheveux plus emmêlés que jamais, elle alla directement se rouler en boule dans un des fauteuils défoncés, près de la cheminée, sans leur accorder un regard.
Harry comprit une partie du problème. Parfois, il faisait preuve d'intuition, ce qui se révélait salutaire. Il s'approcha d'elle et lui toucha l'épaule. Hermione ne bougea pas.
- Hé, ça va ? Murmura-t-il.
Hermione renifla.
- Je viens de passer un mois et demi dans la peau d'une pouf USB, je n'ai aucun souvenir de ce que j'ai pu dire ou faire, mais les gens se font un plaisir de s'en rappeler pour moi. A peu près tout Poudlard m'est passé dessus, ce qui fait de moi la plus jeune et la plus demandée des poufs de Poudlard à travers les âges, sans compter que j'ai entre autres couché avec Rogue et Lord Voldemort. J'ai manqué près d'un mois et demi de cours, je vais rater mes ASPIC en beauté, mais à part ça, Harry, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
Sentant poindre les larmes d'Hermione, Harry lui tendit un mouchoir. Hermione eut un pauvre sourire, puis se moucha bruyamment.
- Tu ne peux pas t'imaginer comme j'ai honte.
- Oh si, j'en ai une petite idée, tu sais... Tu te rappelles, Rita Skeeter ? L'adolescent perturbé, dangereux, à qui tu as soi-disant brisé le coeur ? Dis-toi que <i>La Gazette du Sorcier</i> est lu par une écrasante majorité de la communauté sorcière, et tout le monde a pu lire ces horreurs sur moi, et ça a duré un an...
Hermione renifla, et tordit nerveusement les manches de son peignoir. Harry avait raison, il fallait qu'elle passe outre les quolibets. Ils finiraient bien par cesser tôt ou tard...
- Il n'y a pas que ça... j'ai honte par rapport à vous... Je suis désolée, Harry, pour toi, pour Ginny, pour Ron...
Une tempête de larmes vint interrompre son discours. Hermione se jeta dans les bras de Harry, et pleura sur son épaule toute la misère du monde.
Harry regarda Ron, un peu paniqué : décidément, les filles faisaient exprès de lui pleurer dessus... Il eut cependant la présence d'esprit de l'étreindre, et de la consoler. Ron s'approcha à son tour, et posa la main sur son épaule. Hermione changea de bras, et vint se réfugier contre Ron, qui ne recula pas pour fuir. [NdA : Oui, je sais, beurk... mais c'est en toute amitié...]
Quant enfin Hermione se calma, Harry put lui expliquer certaines choses que Lavande et Parvati avaient dû omettre.
- Tu sais, Hermione, c'était un accident. Et c'est de la faute de Rogue, pas la tienne, si tout ça est arrivé. Et puis, si c'est ça qui te préoccupe, ni Ron ni moi n'avons profité de la situation. On te le promet.
- C'est vrai Hermione, on n'aurait jamais fait ça ! On te respecte trop ! Ajouta Ron.
Harry et lui échangèrent un regard, et Harry sourit. [NdA : Oui, Harry, ton meilleur ami est un hypocrite, et il l'assume !!!] Cette simple phrase fit beaucoup de bien à Hermione : savoir que ses amis avaient été là pour l'aider, et ne l'avait jamais laissée tomber malgré tout, c'était un soulagement qui n'avait pas de prix. Elle sécha ses larmes et prit son courage à deux mains. Il était temps d'affronter la vérité en face. Quelques semaines de bassesses, et tout finirait par se tasser. Heureusement, les gens oublient vite...
- Vous m'attendez encore un peu, je vais m'habiller et on descend pour le petit-déjeuner ? Demanda-t-elle.
- Pas de problème, Hermione, répondit Harry.
La semaine fut rude pour Hermione. Mais avec de vrais amis, on peut affronter toutes les situations, même les pires. Lasse de toujours répéter qu'elle n'était plus une pouf, qu'elle était guérie, qu'elle avait juste été victime d'un empoisonnement, Hermione finit par écrire une lettre à chaque élève et à chaque professeur de Poudlard (grâce à la magie, on pouvait reproduire à l'infini les lettres, ce qui s'avéra bien utile...), en précisant bien qu'elle s'excusait de tout ce qu'elle avait pu dire ou faire, et que désormais il serait bien d'arrêter de l'appeler Mione ou Hermy. Comme tout le monde avait pu le remarquer, elle s'était vestimentairement dépoupoufisée, et cela valait aussi pour son esprit. Les avances paillardes et grivoises n'étaient plus à l'ordre du jour, et elle remerciait d'avance les élèves pour le respect et l'indulgence dont ils ne manqueraient pas de faire preuve à son égard à l'avenir.
Si la plupart de ses condisciples de Poudlard enregistrèrent le message du premier coup, il faut toujours qu'il y ait au moins un irréductible, sans qui la vie serait trop calme et trop tranquille.
Drago Malefoy était tombé amoureux d'Hermy-Pouf, et, après avoir reçu une gifle monumentale pour manque de respect, il s'était mis à harceler Luna Lovegood, dans l'espoir de lui voler une Prune Dirigeable. Il voulait tenter de fabriquer une potion de Poupoufisation, qui rendrait à Hermione son état de pouf USB.
Son entreprise réussit. Malheureusement Drago Malefoy, élève blond de son état, oublia les propriétés explosives de la potion, et l'arroseur fut copieusement arrosé... c'est ainsi que Drago Malefoy se transforma en BBDS (Bad Boy Dieu du Sexe).
Mais ceci est une autre histoire... très courte heureusement, donc pas besoin d'une fic entière pour la raconter [NdA : j'anticipe les éventuelles requêtes] : Rogue avait fabriqué des litres et des litres de Potion de Vertu, au cas où...
(1) bilirubine : pigment jaune-rougeâtre, présent dans l'urine, et la bile notamment, dont l'accumulation anormale dans le sang et les tissus détermine un ictère (ou " jaunisse "), qui peut relever de causes très diverses. ce pigment provient de la dégradation de l'hémoglobine.
Chapitre 13 : épilogue
L'année fut longue, difficile, studieuse. Hermione mit les bouchées doubles pour rattraper tout son retard. Harry, Ron et Hermione occupèrent leur temps libre à la chasse au Horcruxes, si bien qu'à la fin du mois de juin, les ASPIC passés, ils étaient presque en vacances : il ne leur « restait plus qu'à trouver Lord Voldemort et le tuer. » Une tâche mineure, en somme.
Curieusement, Lord Voldemort n'avait pas donné signe de vie depuis des mois, et ses Mangemorts avaient fini par se disperser. A défaut d'être tous punis par la Justice Magique, ils avaient abandonné la partie, ou étaient partis à la recherche de leur Maître aux quatre coins du Monde. Certains étaient partis du côté de l'Amazonie, pensant qu'un Fourchelang aussi expert que le Seigneur des Ténèbres aurait pu trouver refuge au pays des anacondas... D'autres tentèrent les déserts d'Afrique, d'Asie Centrale... Mais personne n'entendit plus parler de Lord Voldemort.
Il fallait pourtant finir le travail commencé. Lord Voldemort avait eu la gentillesse de se tenir tranquille le temps que Harry détruise ses Horcruxes, il était grand temps qu'il fasse son come back pour une dernière entrée en scène avant le tomber de rideau final.
Mais pas plus que les Mangemorts, Harry ne savait où pouvait bien se trouver le Seigneur des Ténèbres. Sa cicatrice ne lui faisait plus mal depuis des mois. Il espérait juste que Lord Voldemort n'avait pas eu l'idée de créer d'autres Horcruxes : il n'avait pas envie de passer sa vie à dévéroler le monde des morceaux parasites de l'âme de Voldemort...
La réponse à ses interrogations fut apportée par Hermione, tout à fait par hasard. Le dernier jour à Poudlard était enfin arrivé. Ils avaient fait leurs dernières valises. Dernier tour de dortoir, dernière verification de chaussettes sous le lit... Hermione vida ses tiroirs de bureau, de table de chevet. Elle retomba sur toutes les lettres que les garçons de Poudlard avaient envoyées à Hermy-Pouf. Avec peut-être une pointe d'amertume, elle sourit, puis jeta le tout à la poubelle, s'étonnant d'ailleurs d'avoir gardé ces cochonneries autant de temps.
C'est alors qu'elle tomba sur deux lettres, dont une rouge, tout au fond du tiroir. Les lettres de Lord Voldemort.
Et la lumière fut.
Hermione courut directement dans le dortoir des garçons, lettre à la main.
- Les garçons, regardez ce que j'ai trouvé ! S'exclama-t-elle en entrant en coup de vent.
La tête de Ron était sous son lit, et ses fesses en l'air. Il devait ramasser des choses qui traînaient là depuis des années, peut-être. En entendant la voix d'Hermione, il se releva brusquement, et oublia qu'il avait la tête sous un meuble. Il produisit un son creux en se cognant. Harry, quant à lui, était monté dans sa malle, espérant ainsi en tasser le contenu pour tout faire rentrer. Il descendit bien vite de là en apercevant Hermione, qui le regarda d'un air affligé et pointa sa baguette sur sa malle.
- Failamalle ! Dit-elle négligemment.
Aussitôt, les affaires de Harry s'agencèrent d'elles-mêmes parfaitement, si bien que la malle n'était pleine qu'aux trois-quarts, au final.
- Merci, Hermione ! Dit Harry.
Ron émergea de dessous le lit, en se tenant la tête.
- On peut savoir ce que tu fais dans le dortoir des garçons ? Dit-il d'un ton bourru.
- Regardez plutôt !
- Les lettres de Voldemort ! Mince alors, je les avais oubliées, celles-là ! S'exclama Ron.
Ils restèrent un instant à contempler la lettre rouge, sans l'ouvrir : ils en connaissaient très bien le contenu, et n'avaient pas franchement envie d'entendre de nouveau la voix de Lord Voldemort, pour tout dire. De toutes façons, cette lettre ne contenait aucune information-clé. Mais elle était tout de même d'une importance capitale.
- Harry, est-ce que tu te rappelles si j'ai répondu à cette lettre, ou non ? Demanda Hermione.
- Oui, je crois bien... Attends, ça y est, je me rappelle ! Tu as écrit à Voldemort que tu voulais le retrouver au Tibet, je crois... Que t'avait-il répondu ?
Hermione ouvrit la deuxième lettre, et la parcourut des yeux.
- Il doit être là-bas, je pense. Au pays du Yéti...
- Si seulement on y avait pensé plus tôt... dit Harry.
- Non, au contraire, c'est parfait : j'avais dit que je viendrais pour les vacances d'été, non ? Je serai donc à l'heure au rendez-vous. À ceci près que je serai accompagnée...
Hermione eut un sourire rayonnant, qui inquiéta légèrement Harry : avait-elle un soudain souvenir de son aventure avec Lord Voldemort ?
- C'est parfait. Vraiment parfait. Terminer ses études par un voyage autour du monde, c'est vraiment la quintessence de l'éducation... En revenant, nous pourrions même rendre visite aux chamans de Sibérie, qu'en pensez-vous ? Au pourrait même passer visiter Beauxbâtons et Durmstrang... J'avais promis à Viktor que je reviendrais le voir un jour...
Son regard se perdit quelque part entre l'Ecosse et la Bulgarie, ce qui l'empêcha de voir la superbe couleur grenat qui était apparue sur le visage de Ron. Puis elle s'en alla sans plus d'explication. Harry se fit la réflexion qu'elle venait d'avoir une réaction typique de Luna Lovegood. À mille lieues du comportement Hermionesque classique, donc.
Ils mirent quelques jours à préparer leur voyage. Il fallait quand même prendre un minimum de dispositions. Il ne s'agissait pas d'aller au Tibet, de frapper à la porte de la demeure de Voldemort, et de le tuer quand il ouvrirait. Il fallait mettre au point un plan, fignoler un peu les détails... Ces vacances ne seraient pas tout à fait de vraies vacances, du moins au début...
La vieille du départ, une nouvelle éclata dans le monde sorcier avec la force d'une bombe, faisant la Une de tous les journaux, passant en boucle sur toutes les ondes radios. Harry, Ron et Hermione l'apprirent grâce à un flash spécial de la RITM (Radio Indépendante à Transmission Magique). Ils eurent un peu de mal à comprendre et à assimiler la nouvelle, tant la voix du journaliste à la radio trahissait son excitement et sa joie. Il parlait très vite, d'une voix hâchée.
- Flash spécial : une expédition menée par le père de Luna Lovegood, au Tibet, qui avait pour objectif initial de faire une interview exclusive du Yéti, a pris un tournant inattendu lorsque les membres de l'expédition ont voulu se mettre à l'abri d'une tempête en cherchant refuge chez un habitant, dans un chalet. Personne n'ayant daigné répondre, et la tempête se faisant chaque seconde plus menaçante, les membres de l'expédition ont alors pris le parti d'entrer de force, et c'est là qu'ils ont découvert... <g>la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu'à aujourd'hui, la plus brillante, la plus digne d'envie : enfin une chose dont on ne trouve qu'un exemple dans les siècles passés, encore cet exemple n'est-il pas juste; une chose qu'on ne peut pas croire </g>[en Grande-Bretagne] <g>(comment la pourrait-on croire </g>[dans le reste du monde]<g> ?); une chose qui fait crier miséricorde à tout le monde; une chose qui comble de joie</g> [l'humanité]<g>; une chose enfin qui </g>[a été découverte un] <g>dimanche, où ceux qui </g>[l'ont vue ont cru] <g>avoir la berlue; une chose qui </g>[a été découverte un]<g> dimanche, et qui ne sera peut-être pas</g> [découverte]<g> lundi. Je ne puis me résoudre à la dire; devinez-là : je vous la donne en trois. Jetez-vous votre langue aux chiens ? Eh bien ! Il faut donc vous la dire : </g>l'expédition a retrouvé un homme mort, <g>devinez qui ? Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix; je vous le donne en cent. </g>Vous êtes là à dire : <g>Voilà qui est bien difficile à deviner;</g>
- C'est Rita Skeeter, proposa Mrs Weasley.
- <g> Point du tout, Madame, </g>répondit la voix à la radio, comme si la réponse de Mrs Weasley lui était parvenue aux oreilles.
- <g>C'est donc </g>un membre du Ministère ? Proposa Hermione.
- <g>Point du tout, vous êtes bien provinciale.
- Vraiment nous sommes bien bêtes, dites-vous, c'est </g>un membre de l'équipe nationale de Quidditch ? Demanda Ron.
- <g>Encore moins.
- <g>C'est assurément</g> le Yéti lui-même, dit Harry au hasard.
- <g>Vous n'y êtes pas. Il faut donc à la fin vous le dire : </g>l'expédition a retrouvé un homme mort, un homme que l'on aurait jamais soupçonné vivre au Tibet, si seul, si reculé, pensez-vous ! Un homme que tout le monde connaît, un homme que tout le monde redoute ! Mais cependant, oui, bien un homme, puisqu'il est mort, et bien mort, au bout du compte ! Allons, vous savez bien de qui je veux parler ! Vous-Savez-Qui ! Lui-même, en personne, Vous-Savez-Qui ! <g>Ma foi ! Ma foi jurée ! </g>Vous-Savez-Qui ! Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, le Seigneur des Ténèbres ! Vous-Savez-Qui, que l'on croyait ici même, Vous-Savez-Qui, qu'on croyait immortel ! <g>Voilà un beau sujet de discourir. Si vous criez, si vous êtes hors de vous-même, si vous dites que nous avons menti, que cela est faux, qu'on se moque de vous, que voilà une belle raillerie, que cela est bien fade à imaginer; si enfin vous nous dites des injures : nous trouverons que vous avez raison ; nous en avons fait autant que vous. (1)</g>
La suite du flash info fut perdue dans une explosion de joie, et une mêlée d'embrassades confuses. Ça y est, le cauchemar avait enfin pris fin. Harry était enfin libre de mener sa vie comme il l'entendait. Il allait enfin être heureux. Mais il fallait qu'il voie. Il devait être sûr. C'était presque trop beau pour être vrai. Et d'abord, comment Lord Voldemort était-il mort ? Personne n'avait rien précisé à ce sujet...
La réponse parvint peu après, dans un article du <i>Chicaneur</i>, accompagné d'une photo. C'était bien le corps de Lord Voldemort, sans nez, grand, décharné, terrible. L'article précisait cependant qu'on avait trouvé quelque chose de très bizarre gravé sur son torse : « Hermione Forever » apparemment cousu avec de la <g>ficelle (2).
FIN</g>
(1) <i>Lettres</i>, de Mme de Sévigné. [NdA : c'était juste pour me faire culpabiliser et vous en remettre une couche bien épaisse avant de vous abandonner... Mais allez, je ne vous hais point.]
(2) Désolée, mais il fallait bien que je recase ce mot... enfin bon, au passage, je vous rappelle quand même que Ugolin, dans Manon des Sources, ramasse et se coud un ruban de Manon à la poitrine, par amour... Quoi, un Voldy sado-maso, c'est pas crédible ???
Enfin bref, beaucoup de boulot, donc besoin d'écrire des conneries pour me défouler, n'allez pas chercher plus loin (ou : comment assumer les atrocités qu'on peut pondre...).
Je colle tout d'une traite, en plus...
La poupoufisation d'Hermione Granger
Résumé : Un accident en cours de potions... et la plus studieuse des élèves de Poudlard se transforme en Pouf USB. Voici donc les pathétiques aventures d'une Hermione poupoufisée.
Pas de spoiler du tome 7.
« Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables [une pouf] dans toute la vérité de la nature; et [cette pouf], ça sera [Hermione]. » (citation « légèrement » modifiée du Préambule des <i>Confessions</i> de Jean-Jacques Rousseau)
Bon, en fait, les Hermy-pouf sur internet, c'est fréquent. Mais j'avais envie de vous tartiner un peu de Jean-Jacques, parce que je suis censée bosser.
Avertissement au lecteur :
Depuis le temps que je dis que j'écrirai ça un jour... Il faut que je le fasse quand je suis débordée de travail !
Oui, au lieu de bosser sur ma GMF (Grammaire Méthodique du Français), je glandouille sur mon ordi à écrire la Poupoufisation. Oui, j'ai honte. Oui, ce n'est pas bien. Oui, vous avez raison de me culpabiliser. Mais zut, euh. C'est toujours quand j'ai le plus de travail que je ressens le besoin de m'échapper et que mon imagination tordue décide de s'exprimer...
Bref, ça vole haut, vous verrez.
Vu le titre hautement intellectuel, vous vous imaginez bien ce qui va se passer. Donc je n'ai pas besoin de lemons détaillés pour être comprise. Ce qui m'arrange bien, parce que je vise un public relativement large, d'où le faible rating. Oui, il a y avoir des parties de jambes en l'air, mais si vous étiez venu(e) parce que la parabole est en panne, vous pouvez passer votre chemin...
Bref, maintenant que vous êtes ici et que vous venez de découvrir que zut, c'est pas un Lemon Hard mal classé, vous avez envie de passer votre chemin. Encore une fic pourrie, et même pas cochonne, en plus ! Quelle perte de temps !
(Et ce qui devait être une petite note d'auteur va se transformer en chapitre d'avertissement au lecteur...)
Vous croyez vraiment que je m'amuserais à ce genre de choses de façon gratuite ? Mais non, allons ! Pour moi aussi il faut qu'il y ait un intérêt !
Le but du jeu, dans cette fic, sera de replacer des mots, des expressions et des phrases que mes bourreaux euh... mes amis, m'ont imposé. Etant donné que tous ne sont pas étudiants en Lettres, je me retrouve avec du vocabulaire assez spécifique que je ne maîtrise pas forcément... A moi de me dépatouiller avec ça. Voyez le bon côté des choses : vous allez lire une histoire d'Hermy-Pouf (j'ajouterai même Pink-Dark-Pouf...), tout en améliorant votre vocabulaire !
Pour ce qui est des mots imposés : Merci à Véro (Verowyn), Pauline (Orchid), Géraud (Ehtur), Lena (Azenor) Kévin, Aurélie, Mike et Julien pour leurs abominations à replacer ! Ils ont été tellement sadiques que j'ai dû aller chercher certaines définitions dans le dictionnaire... Bon, je vous en fais profiter, au passage.
- Oligarchie : régime politique dans lequel la souveraineté appartient à un petit groupe de personnes, à une classe restreinte et privilégiée.
- Egotisme : disposition à parler de soi, à faire des analyses détaillées de sa personnalité physique et morale.
- Onanisme : cherchez vous-mêmes dans le dico.
- baiser(s) colombin(s) : baisers approfondis
- apostasie : renonciation aux v½ux, reniement
- idiosyncrasie : disposition personnelle particulière, généralement innée, à réagir à l'action des agents extérieurs.
- Macrocéphalie : augmentation pathologique du volume de la tête
- Engastrimythe : qui parle avec des organes autres que vocaux (ex : ventriloque).
- améthyste : pierre précieuse violette, variété de quartz
- baleine à bosse
- cuniculiculture : élevage de lapins domestiques (à quoi pensiez-vous ???)
- god michet
- « relâcher la pression »
- kama sûtra sorcier
- voiture tuning
- lesbienne
- un iceberg
- porphyre : variété d'andésite, roche volcanique rouge foncé, compacte, mêlée de cristaux blancs
- agranulocytose : disparition ou diminution importante du nombre des globules blancs polynucléaires du sang due le plus souvent soit à une intoxication ou allergie médicamenteuse, soit aux radiations ionisantes.
- Acromégalie : affection caractérisée par une hypertrophie non congénitale des extrémités et de la tête.
- Hémoglobine : substance protéique contenue dans les globules rouges du sang, et qui renferme du fer.
- Poteau rose/barre de Strip-tease
- bilirubine : pigment jaune-rougeâtre, présent dans l'urine, et la bile notamment, dont l'accumulation anormale dans le sang et les tissus détermine un ictère (ou " jaunisse "), qui peut relever de causes très diverses. ce pigment provient de la dégradation de l'hémoglobine.
2/ Phrases imposées
- « la nécessité des circonstances était telle que le savoir ne suffisait plus à soulager la soif de vérité qui habitait sa conscience coupable et pourtant encline à espérer. »
- « alors, ça s'est passé comment ? – je trouve qu'elle l'a pris... plutôt bien. »
Dernière remarque : Hermione est majeure chez les sorciers, donc l'histoire se passe en septième année, mais je pense qu'il ne faut pas tenir compte des tomes 6 et 7, parce que sinon c'est mission impossible... La seule chose que je reprends du tome 6 qui va me servir, c'est que Harry et Ginny sont ensemble.
Bon, maintenant que ces menus détails liminaires sont fixés, je vous laisse à la lecture de la <i>Poupoufisation</i>.
Note d'auteur : Je dédie cette fic à toutes les poufs que j'ai pu croiser dans ma vie, et que j'ai appris à plaindre, malgré tout, avec BEAUCOUP de recul.
- Joyeux anniversaire, Joyeux anniversaire, Joyeuse AAAAAAnnivsersaaaaaaaaaaiiiiiire Hermione, Joyeux AAAAAAAAAnniversaaaaaaaaaaaaaaiiiiiiiiiiire !
Une jeune femme aux cheveux ébouriffés se pencha sur le gâteau devant elle et souffla les dix-huit bougies qui dégoulinaient sur le sucre glace tandis qu'une assemblée de jeunes gens autour d'elle applaudissaient à tout rompre. Hermione Granger rayonnait de bonheur dans la Salle Commune des Gryffondor, où son amie Ginny lui avait fait une surprise d'anniversaire.
La rentrée avait eu lieu près de trois semaines auparavant, et Harry, Ron et Hermione attaquaient leur dernière année à l'école de Sorcellerie de Poudlard. Ce dimanche matin était froid mais beau, et le gâteau d'anniversaire, que Dobby avait confectionné lui-même, était un petit-déjeuner tout à fait satisfaisant, même pour Ron.
- Allez Hermione, arrête de faire le service, ouvre tes paquets maintenant ! Dit Ginny.
- Tu penses vraiment que je vais laisser Ron sans rien à manger ? Il risque de tomber d'inanition, le pauvre !
La pointe des oreilles de Ronald Weasley rougit, mais il ne songea nullement à démentir, d'autant plus que son estomac gargouillait allègrement. L'entrée de la Salle Commune s'effaça, et découvrit le visage lunaire et jovial de Neville Londubat.
- Bonjour vous tous ! C'est l'anniversaire de qui ?
- D'Hermione ! C'est qu'elle commence à se faire vieille maintenant ! On a cru qu'elle n'aurait jamais assez de souffle pour éteindre toutes ses bougies !
Hermione gratifia Ron d'un regard noir, et tendit l'assiette qu'elle lui avait préparée à Neville, à qui elle fit son plus beau sourire.
- Tu veux du gâteau Neville ? Ron n'a pas tellement faim, il peut bien attendre un peu.
- Volontiers ! Merci !
Neville se saisit de l'assiette et plongea sa petite cuillère dans la part de gâteau avec un enthousiasme proche de l'indécence. Ron croisa les bras en signe de dépit, mais Hermione continua son service en l'ignorant superbement.
La matinée se déroula sans autre incident majeur, et le petit groupe profita un peu du parc pour s'ébattre à l'air libre. Un peu d'oxygène ne pouvait qu'améliorer les performances cognitives dont ils auraient besoin pour l'après-midi. Rogue leur avait concocté un programme de préparation aux ASPIC démoniaque : tous les lundis, interrogation de potions. Jusque-là, rien de bien méchant, à ceci près que les élèves tiraient au sort une potion vue dans les programmes des années précédentes, et qu'ils devaient la préparer sans manuel. Ce qui signifiait qu'il leur faudrait apprendre par coeur chaque protocole de chaque potion étudiée depuis la première année. Ron et Harry comptaient évidemment sur l'exceptionnelle capacité d'apprentissage et de mémorisation d'Hermione pour leur venir en aide. Hermione, quant à elle, avait constitué un classeur de feuilles Bristol avec toutes les potions répertoriées, classées par niveau de difficulté et ordre alphabétique, qu'elle revoyait fréquemment. Il n'était pas rare de la voir plonger dans son sac à tout moment du jour ou de la nuit, pour vérifier des détails d'importance, comme le nombre de graines de tournesol dans une Potion de Joie, où la température de chaudron à l'étape six de la préparation d'une potion de Goutte du Mort Vivant.
Si ce n'était la masse de travail monstrueuse qui écrasait les élèves de septième année, on pouvait dire raisonnablement que nos trois héros avaient retrouvé avec bonheur la routine scolaire de ces six dernières années. Rogue était toujours égal à lui-même et injuste avec les Gryffondor, MacGonagall était toujours aussi sévère et perfectionniste, Flitwitck était toujours aussi gentil et compréhensif... Bref, rien de bien nouveau au sein de Poudlard et du WWF (Wonderful World of Fanfiction (0)), si ce n'est que Neville prenait le thé avec le Professeur Chourave le samedi après-midi, et qu'ils en profitaient pour parler boutures et rempotages.
Le dimanche après-midi fut studieux et calme. Hermione avait prêté son petit classeur de potions à Harry pour qu'il lui fasse réciter, Ron s'était mis à ronfler sur un devoir de Métamorphoses qu'Hermione avait terminé la semaine précédente, mais qu'elle finirait par lui faire, et Ginny s'entraînait pour le prochain TP d'enchantements.
Nous avons oublié de préciser, dans cette histoire, que le calme exceptionnel qui régnait dans la Salle Commune des Gryffondor n'était pas dû à une soudaine passion pour les études de l'ensemble des élèves de Gryffondor, mais que Hermione Granger avait été nommée Préfète-en-Chef de l'école, et qu'elle avait ensorcelé la Salle Commune de façon à ce que les élèves qui dépassait un certain seuil sonore soient automatiquement punis. Beaucoup avaient décrié cette mesure au début de son application, mais les protestations s'étaient vite tues, en partie parce que, trop bruyants dans leurs plaintes, les élèves s'étaient retrouvés collés. Petit à petit, ce calme avait commencé à être apprécié de tous, et une autorisation à aller se défouler dehors permettait d'aller crier dans le parc en toute impunité, et ce jusqu'à 21h.
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes poudlardiens fictionnels possibles, jusqu'à cette fameuse interrogation du lundi matin, 8h.
- Miss Granger, à votre tour, dit Rogue d'une voix froide.
(Il est presque stupide de préciser que Rogue s'exprimait d'une voix froide. Jamais auteur de fanfiction n'écrirait que Rogue exhortait chaleureusement un Gryffondor...) Hermione plongea la main dans le Choixpotion, et en retira un petit parchemin, qu'elle ouvrit précautionneusement. Déchiffrant l'écriture patachonne de Rogue, elle lut :
- Potion de Désir.
- Parfait, murmura Rogue, presque irrité. Au moins, avec une potion aussi facile que celle-là, vous pourrez aider Londubat à ne pas faire exploser son chaudron, pour changer. A votre tour, Drago.
Hermione avala sa salive et la réponse acide qu'elle rêvait de faire à son cher professeur, et se tourna vers Neville avec un sourire d'encouragement. Il avait tiré « Potion de Force », et ne semblait pas se rappeler le moindre détail concernant cette potion. Quand toute la classe eut tiré au sort la potion du jour, les élèves purent commencer. La plupart des élèves cherchait encore dans l'armoire quels ingrédients pourraient entrer dans la composition de potion de Croissance, de philtre Revigorant ou autre, et Hermione en était déjà à l'étape Trois de la fabrication de sa potion. Le liquide dans son chaudron bouillonnait joyeusement, un agréable parfum de rose s'en échappait, tandis qu'elle râpait avec soin son gingembre.
Quelqu'un frappa à la porte de la classe. Le professeur Rogue cria quelque chose, et Luna Lovegood apparu au milieu des vapeurs de chaudrons, l'air rêveur. Elle s'avança près du bureau de Rogue, et lui tendit un rouleau de parchemin.
- C'est de la part du professeur Dumbledore. Il veut savoir si vous participerez à la Fête Costumée des Lapins Saugrenus vendredi soir.
Rogue blêmit, ne daigna pas décacheter le parchemin, et le rendit à Luna avec dégoût.
- Vous répondrez au professeur Dumbledore que tous mes vendredis soirs sont consacrés aux colles que je ne vais pas manquer d'infliger à Potter et ses amis sous un prétexte quelconque et fallacieux dans l'unique but de ne pouvoir assister à cette sauterie décadente. Autre chose miss Lovegood ?
- Vous savez professeur, vous devriez faire attention à vous. Je suis certaine que vous êtes régulièrement attaqué par des Joncheruines, c'est pour ça que vous êtes toujours de mauvaise humeur. Papa dit toujours que...
- Merci, miss Lovegood, ça suffira pour aujourd'hui, vous pouvez partir.
Luna reprit le parchemin et repartit en direction de la porte en sautillant dans l'allée centrale comme si de rien n'était.
Rogue ne fut pas certain de ce qu'il avait vu, mais il lui sembla que quelque chose qui provenait de Luna Lovegood était tombé dans le chaudron de Granger, qui n'y avait pas prêté attention, puisqu'elle était en train d'expliquer à Neville comment peler sa gousse de Snargalouf de façon à ce qu'elle ait une efficacité optimale, tout en remuant sa propre potion. Un instant, il se dit qu'en tant que professeur, il se devait d'intervenir, mais la perspective que Miss-Je-Sais-Tout rate sa potion, d'une part, et provoque une catastrophe qui n'aurait de conséquences que sur elle et Londubat – lui donnant un excellent motif de colle – d'autre part, faisait après tout partie des risques du métier de préparateur de potions. Il s'abstint donc de commentaire et regarda avec attention la suite des événements, qui ne tardèrent d'ailleurs pas à se succéder. Hermione ayant fini de répondre à la question de Neville, constata que la température de sa potion était suffisamment élevée : les racines de mandragore avaient eu le temps d'infuser, il était temps ajouter le gingembre râpé à la potion. Neville se tourna vers elle à ce moment-là, et Hermione leva les yeux vers lui. L'effet fut immédiat. Hermione ne comprit pas tout de suite le changement d'expression sur le visage de Neville. A peine le gingembre râpé eut-il touché le liquide bleu turquoise que la potion vira au rouge, bouillonna dangereusement et fit exploser le chaudron. Neville n'avait eu que le temps de se protéger derrière sa table, mais Hermione fut entièrement lessivée.
Rogue se leva d'un bond, prit son air le plus furieux et s'approcha d'Hermione.
- Miss Granger, comment avez-vous pu rater une potion d'une aussi lamentable facilité ? Êtes-vous stupide ?
Derrière elle, Drago Malefoy se bidonnait comme <g>une baleine à bosse.</g> Hermione dégoulinait de potion, mais Rogue faisait semblant de ne pas l'avoir remarqué.
- Qu'avez-vous ajouté comme ingrédient pour réussir à faire exploser votre chaudron ?
- Je ne sais pas, Monsieur, j'ai pourtant suivi le protocole à la lettre... bafouilla Hermione.
- C'est ce que je vois, en effet. Ce qui vous vaudra un zéro, et une retenue vendredi soir dans mon bureau. Maintenant nettoyez-moi ce carnage.
- Monsieur, intervint Harry, il faudrait peut-être qu'Hermione aille à l'infirmerie, elle est recouverte de potion, ça peut être dangereux !
Rogue le toisa de toute sa hauteur.
- Vous ai-je autorisé à parler, Potter ? Non, alors vous vous taisez immédiatement...
Harry se prépara à répliquer.
- ... sinon vous viendrez effectuer votre heure de colle samedi matin à la place de votre entraînement de Quidditch.
L'argument était de taille, et le regard d'Hermione qui signifiait « Laisse tomber, ça n'en vaut pas la peine » dissuadèrent Harry de répondre. Chacun se replongea bientôt dans son travail, et Hermione nettoya les dégâts en silence, dégoulinant toujours de potion. Elle se contenta de fusiller Rogue du regard une ou deux fois, et s'aperçut qu'il la regardait avec un petit rictus malfaisant, genre Hannibal Lecter se préparant à fondre sur sa proie. Plus que la punition infligée, ce rictus la terrifia. Pour que Rogue étire ses lèvres en ce que les gens appellent communément un sourire, il fallait que quelque chose le réjouisse. Or, il était rare que les choses qui réjouissaient le professeur Rogue réjouissent le commun des mortels.
- J'ai fini de nettoyer, professeur. Puis-je aller à l'infirmerie, Monsieur ? Demanda-t-elle enfin d'un ton détaché.
- Miss Granger, vous n'avez jamais été aussi bien coiffée, je ne vois absolument pas pourquoi vous auriez besoin de quitter mon cours. Si votre potion ratée avait eu un quelconque effet, les symptômes se seraient déjà montrés : <g>macrocéphalie (1), agranulocytose (2), acromégalie (3),</g> je ne constate rien de tout ceci. Vous n'avez pas taché le sol avec votre <g>hémoglobine (4)</g>, et manifestement, vous ne tremblez de Désir pour personne dans cette classe puisque vous avez raté votre potion, ce qui est bien dommage, j'aurais parié sur Londubat. Je ne vois par conséquent aucune raison de sortir de mon cours.
Hermione serra les dents, et ignora superbement Malefoy, qui était tombé par terre à force de rire, et recommença sa potion à zéro, sans rien dire, et en mettant les bouchées doubles pour terminer à temps son travail.
Le cours parut s'éterniser. Enfin, la sonnerie retentit, et Hermione sortit en trombe pour se nettoyer un peu avant le prochain cours.
Resté seul dans sa classe, le professeur Rogue semblait songeur. Rien ne s'était passé, apparemment, après l'incident. Miss Granger n'avait manifesté aucun symptôme connu lors de ce genre d'accident avec une potion de Désir. Quel était donc l'ingrédient malencontreusement ajouté par Luna Lovegood ? Une petite enquête s'imposait : il aurait été mal vu qu'une élève meure à Poudlard des suites d'une explosion de chaudron dans son cours...
<i>(O) Le WWF est un label Lylene&Verowyn. ;o)
(1) Macrocéphalie : augmentation pathologique du volume de la tête
(2) Agranulocytose : disparition ou diminution importante du nombre des globules blancs polynucléaires du sang due le plus souvent soit à une intoxication ou allergie médicamenteuse, soit aux radiations ionisantes.
(3) Acromégalie : affection caractérisée par une hypertrophie non congénitale des extrémités et de la tête.
(4) Hémoglobine : substance protéique contenue dans les globules rouges du sang, et qui renferme du fer.</i>
Chapitre 2 : Le fou-rire de Rogue
Note d'auteur : Honnêtement, j'ai fait de mon mieux pour replacer certains termes imposés, mais je ne vous garantis pas qu'ils sont à 100% correctement employés...
- Hermione, tu es là ? Demanda la voix de Ron derrière la porte.
- Deux petites secondes, j'arrive ! <i>Tergeo ! </i>
Sitôt après le cours, Hermione s'était précipitée dans les toilettes les plus proches pour vérifier l'étendue des dégâts. Elle avait constaté avec soulagement que rien dans son apparence – genre poils de chats, éruptions cutanées, pousse dentaire excessive – n'avait changé. Elle s'était nettoyée elle-même, et avait tenté de se rincer au moins le visage pour dissiper l'impression que la potion lui collait à la peau. Ne pouvant manquer un cours aussi important que la Métamorphose, elle avait dû renoncer à aller directement prendre une douche, et l'entêtant parfum de rose mêlé au gingembre et à la mandragore la suivit toute la journée.
Ron, Harry et elle arrivèrent en retard pour le cours du professeur MacGonagall, qui se disposait à leur en faire la remarque lorsque Neville prit inopinément la parole pour expliquer l'affaire. L'odeur de potion persistante qui recouvrait Hermione confirmait ses dires, mais Hermione refusa catégoriquement de manquer le cours de métamorphose pour aller à l'infirmerie. Minerva MacGonagall marqua cependant sa désapprobation par un froncement des ailes du nez. Elle admirait par-dessus tout la volonté sans faille et l'application studieuse de son élève, mais l'incident du cours de potion ne pouvait que l'inquiéter. Certes, le professeur Rogue n'aurait pas laissé une élève – même une élève de Gryffondor, elle en était <i> presque</i> sûre – dans cet état si la situation avait pu être ou devenir dangereuse, mais il faudrait néanmoins qu'elle aille lui en toucher un mot. Le cours se déroula sans incident majeur, si ce n'est que Seamus Finnigan transforma le bureau de Minerva MacGonagall en vélociraptor furieux, au lieu de le métamorphoser en vélocipède vieux, ce qui fut néanmoins l'occasion pour les élèves de pratiquer activement le sort de Stupéfixion. Seamus écopa de trois heures de devoirs supplémentaires, dont de nombreux exercices d'articulation.
Le lundi n'était pas une journée de tout repos, et l'organisation des cours ne permit par à Hermione de prendre une douche avant le soir. Elle passa une bonne heure à se frotter avec vigueur, mais rien n'y faisait : l'odeur était toujours là. Sa peau, en revanche, illustrait assez bien l'idée qu'on pouvait se faire de quelqu'un qui aurait tenté de s'écorcher vif.
Elle finit par se coucher, dépitée.
Les cours du mardi étaient moins nombreux, et Hermione avait une après-midi de libre. Elle comptait avancer sa traduction de runes anciennes [NdA : n'est-ce pas Lylène ? Ce n'est pas ce que tu devrais faire avec ton Ancien Français ???], et rédiger le devoir d'enchantements pour le professeur Flitwick, à rendre dans deux semaines. Elle ne fit pas spécialement attention à ses faits et gestes de la matinée, mais se surprit, sur le coup de midi, à se retourner pour apprécier le postérieur ferme et rebondi de Dean Thomas. A peine s'était-elle fait cette réflexion qu'elle se morigéna et tenta de se raisonner. Non mais quelles réflexions stupides, parfois ! Elle balaya d'un revers de main ces considérations tout juste bonnes à divertir Lavande Brown et Parvati Patil, et rejoignit Harry et Ron pour déjeuner.
Son trouble sembla empirer. Elle ne s'était jamais rendu compte qu'il y avait autant de postérieurs euh garçons à Poudlard... Elle prit le plat de ragoût des mains de Harry, frôla accidentellement son doigt, croisa son regard, lui rendit son sourire, et se dit que décidément, il était <i>baisable sans sac sur la tête</i>. Non mais Hermione, ça ne va pas ou quoi ?! Penser ça de ton meilleur ami... Le copain de Ginny, qui plus est. Mais c'est vrai, quand même. Il a des épaules larges, sûrement très excitantes à <i>caresser</i>... STOP !
Hermione se leva brusquement, posant brusquement le plat de viande. Une vision particulièrement mal venue d'elle et Harry s'était imposée à son esprit, ce qui n'était pas du tout, mais alors pas du tout normal. Jamais elle n'avait songé à Harry comme ça auparavant... Stop Hermione, du calme. Pas de scandale. Elle se rassit comme si de rien n'était.
- Ça va Hermione ? Demanda Harry.
- Oui, oui, très bien... c'est jusque que... je viens de me rappeler que j'ai prêté mon manuel de métamorphose à Lavande, et que j'en aurai besoin cet après-midi pour la dissertation d'enchantements. Enfin non, je veux dire, mon manuel d'enchantements... Bref, ce n'est pas grave, ça peut attendre.
Le rouge lui était monté aux joues, et, à la table des enseignants, Minerva MacGonagall se rappela qu'il serait bon de discuter avec le professeur Rogue.
L'après-midi fut studieux, pour Hermione, mis à part quelques images parasites dans son cerveau, entre deux lignes de traductions de runes. Il faisait anormalement chaud, dans la Salle Commune des Gryffondor... mais peut-être était-elle seule à le remarquer, puisque tout le monde portait pulls, écharpes et capes d'hiver pour sortir, alors qu'elle ne rêvait que d'enfiler une petite robe légère...
Ce n'est qu'en fin de journée qu'elle décida de se rendre d'urgence à l'infirmerie. Elle était partie à la bibliothèque, et s'était surprise à regarder tous les postérieurs des garçons qu'elle avait croisés, trouvant même que Théodore Nott, qui s'était accoudé au comptoir de Mme Pince le temps qu'elle aille lui chercher un livre dans la Réserve, était sexy.
Elle ne fut cependant saisie de panique qu'en se rendant compte qu'elle avait pensé que <i> « ça pourrait être pas mal de se taper le fils Malefoy, pour voir. » </i> en le croisant dans un couloir. Se sentir attirée par un abominable petit crétin atteint d'<g>égotisme (1)</g> ne pouvait qu'être le symptôme de son empoisonnement à la potion ratée. Il fallait de toute urgence qu'elle se fasse soigner, avant de considérer que Crabbe et Goyle pouvaient figurer dans un calendrier des Dieux du Stade de Quidditch.
Elle ne pensa même pas, quand elle se mit à courir, qu'elle pourrait inquiéter Ron et Harry, qui la suivirent de près, ne comprenant pas ce qui se tramait dans la tête d'Hermione.
Au moment de se ruer sur la poignée de la porte, elle entendit un éclat de rire. Un rire qu'elle ne connaissait pas. Le rire d'un adulte.
- Mais ! Mais ! Voyons Severus, qu'est-ce qui vous est passé par la tête ? Vous êtes irresponsable ! S'exclama la voix suraiguë du professeur MacGonagall.
Severus Rogue peinait à retrouver sa respiration.
- Allons, allons, Minerva, votre petite protégée n'est pas à l'article de la mort !
Un nouvel éclat de rire retentit. Le professeur MacGonagall se répandit en hurlements et en imprécations contre Rogue, et la voix de Mme Pomfresh parvint difficilement à se faire entendre :
- Minerva, Minerva, calmez-vous ! A votre âge, ce n'est pas prudent de vous mettre dans des états pareils...
- DANS QUEL ÉTAT VOULEZ-VOUS QUE JE SOIS, POPPY, LORSQUE J'APPRENDS QU'UNE DE MES PLUS BRILLANTES ÉLÈVES VA SE TRANSFORMER EN POUFIASSE USB ET QU'IL VA FALLOIR PLUS D'UN MOIS POUR FABRIQUER LE CONTRE-POISON ?!?!?!
Hermione devint soudain toute blanche. Ça expliquait beaucoup de choses... Elle n'eut cependant pas le loisir d'en discuter tranquillement avec Ron et Harry, car le professeur Dumbledore venait d'apparaître derrière eux, les surprenant à écouter à la porte. Hermione forma sur son visage un sourire d'excuse, auquel Dumbledore répondit avec compassion.
- Je crois que vous pouvez entrer, Miss Granger, j'ai comme l'impression que cette discussion animée vous concerne...
Dumbledore frappa brièvement à la porte, et laissa Ron, Harry et Hermione entrer devant lui.
Minerva MacGonagall s'était assise pour reprendre ses esprits, rouge de rage, une veine palpitant frénétiquement à sa tempe qui rappelait celle de l'oncle Vernon lorsque sa colère avait dépassé le seuil limite. Rogue, lui, était sur ses deux pieds, mais ne semblait tenir debout que grâce au bureau de Madame Pomfresh, auquel il se cramponnait, toujours étouffé par son fou-rire. Il vit Dumbledore, essaya de reprendre son souffle pour se donner une certaine contenance, mais son regard croisa alors celui d'Hermione, et le fou-rire reprit de plus belle. Harry se fit la réflexion qu'il était réellement terrifiant de voir Rogue dans cet état, tellement la situation était surréaliste. « Rogue » et « fou rire » étaient deux choses totalement antithétiques. « Le fou rire de Rogue » ne pouvait qu'être un oxymore de fanfic bidon.
Mais là, en l'occurrence, Rogue risquait de s'oublier par terre, s'il continuait ainsi. Dumbledore ne sembla rien remarquer, et fit apparaître au milieu de la pièce un confortable fauteuil, dans lequel il s'installa. La fureur de Minerva MacGonagall sembla retomber d'un coup, considérant sûrement que l'arrivée de Dumbledore était une bénédiction : il allait tout arranger d'un coup de baguette, et blâmer Rogue pour son manque de discernement et son attitude irresponsable en cours. Elle croisa les bras, releva la tête en pinçant les ailes du nez de la même façon que la tante Pétunia avait de considérer Harry comme une trace de moisissure sur le rebord de l'évier de la cuisine. Son regard s'attarda cependant sur Rogue, qu'elle considéra d'un air affligé. Dumbledore regarda Rogue reprendre difficilement son souffle, croisa les doigts sous son menton et dit sur le ton de la conversation :
- Il me semble, Severus, que je viens de manquer une conversation désopilante entre vous et Minerva. M'en ferez-vous part ?
- Professeur ! Albus ! Severus a laissé Miss Granger s'empoisonner avec une potion ! S'exclama le professeur MacGonagall d'une voix qui maîtrisait mal les aigus.
Sa colère n'était peut-être pas tout à fait retombée.
- Du calme, Minerva, du calme ! Voyons, Severus, que s'est-il passé au juste ?
Les joues de Minerva MacGonagall se marbrèrent de rouge, mais elle n'ajouta rien, et se contenta de fusiller Rogue du regard. Des larmes perlaient au coin des yeux de celui-ci, tellement il lui était devenu difficile et douloureux de contenir son rire.
- Miss Lovegood est venue m'apporter votre invitation pour la soirée de vendredi...
- Que vous avez aimablement refusée, m'a-t-elle dit, répondit Dumbledore avec calme.
- ... et il m'a semblé qu'en partant elle a fait accidentellement tomber quelque chose dans le chaudron de Miss Granger, mais sur le coup, je n'en étais pas sûr, à cause des vapeurs de chaudron dans la classe... Et le chaudron a explosé quand Miss Granger a ajouté le gingembre râpé...
- Et j'imagine que vous avez aussitôt envoyé un élève chercher Miss Lovegood, tandis que vous-même conduisiez Miss Granger de toute urgence à l'infirmerie.
- Non, ce n'était pas nécessaire, Miss Granger n'avait pas suffisamment avancé dans sa potion, elle ne souffrait d'aucun symptôme que pourrait provoquer une potion de Désir, ni d'aucun symptôme connu d'accident de potion de Désir ratée...
Les coins des lèvres de Rogue remontèrent malgré lui en un rictus joyeux, et un nouvel éclat de rire lui échappa. Dumbledore n'y prêta pas attention et se retourna vers Hermione.
- Où en étiez-vous dans la préparation de la potion ? Demanda-t-il.
- Le chaudron a explosé quand j'ai ajouté le gingembre râpé à l'infusion de mandragore, je n'avais pas encore ajouté le zeste de Fleur d'Oranger... dit-elle.
Dumbledore hocha la tête et se retourna vers Rogue.
- Savez-vous quel est l'ingrédient que Miss Lovegood a accidentellement ajouté à la potion de Miss Granger ? Reprit-il.
- En fait, Miss Lovegood est venue me voir ce matin pour me demander si par hasard je n'avais pas retrouvé sa boucle d'oreille... Vous savez, ces espèces de radis oranges dont elle s'affuble... Des prunes Dirigeables...
Rogue éclata d'un nouveau rire, et se cramponna de plus belle au bureau de Mme Ponfresh.
- Ce qui veut dire... commença-t-il.
- ... que la prude, la vertueuse Miss Granger, une fille plus froide qu'un <g>iceberg</g>, va se transformer en Pouf Ultra Salope et Baiseuse ! Ahahahahah !!!
Cette fois, Rogue tomba à quatre pattes par terre et se mit à frapper le sol de ses poings, tellement il trouvait la situation drôle. Hermione blêmit, vacilla, et Ron et Harry n'eurent que le temps de l'attraper chacun par un bras pour l'aider à s'asseoir. Harry eut soudainement envie d'écraser son poing sur le visage de Rogue, de préférence sur son énorme nez crochu. Il se retint cependant, et adopta la même tactique que le professeur MacGonagall : l'ignorer superbement.
- Professeur, existe-t-il un remède ? Y a-t-il un moyen d'empêcher cela ? Demanda-t-il à Dumbledore. Y a-t-il un moyen d'empêcher que Hermione ne devienne une...
- Une Pouf !!! Ahahahahah !!! Granger va devenir <g>engastrimythe (2)</g> ! C'est bien, maintenant on ne va plus l'entendre parler, la Miss-Je-Sais-Tout, par contre, on risque de l'entendre gémir !!! Ahahahah !!! Ne vous inquiétez pas Potter, elle va continuer à s'exprimer !!! ohohohohohohoh !!! Mais moins par la bouche, quoique...
Rogue se tenait les côtes, pouvant à peine respirer. Dumbledore poursuivit comme s'il n'y avait pas eu d'interruption :
- Oui, il existe une potion de Vertu, qui répond à la troisième loi de Golpalott, qui devrait ramener miss Granger à son état normal...
- ... sauf que Londubat ahahahah... a cassé ma dernière fiole de Potion de Vertu ohohohohohoh.... la semaine dernière.... Hihihihihihihi... et qu'il faut plus d'un mois pour fabriquer cette potion... ahahahahahah !!!!!!
Rogue se roulait maintenant sur le dos, agitant les jambes en l'air, comme victime d'un sortilège d'impedimenta. Hermione était plus blanche qu'un linge. Harry serra l'épaule d'Hermione pour se retenir de frapper Rogue, et continua :
- Professeur, que pouvons-nous faire pour aider Hermione ?
- Étant donné <g>l'apostasie (3)</g> imminente de la vertu de Miss Granger, Potter, il faudra payer de votre personne si vous voulez la soulager... ahahahahah !!!
- Veillez bien sur elle, quoi qu'il arrive. Ne lui en voulez pas pour tout ce qu'elle pourra dire ou faire quand la potion aura totalement pris le contrôle de Miss Granger, et... Que Dieu vous garde, mes enfants, dit faiblement le professeur MacGonagall.
Le professeur Dumbledore se leva, fit disparaître son fauteuil, et se dirigea vers la sortie, suivi de Minerva MacGonagall. Il ne se retourna qu'une fois :
- Miss Granger... Il serait préférable que vous montiez vous reposer un peu... Professeur Rogue, je souhaite de tout coeur que l'antidote soit prêt au plus tôt.
Rogue acquiesça d'un hochement de tête, incapable de parler, le souffle court, les larmes aux yeux. Harry se retint de lui laminer le ventre à coups de pieds, aida Ron à soulever Hermione, et ils sortirent à leur tour de l'infirmerie.
- Et je vous attends vendredi soir avec votre plus beau costume de Lapin Saugrenu, Severus.
Un peu plus loin devant eux, ils entendirent la conversation de Dumbledore et MacGonagall :
- Minerva, je sais que Rogue a manqué a ses responsabilités d'enseignant en réagissant ainsi, mais cependant, était-il nécessaire de lui jeter un sortilège Hilarant ?
- Mais Albus ! Je n'ai rien fait, je vous le jure ! Est-ce de ma faute si Severus Rogue a une <g>idiosyncrasie</g> différente de celle des autres humains ?!
(1) Egotisme : disposition à parler de soi, à faire des analyses détaillées de sa personnalité physique et morale.
Hermione terrorisée, mais Harry et Ron l'assurent qu'ils feront tout pour la protéger des autres et d'elle-même.
(2) Engastrimythe: qui parle avec des organes autres que vocaux (ex : ventriloque). Ici, Rogue veut signifier que Hermione va s'exprimer avec son Bijou. (merci Diderot pour la métaphore !)
(3) Apostasie : renonciation aux v½ux, reniement
(4) Idiosyncrasie : disposition personnelle particulière, généralement innée, à réagir à l'action des agents extérieurs.
Chapitre 3 : La poupoufisation
Note d'auteur : ça commence à devenir sordide... vraiment sordide. Je demande Pardon à Hermione pour avoir écrit ça, et présente également mes excuses les plus plates à la Société Protectrice des Hermione Maltraitées. Puissent-elles comprendre ma démarche... parce que si Hermione souffre de ces traitements calomnieux, j'ai souffert de devoir les écrire...
Harry ne dormit pas beaucoup de la nuit, à l'idée que Hermione avait été empoisonnée. Il ne savait pas trop non plus à quoi s'attendre, dans les effets de la potion sur Hermione. Hermione n'était pas spécialement ce que la mère de Ron appelait d'ordinaire une « gourgandine », était-il possible qu'elle puisse résister aux effets secondaires ? Il essaya d'imaginer Hermione en « pouf USB ». Il ne l'avait vue qu'une fois maquillée et habillée, pour le Bal de Noël, mais il se dit que ce soir-là, elle ressemblait plus à une princesse qu'à une « pouf ». Il imagina Hermione pouffant de rire comme faisaient Lavande et Parvati à tout bout de champ, mais ces filles-là étaient plus des chipies que des poufs... Peut-être Pansy. Mais imaginer Hermione en Pansy était très difficile. Pouvait-on d'ailleurs considérer Pansy comme une « Pouf USB » ? Une abominable peste peste aux allures d'aristocrate décadente, oui, mais une pouf USB... Après tout, il ne savait rien des relations qu'elle entretenait réellement avec Malefoy et consorts...
Le soleil se leva tôt, beaucoup trop tôt pour Harry, qui s'habilla et descendit à la Grande Salle comme un automate. Derrière lui, Ron était encore moins réveillé, alors qu'il avait dormi cette nuit, lui. Cela ne l'empêcha pas de manquer de peu l'ouverture du passage. C'est donc en se tenant le front que Ron Weasley entra dans la Grande Salle. Hermione n'était pas encore là, et Harry eut la désagréable impression qu'ils auraient dû l'attendre dans la Salle Commune de Gryffondor. Cependant, Ron avait déjà entamé son petit déjeuner, ce qui signifiait qu'il était trop tard pour remonter chercher Hermione. Harry se servit un verre de jus de citrouille bien frais, dans l'espoir de se réveiller un peu. Peut-être la journée serait-elle calme, malgré le cours d'Enchantements et la Botanique.
Harry en était là de ces considérations lorsqu'il entendit une série de sifflements provenant de la table des Serpentard. Il leva les yeux, vit une lueur lubrique dans les regards les garçons de Serpentard, une moue de franche désapprobation chez les filles de Serpentard, et l'étonnement et la consternation se peindre sur les traits de beaucoup de ses camarades de classe de Gryffondor. En face de lui, Ron fit tomber sa cuillère dans son bol, qui éclaboussa de partout, et resta bouche bée, ayant au passage oublié d'avaler ce qu'il avait consciencieusement mastiqué quelques secondes auparavant. Avec une certaine appréhension, il se retourna... et ne la reconnut pas tout de suite.
C'était pire que tout ce qu'il avait pu imaginer.
Des bottes à talons très hauts, à aiguilles très fines. Des bas résilles qui étaient tenus à mi-cuisses par un porte-jarretelles, d'après l'élastique qu'il devinait, une jupe qui avait désormais la taille d'une ceinture, une dizaine de centimètres de ventre à l'air qui laissait entrevoir un nombril percé, la cravate de l'école mal nouée sur une chemise dont la moitié des boutons n'étaient pas mis. Hermione avait doublé son volume poitrinaire (peut-être dans une tentative enthousiaste pour mieux respirer, qui sait ?) Quant au visage... Mon dieu, qu'avez-vous fait à Hermione Granger ? Jamais joueur de Poker n'avait maquillé à ce point un Carré d'As. Elle avait coupé ses cheveux en mode ultra fashion effet coiffé décoiffé, décoloré sa tignasse brune en blondasse péroxydée, avec cependant des petites mèches rose fluo, pour rehausser un peu le tout. Ses yeux étaient tellement noirs qu'ils paraissaient caves, et elle avait opté pour un rouge à lèvres noir. Tout dans son attitude était étudié, depuis la main posée sur la hanche au chewing-gum à la fraise qu'on sentait à des kilomètres à la ronde, en passant pas la poitrine sortie, comme s'il elle souffrait d'une scoliose et d'une cyphose en même temps.
Revenu de sa stupeur, il se précipita sur elle pour la couvrir de sa propre robe d'uniforme. Et s'aperçut au passage qu'un string fuschia à dentelles avec un faux bijou à la naissance des fesses dépassait de la jupe-ceinture.
Un coup d'oeil à la table des professeurs le renseigna sur l'opinion du corps enseignant : MacGonagall, blême, outrée, avait porté la main à son coeur, Rogue détaillait Hermione avec amusement, et ne cherchait nullement à dissimuler son petit rictus ironique, et le reste des professeurs se demandait si Hermione Granger avait perdu un pari, consommé des substances illicites, ou avait cru que c'était Halloween. Seul Dumbledore considéra la requête muette et désespérée que Harry lançait du regard, et il inclina la tête en signe d'encouragement.
Harry dirigea Hermione vers la table de Gryffondor, et l'assit de force, en se disant que peut-être ainsi il trouverait un moyen de lui cacher les fesses. Mais Hermione, qui d'ordinaire se tenait normalement à table, avait décidé cette fois-ci de s'asseoir de façon à s'appuyer sur Neville, à sa droite, pour toucher Harry à son aise. À dire vrai, elle était assise à cheval sur le banc, avec les cuisses écartées, sa mini-jupe ridiculement courte, ses portes-jarretelles qui dépassaient, et une indécente façon de caresser la jambe de Harry sous la table avec son pied.
Elle appuya les mains sur le banc de façon à faire gonfler son décolleté. Harry fit son possible pour faire comme si de rien n'était, et s'absorba corps et âme dans son petit déjeuner.
Manifestement dépitée par ce manque de réaction, Hermione se pencha sur Harry pour l'embrasser sur la joue.
- Tu pourrais dire bonjour, Harry, dit-elle d'une voix de gorge.
- Salut Hermione, ça va ? Dit Harry sans lui accorder un regard.
- Très bien Harry, et toi ? Je ne sais pas ce que tu as, tu m'as l'air tout crispé... attends, je vais te faire un massage...
Avant que Harry ait pu réagir, Hermione s'était levée et commençait à lui caresser les épaules de façon... profonde et sensuelle et...
Harry se leva comme s'il avait reçu une décharge électrique.
- Merci Hermione, ça suffira ! Bon, il est temps d'aller en classe, on va être en retard !
Harry sortit presque en courant de la Grande Salle, ce qui lui évita le regard chargé de reproches de Ginny, qui n'avait pas été mise au courant de l'histoire et ne pouvait par conséquent par comprendre la scène qui se déroulait sous ses yeux. Hermione, loin de paraître dépitée, leva une jambe qu'elle posa sur le banc, et remonta son bas résille doucement le long de sa cuisse, tandis que Ron laissait la nourriture tomber de sa bouche avec un filet de bave.
Ensuite, Hermione posa sa main sur l'épaule de Neville pour reposer son pied au sol, et sa main alla « accidentellement » se perdre sur la poitrine du pauvre jeune homme, plus impressionné et terrifié que charmé.
- Tu es sûre que ça va, Hermione ? Demanda Neville d'une voix tremblante.
- Mais oui, Neville, pourquoi ça n'irait pas ? Il fait un temps superbe aujourd'hui !
Sa voix semblait magiquement modifiée : chaque mot prononcé agissait comme une décharge de testostérone sur les personnes de sexe masculin qui percevaient le son de sa voix. Aussi beaucoup d'étudiants mangèrent vite, très vite, pour fuir cette situation pour le moins compromettante. Après tout, Hermione Granger était la meilleure élève de l'école, Préfète-en-Chef, qui plus est, à quelques mètres à peine de la table professorale, ce n'était pas le moment de se laisser aller.
Hermione fit le tour de la table et alla s'asseoir entre Dean et Seamus. Elle posa son chewing-gum dans un coin d'assiette. Une sucette apparut dans sa main, et elle se mit en devoir de la lécher de façon suggestive. De chaque côté de Hermione, Seamus et Dean faisaient semblant de ne se rendre compte de rien, mais en face d'Hermione, Neville venait d'avaler son petit pain de travers et manquait de s'étouffer.
De sa table, Dumbledore lui sauva la vie :
- Anapneo.
Neville n'insista plus avec la nourriture, et s'excusa à son tour de quitter si tôt la table. Hermione se tourna vers Seamus, et la sucette quitta un instant sa bouche.
- Je peux goûter un morceau de ta tarte à la mélasse ?
- Euh, oui, si tu veux... Tiens, je n'en veux plus de toutes façons.
Seamus repoussa l'assiette vers Hermione, presque terrifié de la voir ainsi accoutrée. Au lieu de prendre une cuillère, découper un morceau de tarte et le goûter, Hermione caressa la tarte du doigt, qu'elle porta ensuite à sa bouche en fixant Seamus droit dans les yeux. Les yeux de Seamus, qui avaient suivi le cheminement de l'index d'Hermione, de la tarte à ses lèvres, remontèrent à ses yeux, et un drôle de gloups se fit entendre dans la gorge.
Un autre « gloups » se fit entendre dans la gorge de Dean, mais seuls Hermione et lui surent pourquoi : l'autre main d'Hermione s'était posée sur sa cuisse, et remontait négligemment vers la braguette de son pantalon. Harry réapparut à ce moment précis.
- Dean, Seamus, je crois que Sir Nicholas vous appelle, il est dans le dortoir. Il a besoin de vous parler, TOUT DE SUITE.
Curieusement, Dean et Seamus ne firent pas de commentaires genre « mais c'est un fantôme, il peut venir lui-même ! », et c'est d'un pas vif, rapide, dynamique – peut-être un peu précipité – qu'ils sortirent de la Grande Salle.
- Hermione, il faut que tu ailles te changer, tout de suite. Tu ne peux pas aller en classe dans cette tenue, dit-il avec fermeté.
- Mais, Harry, je porte l'uniforme de l'école ! Dit-elle d'une voix de petite fille, en recommençant à lécher sa sucette.
- Il manque des boutons à ta chemise, et tu vas prendre froid avec une jupe si courte.
- Oh, Harry, mais non ! Il fait chaud, au contraire ! Je meurs de chaud !
Sa main vint « innocemment » trouver sa poitrine, pour prouver à Harry combien les dix pauvres degrés au-dessus de zéro au thermomètre l'accablaient de chaleur.
- Hermione, ça suffit, je vais me fâcher ! Dit-il avec autorité.
Mais la sonnerie qui marquait le début des cours ne laissa pas à Hermione le temps d'aller se changer. Hermione se dirigea vers la sortie de la Grande Salle en roulant des hanches. Harry respira un grand coup. Ron se leva et vint le rejoindre.
- Ouah, c'est une bombe, Hermione...
- Oui, Ron, et ça va durer un mois comme ça...
- Elle est vraiment canon...
- ... Et tu as promis à McGonagall que tu allais m'aider à veiller sur elle parce que comme tout le monde a pu le remarquer, elle n'est pas dans son état normal.
Ron se rappela ce malencontreux détail, et haussa les épaules de dépit. Ginny s'approcha d'eux comme une furie, exigeant des explications.
- Du calme, Ginny. C'est pas du tout ce que tu crois, dit Harry les mains en l'air, tandis que Ginny le menaçait de sa baguette.
- Ginny, c'est vrai ce qu'il dit ! Ce n'est pas du tout ce que tu crois ! S'exclama Ron, qui avait déjà eu un aperçu du degré de maîtrise des maléfices Chauve-Furie de sa soeur.
- Explications ! Dit-elle froidement.
Elle avait baissé sa baguette, mais ainsi, campée sur ses jambes, les deux mains sur les hanches, elle faisait penser à Molly Weasley, qui pouvait être redoutable, quand elle le voulait.
- Hermione a eu un accident en potions lundi. Son chaudron a explosé, et elle a été recouverte de potion. Rogue ne lui a pas administré d'antidote à temps, résultat, elle s'est transformée en Pouf USB ! Dit Harry d'une seule traite.
- Et le pire dans tout ça, c'est qu'il va falloir plus d'un mois pour fabriquer le contre-poison... poursuivit Ron.
Le temps pressait trop, ils risquaient d'être en retard. Avec la promesse qu'ils lui raconteraient toute l'histoire en détails, Ginny les laissa partir. Ron et Harry se dirigèrent au pas de course vers la Salle d'enchantements. Le cours de Flitwick commençait dans à peine une minute.
- Au fait, Harry, pourquoi tu as fui tout à l'heure ? Demanda Ron, complètement essoufflé.
- J'avais besoin de... <g> « relâcher la pression »</g>... Le mois qui vient ne va pas être de tout repos, je crois.
Chapitre 4 : L'enchanteur... enchanté !
Ils arrivèrent juste à temps pour le cours de Flitwck. Tout le monde était déjà assis. Il ne tardèrent pas à repérer Hermione, au premier rang. Même s'il n'y avait pas de place libre autour d'elle, elle ne provoquerait aucune catastrophe. Harry et Ron s'installèrent dans le fond de la classe. Harry fut soulagé : au moins Hermione ne perdait pas certaines de ses habitudes, de qui était un signe encourageant. Peut-être cette situation se résorberait d'elle-même ? Après tout, lui-même avait réussi à résister à l'imperium... peut-être qu'Hermione parviendrait à annihiler les effets de la potion par sa seule volonté. Il fallait espérer, en tout cas, parce que Harry avait comme l'impression que Rogue ne se précipiterait pas pour fabriquer la potion qui viendrait au secours d'Hermione...
Le minuscule professeur Flitwick escalada la pile de livres qui lui servait de réhausseur pour atteindre son bureau, et commença son cours, comme d'ordinaire, avec sa voix flûtée et sa légendaire gentillesse. Les cours d'enchantements, comme les autres cours du reste, étaient devenus d'une difficulté notable. Le professeur détaillait chaque geste de la baguette pour chaque sortilège. Le mot devait être en adéquation parfaite avec le mouvement de baguette, et il n'était pas rare d'assister à des ratés. Les élèves notèrent avec application le protocole durant la première heure, et l'entraînement pu commencer. Harry leva les yeux vers Hermione, espérant la trouver plongée dans l'étude du sortilège GPS (qui remplaçait les cartes routières chez les Moldus et autres accessoires électroniques) au programme du jour. Mais à sa grande surprise, Hermione était à des kilomètres de cette activité. Comme le cours pratique d'enchantements était toujours un joyeux fouillis, Harry put se lever pour aller voir Hermione. Il remarqua tout de suite – peut-être ses yeux avaient-ils pris l'habitude de copier sur Hermione – que Hermione n'avait RIEN noté du cours. À la place, son parchemin était recouvert de gribouillis, petits coeurs, peace and love et autres logos rebelles.
- Ah, salut Harry ! On s'ennuie dans ce cours, pas vrai ?
- Euh, Hermione, tu t'es entraînée au sortilège GPS ? Il peut tomber aux ASPIC, tu sais...
- Oh, du calme, Harry, on a tout le temps de s'entraîner ! Répondit Hermione en lui caressant le torse, en remontant jusqu'à son épaule.
Puis elle gloussa. Le genre de rire que Harry n'aurait jamais cru entendre venant de la gorge d'Hermione. Elle se baissa (Harry recula instinctivement), et prit dans son sac... une brosse à cheveux.
- Tu m'excuses, Harry, reprit-elle de sa voix de gorge, il faut que j'aille me refaire une beauté !
Harry recula en désordre. C'était horrible, vraiment horrible. Il retourna s'asseoir à côté de Ron, qui ne l'avait pas quitté des yeux.
- A ton tour d'y aller ! Dit-il avec désespoir.
- Moi ? Mais pourquoi ? Harry, tu sais bien que je risque de ne pas maîtriser la situation...
- Parce que tu crois que je la maîtrise, peut-être ? Chacun son tour !
Il poussa Ron en avant pour l'obliger à aller voir Hermione. Au passage, il évita deux sortilèges, un de Parvati qui avait dévié, un de Dean qui était trop occupé à regarder Hermione pour regarder où ses sorts atterrissaient.
- Salut Hermione, ça va ?
- Ah c'est toi. Salut, Ron.
Hermione, jusque-là assise sur sa table pour mieux croiser les jambes et se limer les ongles, préféra se rasseoir sur sa chaise. Elle commença à s'épointer les cheveux, mèche après mèche.
- Alors, tu fais quoi ? Dit Ron maladroitement, en essayant d'engager la conversation.
- J'attends que tu t'en ailles, ça ne se voit pas ? Dit-elle méchamment.
Puis, saisissant l'occasion de se débarrasser de Ron, elle accapara le professeur Flitwick, qui passait par-là en remontant la rangée pour vérifier les progressions des élèves.
- Mr Weasley, que faites-vous debout dans ma classe ? Demanda-t-il poliment. Vous avez un problème avec le sortilège GPS ? Regardez, c'est ce mouvement qu'il faut faire, comme ça.
Flitwick montra une nouvelle fois le geste à accomplir, et Ron se débarrassa tellement vite de l'exercice qu'il enflamma un coussin dans le fond de la classe, et reçut des devoirs supplémentaires. Il retourna s'asseoir à sa table, penaud. Flitwick se retourna alors vers Hermione, s'attendant une fois de plus à la féliciter pour son sortilège et à lui accorder vingt points.
- Oui, Miss Granger, je suis à vous !
- Oh, vraiment professeur ? Comme c'est gentil à vous ! Dit-elle en se penchant en avant pour être à la hauteur du professeur.
Mais Flitwick, habitué aux réussites d'Hermione, ne prit pas garde à son attitude et retourna à son bureau, pour s'installer de façon à être en hauteur, ce qui lui permettait de mieux apprécier les mouvements de baguettes.
- Voilà, je vous regarde !
- En fait, professeur, j'ai un problème...
En prononçant ces mots, Hermione s'était penchée sur son bureau, de façon à ce que Flitwick ait une vue plongeante sur son décolleté, et se trémoussait lascivement sur sa chaise.
- Vous n'allez pas bien miss Granger ? Demanda-t-il, troublé.
Hermione se redressa et porta la main à sa gorge, qu'elle fit descendre le long de sa poitrine.
- Oh si, professeur, tout va très bien...
Elle avait de nouveau cette voix rauque, envoûtante. Ses mains se promenaient nonchalamment sur son corps. Flitwick rougit tout à coup, et plongea le doigt dans son col de robe de sorcier, qui lui semblait trop étroit pour respirer. La sonnerie retentit, et les élèves rangèrent leurs affaires sans prêter attention au professeur. Quelques secondes plus tard, il frôla le malaise. Harry et Ron se précipitèrent, à contre-courant de la cohue générale.
- Hermione, tu nous attends dehors, dit Harry avec autorité.
Hermione haussa les épaules, fit un clin d'oeil à Harry et s'en alla. Harry et Ron se penchèrent sur le professeur Flitwick, qui ne tarda pas à reprendre ses esprits.
- Que s'est-il passé ? Demanda-t-il en se frôlant la tête.
- Vous avez eu un malaise professeur, répondit Harry.
- Qu'est-il arrivé à miss Granger ? Demanda-t-il toujours sous le choc.
Harry et Ron se regardèrent. S'ils devaient expliquer la situation à tous les professeurs, cela risquait de prendre des heures... Harry fit apparaître un verre d'eau, qu'il tendit au professeur Flitwick.
- Elle n'est pas dans son état normal. Elle est sous l'influence d'une potion, elle ne sait pas ce qu'elle fait, il ne faut pas lui en vouloir, c'était un accident !
- Un accident ? Une potion ? Répéta bêtement le professeur. Le professeur Rogue ne peut rien faire ?
- Tout le problème est là, professeur. C'est arrivé par la faute de Rogue, et le contre-poison va prendre plus d'un mois pour sa fabrication. Le mieux serait d'en parler avec les autres professeurs, professeur, dit Harry, qui essayait de s'épargner une séance d'explication à la fin de chaque cours.
Flitwick se releva péniblement.
- Je crois en effet qu'une petite discussion en salle des professeurs s'impose... Ce n'est vraiment pas dans les habitudes de Miss Granger de se comporter de cette manière. Je passe l'éponge pour cette fois.
- Merci, professeur.
- Au fait, il serait grand temps que vous alliez rejoindre Miss Granger, elle doit vous attendre...
- Oh mince, Hermione ! S'écria Ron, les yeux ronds.
Harry et Ron partirent en courant.
- Merci professeur ! Au revoir professeur ! Dit Harry sans se retourner.
Hermione n'était pas à la porte de la classe, et semblait s'être volatilisée. Harry et Ron parcoururent les couloirs de l'école en tous sens, sans la trouver. Il fallait faire vite : l'intercours n'allait pas durer des heures.
- Je sais ce qu'il nous faut ! La Carte du Maraudeur ! Allez, vite !
Ils remontèrent à la Tour de Gryffondor en montant les escaliers quatre à quatre. Harry entra en trombe dans le dortoir, retourna littéralement sa malle sur son lit pour gagner du temps, se saisit de la Carte et repartit en courant en sens inverse, en laissant tout en plan.
- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises ! S'exclama-t-il en courant.
Ron l'attendait dans la Salle Commune, la main sur un horrible point de côté.
- Aide-moi à la repérer ! Dit Harry en étalant la Carte sur une table.
Il y avait des centaines de points, sur la carte. Et ils ne savaient pas du tout où pouvait se cacher Hermione. Au bout de quelques secondes, Harry tapota la carte avec agacement.
- Hermione, je veux trouver Hermione !
Comme si la carte avait compris sa requête, les points s'effacèrent, et la carte s'ouvrit à la bonne page. Harry fit une moue de dégoût.
- Beuârk ! Elle est avec Zacharias Smith planquée derrière la statue de la sorcière Borgne !
Cette nouvelle fit l'effet d'une bombe dans le cerveau de Ron.
- Cette petite raclure ?! Attends voir, je vais l'écorcher vif ! S'exclama-t-il.
Il se rua vers la sortie, ayant apparemment oublié son récent point de côté. Harry, qui pressentait un drame, attrapa la carte et se lança à sa poursuite. Décidément, la journée n'était pas de tout repos... Les couloirs s'enchaînaient à une vitesse inouïe, et Harry et Ron manquèrent de rentrer dans Rusard, qui se lança à son tour à leur poursuite, en hurlant qu'il ne fallait pas courir dans les couloirs, bande de petits voyous. Heureusement la hanche en plastique de Rusard ne l'aidait pas à vaincre des records de vitesse, et Harry et Ron le semèrent assez rapidement. Ils manquèrent également de peu le professeur MacGonagall, mais celle-ci se montra compréhensive, et ne fit aucun commentaire.
Harry se précipita sur Ron, qui avait déjà sauté pour étrangler Zacharias Smith, et le plaqua au sol comme un rugbyman. Zacharias Smith crut bon d'ôter sa langue de la bouche d'Hermione, ce qui n'était pas une mauvaise idée en soi. Ron se releva en soufflant comme un crapaud-buffle, les oreilles cramoisies, son visage rouge comme un ballon qui menaçait d'exploser à tout moment. Par contre, Hermione omit de retirer ses mains du postérieur de Zacharias, ce que Harry trouva légèrement gênant, en la circonstance.
- On peut vous aider ? Demanda Zacharias un peu énervé d'avoir été interrompu en plein <g> baiser colombin (1)</g>.
- Toi... toi... dit Ron en menaçant Zacharias de son index, retire tes sales pattes d'Hermione ! TOUT DE SUITE SINON JE TE DEMOLIS !!!!
- Oh, mais c'est bon Weasley ! Tu te calmes ! Tu ne sors pas avec, que je sache ? Cette charmante demoiselle est majeure et consentante, alors tu t'écrases.
Zacharias Smith se retourna, ignorant superbement Ron, que Harry retenait de toutes ses forces en le ceinturant comme un catcheur. Ils furent interrompus dans leur lutte silencieuse par la suite des événements. Hermione commença – ou plutôt recommença – à se frotter lascivement à Smith, à lui nettoyer les amygdales avec application, en poussant de petits gémissements suggestifs. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase pour Ron. Il se dégagea d'un coup d'épaule de l'étreinte combattive de Harry.
- Alors ça, c'est le pot-aux-roses... Espèce de traînée, tu me dégoûtes ! S'exclama-t-il en tournant les talons.
Hermione se dégagea du baiser de Zacharias avec un bruit de succion qui rappelait assez fidèlement une ventouse débouchant un évier.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? Qu'il y avait un <g>poteau rose</g> ? Je ne savais pas qu'il y avait des <g>barres de strip-tease</g> à Poudlard !
Avant qu'elle ne retrouve l'étreinte de Smith, Harry l'attrapa par le bras et l'embarqua avec lui.
- Tu ne devrais pas être en cours, à cette heure-ci, Smith ? Lança-t-il sans se retourner.
Ils arrivèrent en retard au cours du professeur Chourave, mais celle-ci, ayant vu arriver Ron rouge de colère d'une part, Harry tenant Hermione par la manche d'autre part, et ayant eu vent des dernières aventures de Hermione, ne leur en tint pas rigueur. Harry en fut soulagé. Ron s'était assis à côté de Neville, et faisait équipe avec Dean et Seamus. Harry s'installa avec Hermione en face de Lavande et Parvati, qui regardaient Hermione en gloussant et en commentant sous cape les derniers potins. Les rumeurs allaient vite à Poudlard, nul doute que tout le monde connaissait au moins une partie de l'histoire. Maintenant, il s'agissait de savoir comment les potins évolueraient, et quelles en seraient les conséquences. Il espérait également que Ron cesserait vite de bouder : il avait réellement besoin de son aide pour contenir les ardeurs d'Hermione, et avait promis de pardonner tout ce que ferait ou dirait Hermione sous l'influence de la potion de poupoufisation USB.
(1) baiser colombin : baiser approfondi
Chapitre 5 : Le Tunnel...
Note d'auteur : Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes existant ou ayant existé ne serait <i>presque</i> que purement fortuite... ;o)
La nouvelle renommée d'Hermione Granger ne mit pas plus de vingt-quatre heures à être connue de tout Poudlard. Les filles, d'un côté, jasaient sur son compte avec une joie non dissimulée, et la Maison Serpentard aurait gagné beaucoup de nouvelles têtes si elle avait accepté ses élèves sur le critère « langue de vipère ». Cho Chang et son amie Marietta étaient intarissables sur le sujet si quelqu'un s'avisait de leur demander leur avis. Il faut dire que Marietta avait toujours le visage couvert d'acné, dont les boutons dessinaient nettement le mot « Cafard », sous l'épaisse couche de fond de teint. Quant à Cho, elle regrettait amèrement d'avoir manqué sa chance avec Harry, et ne supportait pas de voir Hermione s'accrocher désespérément à Harry à longueur de journée.
S'il devait pourtant y avoir une personne malade de jalousie, c'était pourtant Ginny. Ginny, qui supportait sans broncher de voir Hermione se frotter à Harry en permanence, et de constater que Harry passait son temps à surveiller les moindres faits et gestes d'Hermione. Ron et Harry avaient passé un long moment à lui expliquer la situation, et Ron avait fini par revenir à de meilleurs sentiments envers Hermione, après un long discours de Harry tournant autour de l'argument infaillible de « Hermione n'aurait jamais agi comme ça si elle avait été dans son état normal, vous le savez très bien, surtout toi, Ron. » Mais la situation était quand même assez pénible pour Ginny, d'autant plus que Hermione – qui semblait avoir complètement oublié le « détail » qui voulait que Ginny sorte avec Harry – passait son temps à lui raconter ses fantasmes à propos de Harry, dilué cependant dans une liste non exhaustive de fantasmes avec à peu près tous les représentants de la population masculine de Poudlard, Rogue inclus, mais Ron excepté, curieusement.
Du côté des garçons, en revanche, la nouvelle situation d'Hermione était plutôt bien accueillie. Évidemment, le nouveau look de Miss Granger y était pour beaucoup, mais la perspective d'être déniaisé par une Hermy-Couche-Toi-Là (qui n'en garderait aucun souvenir après l'absorption d'un antidote) était un argument de poids. Autant chez les filles l'innocence est poétique et assure une réputation de vertu à celle qui la détient, autant chez les garçons, ce détail est tabou et honteux. Question de société. Tout cela pour dire que les petits hommes de Poudlard faisaient la queue pour obtenir un rendez-vous dans le mois avec Hermione, et se servir de la leur. Quelques première année un peu dégourdis et bravaches étaient même venus lui demander de leur apprendre à embrasser. C'est en effet le genre de choses d'une importance capitale à apprendre à l'âge de onze ans, quand on vient juste de rompre avec son nounours préféré.
Ron et Harry veillaient sur Hermione 24h/24, se relayant continuellement, mais il n'était pas rare que Hermione leur échappe. Il suffisait de quelques secondes d'inattention. Harry avait eu plusieurs fois recours à la Carte du Maraudeur, mais Hermione, lassée d'être interrompue en pleine action par un Harry qui, de surcroît, refusait de participer aux ébats, avait fini par lui dérober la précieuse carte.
Si Harry n'avait pas été un ami si loyal, il y aurait eu belle lurette qu'il aurait abandonné. Ron ne maîtrisait pas le sortilège d'oubli, et malheureusement, Harry ne pouvait pas nettoyer ses yeux des images qu'ils percevaient. Il avait vu sa meilleure amie dans à peu près toutes les positions répertoriées dans le <g>kama sûtra sorcier</g>, ce qui était déjà relativement gênant (pas du tout pour Hermione, apparemment, qui en faisait régulièrement des rapports détaillés à Ginny quant à leur confort et à leur efficacité), mais le pire, c'est qu'il avait vu les petits culs blafards de beaucoup de ses camarades, et ça, c'était un choc psychologique non négligeable. Il était donc en mesure d'affirmer que le fessier de McLaggen était énorme et flasque, que Dean avait un fessier effectivement ferme et rebondi, et que Nott était étonnamment poilu sur le dos et les fesses. Même Neville avait tenté sa chance. Harry l'avait sermonné pendant des heures, parce qu'il avait espéré qu'il avait suffisamment de respect pour Hermione pour ne pas lui faire cette honte. Neville avait fini par répondre, les yeux baissés, rouge de honte, que c'était une chance pour un type comme lui, parce que tu sais, Harry, tout le monde n'est pas beau et populaire comme toi; et puis, Hermione avait toujours été une chic fille avec lui, elle l'avait toujours aidée, donc elle ne lui en voudrait pas... Harry était tombé sur les fesses. Neville avouait ouvertement s'être servi d'Hermione comme d'un trou sur pattes. Mais Neville se « rattrapa » en promettant de présenter ses plus plates excuses dès que Hermione serait guérie.
Malgré tout, cette nouvelle attitude d'Hermione présenta quelques avantages, et amena quelques situations cocasses. Lors d'un cours de Potions, Rogue commit l'erreur de ne pas résister à la tentation de s'approcher du chaudron d'Hermione pour le critiquer. En effet, quand on copule avec tout ce qui bouge au minimum dix heures par jour, les résultats scolaires finissent par s'en ressentir, et Rogue y vit un excellent moyen d'humilier les Gryffondor. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'Hermione l'attrape par le col de sa robe, le force à s'asseoir sur une chaise, s'installe à califourchon sur lui et l'aveugle avec son soutien-gorge en plein milieu d'un cours. N'osant tout d'abord pas se salir les mains à la toucher, il fit de grands moulinets désordonnés avec les bras, tandis qu'elle l'embrassait à pleine bouche et se frottait lascivement à lui. Le premier réflexe de Harry fut d'aller chercher Hermione et de sortir Rogue de se mauvais pas, mais Ron lui retint le bras. Harry comprit vite pourquoi : Rogue faisait partie du personnel enseignant, il était donc en théorie capable de gérer seul les problèmes qui se présentaient dans sa classe. Et puis, dans cette situation, il était forcé de reconnaître que les conséquences de l'empoisonnement d'Hermione durant SON cours étaient un véritable problème, et qu'il serait bien de ne pas tarder à le remédier. En d'autres termes, il se rendait compte qu'il fallait s'activer à préparer le contre-poison. Sans compter que voir Rogue dépassé par des événements qui échappaient totalement à son contrôle avait quelque chose d'assez jouissif – intellectuellement parlant, s'entend. Rogue finit par repousser Hermione par les épaules avec la paume de ses mains, se dégagea maladroitement de son étreinte nymphomane, bouscula une ou deux tables, trahissant ainsi un trouble qu'il ne pouvait cacher, tout bon occlumens qu'il était, et regagna son bureau en rajustant ses vêtements mis à mal.
- Vos potions devraient être bientôt terminées, alors finissez votre travail, en silence ! Dit-il froidement, essayant de faire comme si de rien n'était.
Sauf que Hermione s'était levée pour le suivre. Rogue ne s'en aperçut pas tout de suite. Mais, lorsqu'il releva la tête de sous son bureau où il était allé récupérer sa plume d'encre rouge, dans l'espoir un peu illusoire de corriger des copies, il l'avait trouvée assise là, sur le bureau, les jambes écartées et relevées, l'attendant manifestement.
- Oh oui, prends-moi maintenant sur ton bureau, grand fou !
Rogue avait toujours été pâle. Mais là il était devenu encore plus blême. Dans sa hâte de se reculer pour échapper aux griffes de Miss Granger, il repoussa sa chaise, et la chaise versa en arrière, laissant le pauvre professeur Rogue les quatre fers en l'air. Hermione, voyant un homme allongé dans une position qu'elle n'avait pas encore essayée, lui sauta dessus, et Harry se dit qu'il était temps d'intervenir : Rogue criait au viol. Harry ceintura donc Hermione une énième fois, aidé par Ron, qui tenait les jambes d'Hermione pour l'empêcher de trop gigoter. Rogue se releva tant bien que mal, se frotta un peu pour s'épousseter et reprendre une contenance.
- Très bien. Je vais accélérer la préparation de la potion de Vertu. Il doit bien me rester quelques pousses de fleurs de lune du dernier équinoxe. Au pire, j'irai en acheter sur le chemin de Traverse. Ça prendra moins de temps que si j'attends pour aller les cueillir...
- Monsieur, pouvons-nous emmener Hermione se calmer dehors ? Demanda Harry.
Il avait de plus en plus de mal à tenir Hermione, qui voulait absolument être reposée, et qui ne cessait de hurler « Baise-moi » en regardant Rogue droit dans les yeux.
- Je vous en prie Potter, allez-y. Et prenez tout le temps qu'il vous faudra. Je ne noterai pas votre potion si elle n'est pas finie...
Toute la classe le regarda, l'air complètement ahuri. Harry et Ron sortirent en portant toujours Hermione comme un saucisson. L'une des dernières choses qu'il vit avant de sortir, c'était le visage de Malefoy. A sa grande surprise, il n'y vit pas ce à quoi il s'était attendu. Loin de se rouler par terre en se tordant de rire, ou encore de leur lancer un regard méprisant, Malefoy regardait Hermione avec... intérêt. Il devrait en parler à Ron. Et vite. La porte se referma sur eux, mais la voix de Rogue leur parvint malgré tout avant qu'elle ne claque. Il essayait de justifier sa soudaine clémence.
- Il y a parfois des situations d'urgence extrême qui autorisent à se dispenser de mon cours. Là, c'en était une.
Il fallut bien trente secondes pour que l'eau froide du lavabo des toilettes des filles calme Hermione. Ron et Harry avaient d'abord pensé l'emmener dans la Salle de Bains des Préfets pour la plonger dans un bain glacé, mais Harry ne voulait pas que Hermione prenne ça comme une proposition. Enfin, ils purent reposer Hermione au sol. Elle avait finalement retrouvé ses esprits. Enfin, les esprits d'une pouf de base.
- Non mais ça ne va pas la tête ! Tout mon maquillage est à refaire ! Ma coiffure est foutue ! Je suis monstrueuse ! Vous êtes méchants avec moi !
Et Hermione courut dans une cabine pour pleurer sur son malheur sans que Ron et Harry ne puissent s'apercevoir que son rimel rose à paillettes n'était pas waterproof.
Les garçons entendirent un rire joyeux, puis Mimi Geignarde s'approcha d'eux la mine plus réjouie que jamais.
- Vous savez comment les gens l'appellent maintenant ?
- Non, Mimi, nous ne savons pas, et franchement, c'est le cadet de nos soucis, dit Harry froidement.
Il commençait à être sérieusement fatigué de tout ça, et Hermione, la fille autoritaire qui passait son temps à courir vérifier quelque chose à la bibliothèque et à lui dire de s'avancer dans ses devoirs, lui manquait. Cette Hermione-là était discrète et toujours de bon conseil.
- Le Tunnel !
- De quoi tu parles, Mimi ? Tu veux que j'ouvre le Tunnel pour accéder à la Chambre des Secrets ? Pour quoi faire ? Demanda Harry.
- Mais non, voyons ! Son surnom !
- Quoi ? Mais quel surnom ? Demanda Ron, agacé.
- Tout le monde la surnomme le Tunnel ! Dit Mimi avec une expression de joie féroce sur le visage.
Harry et Ron se regardèrent sans comprendre. Mimi crut bon de donner des détails.
- Le Tunnel ! Comme le Tunnel sous la Manche ! Sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans les deux sens !
Elle éclata d'un rire perçant. Ron et Harry s'abstinrent de tout commentaire, espérant peut-être que Mimi cesserait de monologuer et s'en irait. Mais le ragot était trop beau pour elle.
- Au début, ils voulaient l'appeler Grosse Ch...
- Ça suffit, Mimi, merci, la coupa Harry.
Il en avait assez entendu. Il était temps de partir.
- Hermione, tu sors de cette cabine, tout de suite !
A sa grande surprise, Hermione ne se fit pas prier. Elle sortit en trombe des toilettes, le visage entièrement démaquillé (elle n'avait curieusement pas oublié ce genre de formules magiques), et un air hautain sur le visage. Elle regarda Mimi Geignarde avec un sourire de pouf.
- Et alors Mimi ? Tu es jalouse ? Pas étonnant, personne ne parle jamais de toi !
Elle sortit en trombe des toilettes, en roulant des fesses, et Harry et Ron la suivirent. Pas la peine d'insister, ou de présenter des excuses à Mimi, de toutes façons les toilettes finiraient inondées, comme toujours.
Hermione remonta jusqu'à la tour de Gryffondor : il fallait qu'elle passe dans son dortoir se refaire une beauté en priorité. Ron et Harry l'attendirent dans la Salle Commune.
- Ecoute, Harry... commença Ron, tu sais, si un de nous sortait officiellement avec Hermione, ça permettrait de la stabiliser, et de faire cesser les ragots... Et... bah comme tu sors avec ma soeur, je me disais que... ça pourrait être à moi de m'y coller...
Harry resta à regarder Ron, bouche bée. C'était relativement bien formulé, venant de Ron, mais le fond y était : lui aussi voulait pouvoir dire qu'il avait eu Hermione. Curieusement, Harry se dit que si ça devait arriver sans le consentement de Hermione – pas la Hermione pouf, la vraie Hermione – elle ne lui pardonnerait jamais, et que ça briserait définitivement leur amitié. Mais présenter les choses ainsi à Ron ne fonctionnerait pas. Ron lui reprocherait alors de vouloir l'exclusivité d'Hermione pour lui tout seul, sa mauvaise foi aidant. Il fallait des arguments qui touchent à sa fierté.
- Tu sais, Ron, j'avais pensé te le proposer, mais je me suis dit que ça ne serait pas une très bonne idée, tout compte fait... commença Harry avec sérieux.
- Pourquoi ça, Harry ?
- Hermione s'est transformée en pouf USB, son objectif premier est de sortir avec un maximum de garçons, pour les jeter juste après, pas de se fixer avec un seul et même partenaire. Tu risques de passer pour le cocu systématique, si tu sors avec elle, ou alors elle va te jeter en public.
- Hermione ne ferait jamais ça ! Tu le sais bien, Harry !
- La Hermione que nous connaissons depuis la première année, oui. Mais pas la Hermione pouf. Tu vas souffrir, et moi sans ton aide je n'y arriverai pas.
Le ton était là, la condescendance affectée était parfaite... Harry se dit qu'il avait de l'avenir en tant qu'acteur. Il passait maître dans l'art de la manipulation, sans aucun doute. Ron sembla réfléchir un instant, et Harry vit presque ses neurones s'agiter frénétiquement sous son crâne, à la recherche d'une autre solution.
- N'empêche... Tout le monde est passé dessus, sauf nous, dit-il en guise de contre-argument.
- Parce que nous sommes ses amis, et que nous la respectons. Nous la respectons vraiment, Ron. Donc nous ne ferons rien qui pourrait nuire à notre amitié à tous les trois. N'est-ce pas, Ron ?
Ron eut l'air dépité.
- Mais elle ne s'en rappellera plus...
- Tout fini toujours par se savoir, et Hermione ne se privant pas de crier le nom de ses dernières conquêtes, ça se saurait tout de suite. Et après, il y aura toujours quelqu'un pour le lui rappeler. Elle t'en voudrait à mort d'avoir profité d'elle. Elle ne te pardonnerait jamais ce manque de respect. Tu ne peux vraiment pas faire ça, Ron.
- Bon, OK, je la respecte.
Hermione fit son apparition à ce moment-là, changée et remaquillée. Ron la pointa du doigt en la regardant droit dans les yeux :
- Je te respecte, Hermione Granger. Je ne vais pas de sauter comme une pouf, parce que je te respecte !
Chapitre 6 : Sex Party in a Ford Anglia... Le Retour
L'intérêt soudain de Drago pour Hermione prit sens assez rapidement. Malheureusement, Harry avait complètement oublié d'en parler à Ron, qui fut donc mit devant le fait accompli.
Le reste de la journée – après l'incident avec Rogue – s'était relativement bien passé, si on considère que personne n'avait été violé, et que Hermione s'était à peu près tenue correctement, le « à peu près » témoignant toutefois d'une relativité toute subjective. Au dîner, elle n'avait pas spécialement cherché à allumer qui que ce soit chez les Gryffondor, mais n'avait pour autant pas mangé grand-chose. Le peu qu'elle avait mangé, elle l'avait mangé avec sensualité, cependant, en laissant son regard se promener dans la Grande Salle. [NdA : Le commun des mortels se demandera comment on peut manger avec sensualité. Précisons donc, pour les personnes qui tenteraient cette expérience inédite, que la mayonnaise, le yaourt, ou tout autre aliment pouvant se manger par lapement ou succion, facilite la réalisation de cet exercice. Cependant, nous rappelons qu'il faut toujours rester dans le cadre d'une alimentation variée et équilibrée, et qu'il faut manger au moins cinq fruits et légumes par jour.] Prétextant une soudaine fatigue, elle était partie tôt se mettre au lit.
Harry et Ron s'étaient bien méfiés de ce comportement suspect, mais avaient fini par se dire que Hermione était peut-être réellement fatiguée, n'ayant jamais pratiqué d'activité physique aussi intense auparavant. D'ailleurs, lorsqu'ils étaient montés à leur tour dans la Salle Commune de Gryffondor, ils avaient eu confirmation par Lavande et Parvati que Hermione était dans son lit, les couvertures soigneusement remontées sur elle, et qu'elle ne faisait aucun bruit. Ils avaient donc profité de cette soirée de liberté pour se reposer un peu, eux aussi.
Vers minuit, cependant, d'étranges cris retentirent dans tout le château. Harry se réveilla, ne comprenant tout d'abord pas ce qui se passait. Les cris venaient de dehors, semblait-il. Il alla à la fenêtre. La Ford Anglia était dans le parc, et semblait en mauvaise posture. Il y avait quelque chose, à l'intérieur d'elle, qui remuait furieusement, et mettait à mal ses amortisseurs, qui grinçaient à qui mieux mieux. La voiture allumait et éteignait ses phrases, comme un étrange son et lumière, et Harry eut l'impression qu'elle se retenait à grand-peine de klaxonner, de détresse ou de joie, il n'aurait su le dire.
Les cris, il les reconnut bientôt. C'était Hermione. Elle avait dû s'échapper de son dortoir... Restait à savoir avec qui elle était...
- Oh oui, continue comme ça !
La voix d'Hermione avait dû être amplifiée magiquement. Tout le château, et Pré-au-Lard même, devaient entendre les gémissements d'Hermione. Harry en eut des sueurs froides. Ron commençait à se réveiller, à son tour. Il fallait absolument arrêter ça, le plus vite possible, avant que tout le château ne soit ameuté. Il enfila un pantalon et une veste par-dessus son pyjama, prit sa cape d'invisibilité, et se précipita dehors. Beaucoup d'élèves étaient debout, dans la Salle Commune, et se pressaient à la fenêtre pour voir qui menait une telle partie de jambes en l'air avec Hermione.
Tout en prenant tous les raccourcis possibles et imaginables, Harry se demandait qui pouvait bien être « l'heureux élu », cette fois. Avec une certaine appréhension, il cherchait quel élève de Gryffondor pouvait bien ne pas être dans la Tour. Mais peut-être était-ce quelqu'un d'autre autre maison... Son estomac se crispa. Il n'était pas sûr de vouloir savoir, en fait. Il arriva à l'extérieur du château au moment même où Hermione poussait un dernier gémissement, beaucoup plus fort que les autres, puis le silence revint. Harry s'arrêta net. Finalement, il arrivait peut-être un peu tard, cette fois. Il se remit en marche, poussé cette fois par la curiosité. C'est là qu'il entendit un rire.
- Non, mais tu crois quoi, Malefoy ? Que tu as réussi à me faire grimper aux rideaux ? C'était agréable, mais sans plus. Mon plus bel orgasme, pour l'instant, c'était avec Neville. Mais j'attends d'avoir Rogue. Je suis sûre et certaine que c'est un bon coup.
Harry se figea de nouveau, glacé d'effroi, cette fois. Malefoy. Malefoy était venu chercher Hermione, qu'il méprisait, pour faire ce genre de choses... Et à tous les coups, c'était lui qui avait amplifié la voix d'Hermione, espérant ainsi augmenter sa côte de popularité auprès des filles... Pour le coup, c'était raté. Hermione venait de le casser monumentalement. Harry en eut presque pitié. Nous avons bien dit « presque ». Il s'approcha de l'endroit où était censée se trouver la voiture. Il contourna l'angle d'un mur, mais ne s'aventura pas plus loin : McGonagall et Rogue étaient là et faisaient sortir les deux concernés de la Ford Anglia, dont les phares clignaient toujours du joyeux moment qu'elle venait de passer. Malefoy avait encore le pantalon baissé sur un ridicule caleçon à pois rouges, et la robe ultra moulante d'Hermione n'était pas redescendue sur ses fesses, laissant voir son string.
Rogue et McGonagall étaient livides de rage. McGonagall leva le bras en direction d'un endroit que Hermione et Malefoy s'empressèrent de rejoindre. Elle était tellement furieuse que sa baguette projetait des étincelles qui ressemblaient à des éclairs. Rogue referma la portière de la Ford Anglia et celle-ci reprit gaillardement le chemin de la Forêt Interdite. Lorsqu'elle passa à sa hauteur, Harry remarqua la buée qui rendait les vitres opaques, et la trace d'une main sur l'une des vitres arrières.
Sans tarder plus longtemps, il mit la cape sur sa tête, et suivit le groupe. McGonagall avait dû les envoyer dans le bureau du directeur. Cependant, c'est dans une classe vide que Harry entendit des éclats de voix. Apparemment, McGonagall laissait éclater sa fureur.
- Non, mais vous ne vous contrôlez plus, Mr Malefoy ? Vous savez pertinemment que c'est un viol. Miss Granger a été empoisonnée, et vous abusez d'elle ! Tout ce que j'espère, c'est que le directeur de votre Maison saura prendre toutes les mesures nécessaires !
Ledit directeur de la Maison Serpentard n'avait cependant pas tout à fait le même point de vue.
- Je tiens à vous rappeler, Minerva, que Miss Granger a manqué de me violer, ce matin même. Je pense que M. Malefoy a été lui-même victime de l'appétit sexuel incontrôlable de Miss Granger... Il serait donc plus juste que Miss Granger soit pénalisée, et non M. Malefoy.
- Alors là, c'est le pompon ! Dois-je vous rappeler, Severus, que miss Granger a été empoisonnée dans VOTRE cours, par un manque de vigilance alors qu'elle était sous VOTRE responsabilité ??? Si M. Malefoy n'est pas capable de contrôler ses hormones, c'est du ressort de votre autorité, Severus, à moins que vous ne préfériez que j'en fasse part au Directeur !
Harry avait déjà vu McGonagall en colère. Et présentement, il l'imaginait, un index furieux pointé sur la poitrine de Rogue, avec de la fumée qui lui sortait des narines, prête à cracher du feu. Rogue devait être en train de recourir à l'occlumancie pour ne pas fuir de terreur.
- Dois-je vous rappeler, Minerva, que Miss Granger a déjà pris l'innocence de nombreux élèves de cette école ? Il serait temps de faire quelque chose...
- Vous faites référence à une éventuelle « innocence » en parlant de Malefoy ? Ce n'est pas la peine de jouer de l'antithèse avec moi, Severus, je resterai intransigeante. L'innocence de Mr Malefoy était tout à fait consentante pour être pervertie, tout comme celle des blancs-becs qui ont osé s'en prendre à une élève qui n'est pas maîtresse de ces actes !
Rogue essaya bien de dire quelque chose, mais il devait présentement être en train de reculer, car Minerva ne lui laissa pas le temps de s'exprimer et reprit :
- Quant aux mesures qui vont être prises... Je vous suggère de finir la préparation de cette potion de Vertu dans des délais records, Severus. Sinon c'est moi qui vais prendre des mesures vous concernant. Miss Granger ne peut être punie pour des actes qu'elle a commis sous l'emprise d'un poison. Mr Malefoy était lucide, lui.
- Il a été forcé ! Dit Rogue avec un certain désespoir dans la voix.
- Dois-je vous rappeler que Mr Potter et Mr Weasley sont beaucoup plus exposés aux avances de Miss Granger, et qu'ils savent pourtant se tenir, EUX ?
- Ils sont peut-être impuissants, ou gays !
- ILS ONT DE L'EDUCATION ET DU RESPECT, NUANCE !
Verbalement vaincu par K.O., Rogue battit en retraite. Minerva en colère, c'était plus dangereux qu'une soirée avec Lord Voldemort. Harry, toujours sous sa cape d'invisibilité, eut juste le temps de reculer pour ne pas entrer en collision avec Rogue, qui laissa la porte ouverte.
- Mr Malefoy, reprit McGonagall dont la voix essayait de contenir une colère qui n'était pas encore retombée, vous viendrez en retenue dans mon bureau. Tous les soirs jusqu'à la fin du trimestre. Un peu de plomb dans la cervelle ne pourra pas vous faire de mal.
- Bien, professeur, dit la voix résignée de Malefoy.
- Quant à vous, Miss Granger...
McGonagall soupira. Elle devait être à bout de nerfs.
- Allez vous coucher. Essayez de vous contrôler, à l'avenir, sinon il faudra bien que je prenne des mesures coercitives vous concernant. J'en suis navrée, car je sais parfaitement que ce n'est nullement votre faute, mais je n'aurai pas le choix. La réputation de l'école est en jeu.
- Oui, professeur.
- Maintenant, retournez dans vos dortoirs, tous les deux.
Hermione et Malefoy sortirent, tête basse, et partirent chacun de leurs côté. Le professeur McGonagall les suivit peu après, l'air plus las que jamais.
Harry pensait sincèrement que cette honte remettrait Malefoy à sa place, et s'attendait le lendemain à ce qu'il fasse profil bas, au moins à cause de la réflexion d'Hermione à propos de ses prouesses sexuelles. Il eut cependant de nombreuses occasions de s'étonner, et ce, dès le petit-déjeuner. Il remarqua dès son entrée un attroupement à la table de Gryffondor. Avec beaucoup de difficultés, il se fraya un chemin.
- Salut, Harry !
La main de Neville dépassa tant bien que mal la mêlée des groupies venues savoir si Neville avait quelque chose de prévu ce soir. Neville avait l'air content de lui, et de nombreuses traces de rouge à lèvres sur son visage lunaire laissaient penser qu'il était la nouvelle coqueluche de ses dames. La réflexion d'Hermione avait déjà fait des émules. Harry songea qu'il était bien dommage que Hermione soit la seule à souffrir de la réputation de pouf USB, car elle n'était qu'une victime dans cette histoire, tandis que le groupe des greluches se pavanant actuellement autour de Neville était parfaitement conscient de ses actions.
Hermione était à table, et pour une fois toute seule. Harry voulut se diriger vers elle pour lui tenir compagnie, mais Malefoy le devança. Il s'approcha d'Hermione par-derrière, lui glissa quelque chose à l'oreille. Hermione haussa les épaules. Harry arriva enfin à sa hauteur.
- Tu veux que je t'aide, Malefoy ?
Celui-ci le gratifia d'un sourire goguenard, et partit.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit ? Demanda Harry à Hermione en s'asseyant à côté d'elle.
- Que j'étais un bon coup, et que la prochaine fois il voudrait me prendre en levrette dans une <g>voiture tuning</g>, parce que la voiture du père de Ron n'était pas très confortable, répondit Hermione le plus naturellement du monde.
La journée commençait fort.
Chapitre 7 : Voldy est puceau ?! Intéressant...
Note d'auteur : J'en ai bavé pour ce chapitre : plein de mots salaces à replacer ! Le tout sans tomber dans le vulgaire ! Vous parlez d'un cadeau !
Depuis l'incident en cours de potions, Rogue se tenait à distance d'Hermione, la surveillant du coin de l'oeil comme le lait sur le feu. Cependant, Hermione n'était plus intéressée par lui, enfin, pour le moment du moins : elle ne cessait de jeter des regards de braise du côté des Serpentard. Rogue pensa d'abord qu'elle voulait un second rendez-vous avec Drago, mais il envisagea la possibilité que Zabini serait la prochaine victime de la pouf Granger. Certes, Blaise Zabini était moins idiot que la plupart de ses condisciples et, en principe, ne s'aviserait pas de forniquer avec une née-de-moldus... mais les principes n'étaient plus trop à la mode à Poudlard, ces derniers temps. La seule solution était d'infliger une retenue à Zabini. Il l'aurait volontiers infligée à Miss Granger, mais il avait trop peur pour ses propres fesses, d'autant plus que les dernières rumeurs concernant Miss Granger faisaient état de toys. Rogue espérait de tout coeur qu'Hermione réservait l'usage du <g>god michet</g> pour son plaisir personnel, mais vu la file d'attente pour obtenir ses faveurs, il ne fallait pas s'attendre à ce que <g>l'onanisme</g> soit l'occupation favorite des heures perdues d'Hermione. Il s'arrangea donc pour infliger une retenue à Blaise Zabini, soi-disant parce qu'il était honteux pour un septième année de Serpentard d'avoir oublié d'ajouter une feuille de potamot à une potion de Gaillardise. Les Serpentard s'offusquèrent : jamais Rogue n'avait pris de telles mesures à l'encontre d'un élève de sa Maison. Ce genre de choses, c'était pour les Gryffondor ! Une vagues de protestations monta du côté des Serpentard. Pour un peu, les Gryffondor auraient applaudi, mais il ne fallait tout de même pas aller jusqu'à faire croire à Rogue qu'il devenait populaire.
Drago en profita pour lancer un sort de Disparition sur le chaudron derrière le bureau de Rogue. Le chaudron dans lequel il préparait l'antidote. Le sort n'eut pas tout à fait l'effet escompté, en partie parce que Malefoy ne visait pas avec le bon angle. Au lieu de faire disparaître la potion, il fit disparaître le chaudron. Le liquide se renversa dans les cachots, et tout le monde monta en catastrophe debout sur les tables, Rogue le premier, qui finit tout de même par réparer les dégâts. Persuadé que c'était de la faute de Granger, il se tourna du côté des Gryffondor. Malheureusement, il renonça rapidement à ses accusations : Hermione, assise sur sa table, les jambes écartées, demandait à Harry si Ginny serait tentée par une petite expérience entre filles, parce qu'elle se lamentait de ne pas avoir encore tenté d'expérience <g>lesbienne.</g> Un peu plus las que d'ordinaire, Rogue laissa les élèves sortir de sa classe avec dix minutes d'avance. Il fallait tout recommencer. Miss Granger avait le feu aux fesses, et il devait reprendre la fabrication de la potion à zéro. Cette fois, tant pis, il irait acheter les ingrédients directement dans l'Allée des Embrumes. Pas question d'attendre encore une lune pour cueillir ses herbes.
- Alors, Granger, que penses-tu de ma performance en cours de potions ? Demanda Malefoy à Hermione au détour d'un couloir.
Hermione marchait à quelques pas devant lui, en tordant des fesses, entourée par Harry et Ron.
- Viens Hermione, ne traînons pas ici, dit Ron qui la prit par la manche pour la faire avancer plus vite.
Mais Hermione s'arrêta, et se retourna.
- On peut savoir ce que tu veux, Malefoy ?
- Un second round, poupée. Tu es un bon coup, j'admets.
Hermione passa la main dans ses cheveux, comme un signe de victoire, lui fit son plus beau sourire, agrémenté d'un clin d'oeil coquin qui donna la nausée à Harry.
- Si tu veux que je te donne des leçons, Malefoy, tu n'as qu'à le dire.
- Détrompe-toi, Granger, j'ai deux-trois petites choses à te montrer... Tu m'en diras des nouvelles.
- On verra ça... peut-être, répondit évasivement Hermione.
Elle tourna les talons, et repartit, en dandinant des hanches plus que jamais.
Harry prit conscience assez rapidement que les oreilles de Ron était rouges. Mais rouges rouge, encore plus cramoisies que d'habitude, quand il était en colère. Il se dit qu'il serait peut-être salutaire pour lui d'extérioriser ses problèmes. Croisant Ginny au détour d'un couloir, Harry lui confia Hermione, et partit avec Ron, qu'il emmena dans une classe vide.
- <i>Assurdiato. </i> C'est bon, maintenant tu peux te défouler.
Ron hurla sa jalousie comme jamais Harry n'avait vu Ron hurler. Il finit par faire apparaître un sac en papier, car Ron faisait de l'hyperventilation.
Ça faisait plus de trois minutes que Ron soufflait comme un boeuf dans son sac, et il n'était pas calmé pour autant. Harry abandonna le discours habituel, pressentant vaguement que Ron n'aurait pas assez de pondération pour l'accepter. Il comprenait ce que Ron pouvait ressentir. Ron, qui était secrètement amoureux d'Hermione depuis si longtemps... Si Ginny avait été à la place d'Hermione, il n'aurait jamais pu le supporter... Sans compter que, même s'il n'y pouvait rien, Hermione faisait du rentre-dedans à TOUS les garçons de Poudlard, Harry inclus, mais ne semblait pas vouloir proposer quoi que ce soit à Ron. D'un côté, c'était une chance : jamais Ron n'aurait résisté à une proposition coquine d'Hermione. Mais d'un autre côté, le moral de Ron était au plus bas.
- Allez, courage. Ça ne durera pas éternellement, de toutes façons.
- On est repartis à zéro, Harry, à ZERO. Tout ça à cause de ce crétin de Malefoy. La potion était presque prête, et ce crétin congénital a tout fait foirer. Je n'en peux plus, Harry, je n'en peux vraiment plus. Je laisse tomber.
- Ron, ne fais pas ça, je t'en prie. Il faut qu'on tienne. Si tu ne le fais pas pour Hermione, fais-le pour moi. Par pitié.
Harry tendit la main à Ron, qui mit plusieurs minutes à réagir. Mais Harry ne voulut pas céder. Enfin, Ron finit par lever la tête, et serrer la main de Harry dans la sienne.
- Allez, c'est reparti, dit-il avec fatalité.
Les deux garçons sortirent de la pièce, et allèrent retrouver Hermione et Ginny dans la Grande Salle.
Jamais Ginny ne parut si soulagée en voyant son frère et Harry faire leur entrée dans la Grande Salle.
- Parfait, les garçons, vous voilà ! Je vous laisse, il faut vraiment que je retourne en cours.
Ginny s'éclipsa sans tarder.
- Que s'est-il passé ? Demanda Harry qui avait appris à pressentir le pire.
- Oh, rien, Harry ! C'est juste que Ginny ne veut pas tenter une expérience à trois, avec elle, toi et moi. C'est dommage, n'est-ce pas, Harry ?
Harry jeta un regard du côté de Ron, et le vit inspirer à fond pour garder son calme.
- Oui, c'est dommage. Une autre fois, peut-être. Dépêchons-nous d'y aller, nous allons être en retard.
Hermione sauta sur Harry comme la vérole sur le bas clergé, et se pendit à son bras comme une désespérée, gloussant comme une poule. Harry n'osa pas regarder Ron, qui devait vraiment prendre sur lui à ce moment, et ils sortirent. Si Hermione continuait comme ça, son amitié avec Ron et Ginny ne ferait pas long feu. Mais il ne pouvait se résoudre à prendre ses distances avec Hermione, comme si veiller sur elle était un devoir. Il avait fait une promesse à McGonagall, il la tiendrait jusqu'au bout. Hermione ne l'avait jamais lâché jusqu'à présent, ce n'est pas lui qui abandonnerait. Il lui devait bien ça. Mais même ses bonnes résolutions étaient mises à mal par le rentre-dedans continuel d'Hermione. Il se rendait compte qu'il faisait souffrir et Ron et Ginny. Il avait hâte que tout rentre dans l'ordre, mais la date venait d'être largement reportée, à cause de Malefoy...
Harry en était là de ses réflexions, lorsque sa cicatrice sembla lui fendre le crâne en deux. Il tomba sur les genoux, se tenant la tête à deux mains, pleurant presque de douleur. La pièce était sombre. Il contemplait la scène de beaucoup plus haut que d'habitude. Il baissa les yeux sur le misérable prostré devant lui. Il tendit la main. Une longue main, fine et blanchâtre, qui faisait penser à des pattes d'araignée. Un éclair de lumière. Un cri, un cri terrible de torture. Il était en train de torturer quelqu'un. Il était furieux.
- Alors comme ça, Lucius, ton rejeton s'envoie une petite Sang-de-Bourbe ? Je pensais que tu avais mieux éduqué ta progéniture, Lucius. Je suis déçu, très déçu. <i>Endoloris !</i>
L'homme criait toujours dans sa tête quand Harry rouvrit les yeux. Il était étendu par terre, et ne comprenait pas ce qu'il faisait là. Hermione était penchée sur lui, et se préparait déjà à lui faire du bouche-à-bouche. Elle sembla déçue de le voir se réveiller.
- Voldemort a su que Drago Malefoy avait eu une aventure avec Hermione. Il est en colère après Lucius, très en colère. Il faudrait peut-être prévenir Dumbledore, pour qu'il dise à Malefoy de ne pas rentrer chez lui pour les vacances... Il risquerait de se faire tuer.
- Et alors, Harry ? Depuis quand on aurait des scrupules par rapport à Malefoy ? Il a manqué de respect à Hermione, il n'a qu'à en payer le prix ! S'offusqua Ron.
Harry, par habitude, anticipa la réponse d'Hermione, qui ne manquait jamais de rappeler à Ron quelques principes moraux de base, à savoir, par exemple, que c'était manquer d'humanité que de laisser quelqu'un – oui, Ron, même la pire des ordures – se faire torturer. Il fut donc surpris, alors qu'il avait déjà tourné la tête pour écouter sa réponse, de la trouver rêveuse et à cent mille lieues de la conversation. Son attitude contrastait terriblement avec sa tenue. Un instant il crut revoir l'ancienne Hermione.
- Hermione ? Tu vas bien ? Demanda Harry, en se relevant tant bien que mal.
Hermione ne revint pas tout de suite de sa rêverie, et Harry se demanda si elle n'était pas en train de guérir : elle avait parfois cette drôle d'expression sur le visage, quand son cerveau avait fait une connexion inattendue, et qu'elle avait compris quelque chose qui n'avait même pas effleuré les cerveaux de Harry et Ron. Il reprit donc espoir.
- A votre avis... commença-t-elle évasivement.
- Notre avis sur quoi ? Dit Ron, qui avait lui aussi noté le changement d'attitude de Hermione.
- Voldemort ne sait pas aimer... Il doit être puceau, non ?
Ron resta bouche bée. Harry, passé la surprise, se demanda s'il serait moral de se fracasser le crâne contre le mur. Il finit tout de même par répondre.
- Je suppose. C'est pas le genre de questions qui me vient à l'esprit quand je pense à Voldemort, en fait.
Hermione ne releva pas le sarcasme, mais continua sur sa lancée.
- En fait, j'étais en train de me dire... Je pense que c'est un bon coup. Il est très puissant et il sait se servir de sa baguette...
Les regards de Harry et Ron se croisèrent, plus affligés que jamais. Hermione ne s'en aperçut pas et reprit son chemin comme si de rien n'était.
Chapitre 8 : Rencard avec le Seigneur des Ténèbres
Enfin, les vacances étaient là. Ils n'avaient qu'une semaine de vacances pour la Toussaint, mais c'était déjà ça de pris. D'ordinaire, les élèves n'étaient pas autorisés à rentrer chez eux pour ces vacances, et fêtaient Halloween avec un délicieux banquet dans la Grande Salle. Cette année, cependant, des dispositions particulières avaient été prises concernant nos trois amis, suite à une formidable performance vocalique de McGonagall, qui avait fini par apprendre l'accident de chaudron de Rogue. Heureusement que Dumbledore, encore leste pour son âge, avait fait montre d'une rapidité et d'une force hors du commun. Il avait réussi à s'interposer à temps entre Minerva McGonagall, en mode Furie, cheveux en bataille, bec et ongles sortis, et le professeur Rogue, en mode oh-la-boulette, empêchant de justesse le professeur de Métamorphose de transformer son collègue en crotte de Troll après lui avoir soigneusement arraché les yeux. Le calme était revenu dans le château, et Rogue évitait de se montrer hors des cachots, pour éviter le plus possible Minerva.
Hermione, Ron, Ginny et Harry avaient obtenu une permission exceptionnelle de retourner au Terrier pour les vacances. Loin de ses condisciples masculins de Poudlard, Hermione pourrait se reposer, et prendre du recul. Mrs Weasley avait été mise au courant du nouvel état d'Hermione, et avait pris les dispositions nécessaires : il n'y aurait personne d'autre à la maison pendant les vacances. Harry était heureux : Ginny rentrait aussi, ils auraient donc un peu de temps pour eux, en principe. Ils manquèrent donc le repas d'Halloween à Poudlard, mais Mrs Weasley les consola de ce côté-là.
Les vacances commençaient plutôt bien : grasses matinées, petits déjeuners copieux, journées entières à jouer au Quidditch, et quelques devoirs pour faire bonne mesure. Même Hermione, sortie de son contexte, semblait moins pouf. En même temps, à part les poulets et les gnomes de Mrs Weasley, elle n'avait pas grand-chose à se mettre sous la langue. Elle ne choqua vraiment Mrs Weasley – qui pu ainsi constater les dégâts de ses propres yeux – que lorsque Fred et George vinrent rendre visite. Ils avaient fini par avoir vent de la nouvelle, et l'idée que Miss Préfète-en-Chef, jeune fille trop sérieuse, était devenue une dévergondée notoire [NdA : parenthèse de l'auteure qui a soudainement envie de raconter sa vie, et vous montrer qu'elle bosse, malgré les apparences : dans le <i>Roman de Renart</i>, branche 1, aux vers 658, on apprend qu'un personnage s'appelle « Joudoïn Trousseputain », et qu'un de ses amis, « Boudoïn Porteciviere », au vers 660, « fout sa fame par derrieres ». C'est charmant, n'est-ce pas ?] n'était pas pour leur déplaire. Ils furent servis. Ils auraient presque pu assouvir un de leurs fantasmes de jumeaux, à savoir partager une même fille, si Ginny ne les avait pas rappelés à l'ordre, par égard pour Ron.
Les premiers jours de vacances se passèrent bien, donc. Mais c'était pure folie de croire que Miss-Feu-aux-Fesses supporterait plus de cinq jours d'affilée une vie monacale. Harry et Ron ne se méfièrent pas d'une lettre qu'Hermione envoyait, pas plus que de la réponse. Mais la disparition d'Hermione, qu'on ne découvrit qu'au matin, jeta tout le petit monde du Terrier dans un trouble sans fond. Où avait-elle bien pu partir ?
Les premières réactions furent de se rendre au village. Mais Loutry Sainte-Chaspoule était une petite commune, ils eurent tôt fait d'en faire le tour. Mrs Weasley écuma le Chemin de Traverse, où elle rendit visite à ses fils dans l'espoir qu'Hermione se serait réfugiée chez eux, n'osa pas s'aventurer dans l'Allée des Embrumes, et fit le tour de Pré-au-Lard, sans succès. Hermione n'était pas non plus retournée à Poudlard. L'inquiétude commença à faire place à la panique. Ils découvrirent qu'Hermione avait laissé un indice : une lettre, quelques mots griffonnés par une main anonyme. Enfin, anonyme... le temps que Harry et Ginny se rendent compte que l'écriture était la même que celle du journal de Jedusor : Hermione aurait-elle été stupide au point de se jeter dans les griffes de Voldemort ? Harry se rappela la réflexion d'Hermione à propos du pucelage de Voldemort, mais lui rendre une petite visite était une opération suicide...
Ils devaient partir sur le champ. Si Hermione était torturée, si Voldemort faisait usage de la légilimancie contre elle, Harry était perdu, et tout l'Ordre du Phénix avec lui. Ils retournèrent donc en urgence à Poudlard. McGonagall faillit faire une attaque en apprenant la nouvelle, et descendit en trombe dans les cachots en criant à tue-tête à l'adresse de Rogue que « si vous ne ramenez pas Hermione vivante et que Vous-Savez-Qui vous laisse en vie, c'est moi qui vous tuerai, Severus ! A mains nues ! »
Une nouvelle fois, Dumbledore sauva les yeux de Rogue.
Pendant ce temps, Hermione n'avait pas chômé. Elle avait effectivement quitté le Terrier plus tôt que prévu, mais c'était uniquement parce qu'elle voulait réaliser un fantasme : Voldemort, en Brouette Japonaise. Elle lui avait écrit, au début des vacances, avant de partir. Elle ne s'était pas perdue dans les détails dans sa lettre. Elle voulait juste le rencontrer, lui et lui seul, dans une chambre d'hôtel, « pour changer le cours des choses. »
Lorsque Lord Voldemort arriva, caché sous une cape qui le recouvrait entièrement (pour éviter les mouvements de panique et rester discret, ce qui, en effet, est un exercice difficile quand on est célèbre), il crut d'abord s'être trompé. Jamais il n'aurait pu imaginer que la meilleure amie de Potter était à ce point une pouf. À moins qu'elle n'ait adopté une mode moldue d'un goût particulièrement douteux. Elle était saucissonnée dans un costume à résilles, qui imitait assez bien un jambonneau en filet, à ceci près qu'elle portait des oreilles et une queue de lapine. Elle portait des cuissardes noires à talons aiguilles, et un string à paillettes flashy. Quant au soutien-gorge, il était fait avec des bonbons que les enfants moldus portaient d'ordinaire autour du cou. Elle était assise là, sur une chaise en face de la porte, les pieds sur la tables, jambes allongées, et resta à le regarder, sans la moindre peur, mais avec une lueur dans le regard que Lord Voldemort ne pouvait définir. Il ferma la porte à clé. Grossière erreur de sa part, comme il eut le loisir de se rendre compte ensuite. Elle le détailla des pieds à la tête, lorsqu'il ôta son capuchon.
Lord Voldemort avait daigné lui répondre. Il s'était félicité de son audace. Sans doute avait-il pensé, en bon méchant machiavélique qu'il était, que Hermione voulait trahir son meilleur ami, et s'était amusé de cette trahison : comme ses parents, Harry ne faisait pas confiance aux bonnes personnes, et en plus la traîtresse avait le sang impur. C'était un comble. Mais un comble qui arrangeait beaucoup ses plans : plus besoin de passer par la case vieux barbu, on arrivait directement à la case « chance ». Avec un peu de chance, en effet, il toucherait même le jackpot. Il lui avait juste répondu : « Appelez-moi, je vous trouverai. » Hermione avait donc choisi une piaule en piteux état de l'Allée des Embrumes, et avait pris contact avec Lord Voldemort. Rien de plus facile, il suffisait de l'appeler au moyen d'une petite chanson :
<i>« Voldy, Voldy, prends garde, prends garde,
Voldy, Voldy, prends garde à ton ziz... » </i>
- Tu peux enlever ta cape, tu sais.
Lord Voldemort ne répondit pas tout de suite. Elle l'avait tutoyé, comme un vulgaire égal. Elle lui avait donné un ordre. Manifestement, cette fille voulait mettre fin à ses jours. Il tenta de conserver un certain calme, du moins le temps nécessaire pour l'interroger.
- Vous vouliez me voir, Miss... ?
- Hermione, mais tu peux m'appeler Hermy, ou Mione, ou, si tu préfères, Grosse Ch...
- Je vous interdis de vous adresser à moi sur ce ton, petite sotte ! Rugit-il.
Hermione sembla se mettre en colère, et se leva.
- Grosse pouf, si vous voulez, mais sotte, sûrement pas ! Dit-elle, le doigt pointé sur sa poitrine.
C'en était trop pour Lord Voldemort. Il allait accélérer cet « entretien » et enverrait un de ses Mangemorts faire disparaître le corps. Il plongea donc ses yeux de <g>porphyre(1)</g> dans les yeux d'Hermione, et voulut y lire tous les petits secrets qui la liaient à Potter. Cette séance de légilimancie prit une tournure très bizarre. Lord Voldemort se trouva plongé au coeur de scènes plus érotiques les unes que les autres, et quand il cessa de sonder l'esprit d'Hermione, ayant abandonné l'espoir d'apprendre quoi que ce soit sur Potter, il se rendit compte qu'il était étendu sur le lit misérable de la piaule, et nu comme un ver. Hermione était déjà sur lui, et l'embrassa fougueusement avant qu'il n'ait eu le temps de prononcer une formule de base, genre « Avada Kedavra. »
Hermione s'en alla quelques heures plus tard. Elle venait de vaincre Lord Voldemort d'une façon pas très catholique, certes, mais relativement inédite et efficace. Elle le laissa dans la chambre, enroulé dans les couvertures, endormi comme un bienheureux, et toujours nu comme un ver. Enfin, comme un serpent, plutôt. Si nous partons du principe que Lord Voldemort n'était peut-être pas très consentant pour cet acte sexuel d'une intensité inouïe, au début du moins, nous pouvons effectivement dire qu'il y a eu viol. Mais bon, un Seigneur des Ténèbres digne de ce nom ne peut pas avouer ce genre de choses... Sans compter qu'il était consentant (et même enthousiaste) les deux fois suivantes. Après tout, il n'avait jamais vu ça sous un angle aussi renversant (ils avaient testés des positions très acrobatiques...), mais peut-être que Dumbledore avait raison, finalement : l'amour était magique.
Hermione avait fini par rentrer directement à Poudlard. Cette petite entrevue avait réveillé son appétit sexuel, et il lui tardait de mettre la main sur le professeur Rogue, à qui elle rêvait de professer certaines choses.
Son arrivée dans la Grande Salle fit place à un silence de mort. Puis un cri s'échappa de la table des professeurs : Minerva McGonagall, qui désespérait de ne jamais revoir son élève vivante. Dumbledore réagit plus pragmatiquement. Il fit signe à Harry et Ron de le suivre, et emmena Rogue, McGonagall et Hermione dans son bureau. Il devait avant tout vérifier qu'il s'agissait bien d'Hermione, et de savoir si elle était sous imperium ou non. Ces menues vérifications ne prirent pas autant de temps que prévu.
- Hermione, tu te rappelles de tout ce qui s'est passé, n'est-ce pas ?
- Oui, évidemment !
- Mais pourquoi es-tu allée voir Lord Voldemort ?
- Pour lui rendre service, évidemment ! Le pauvre homme, il était seul, perdu, désorienté, malheureux. Un homme ne peut pas vivre sans amour, il avait besoin de tendresse, le pauvre chou !
Rogue blêmit et fit une drôle de tête. En même temps, c'est pas tous les jours que quelqu'un appelle le Seigneur des Ténèbres « pauvre chou ».
- Vous n'avez rien dévoilé à propos de Potter, au moins ? Le Seigneur des Ténèbres a-t-il pu lire dans votre esprit de petite dinde une information, si mince soit-elle ? Demanda Rogue en un murmure menaçant.
- Non, en fait, on n'a pas trop eu le temps de parler ou de faire quoi que ce soit d'autre...
- Mais que s'est-il passé ? Qu'avez-vous donc fait tout ce temps ? Demanda le professeur McGonagall, avant de regretter sa question.
- Oh, à peu près tout : Amazone, Brouette Japonaise, avec menottes... C'est vraiment un bon coup, j'en étais sûre !
- C'est bon, Hermione, passe-nous les détails ! Articula Harry, au bord de la nausée.
Sa cicatrice l'avait picoté bizarrement dans la journée. Il comprenait maintenant pourquoi. Il avait ressenti des sensations de plaisir intense, mais sans trop comprendre d'où elles pouvaient provenir. Jamais auparavant les incursions dans l'esprit de Lord Voldemort n'avaient été agréables... Heureusement, Il ne lui avait pas ouvert son esprit au point de voir Hermione en action.
- Mais comment se fait-il que vous ayez pu revenir vivante ? Demanda Rogue.
- Oh, après le troisième round il s'est mis à ronfler, alors je suis partie en le laissant dormir...
- Tu sais que tu aurais pu ne serait-ce que le stupéfixer, lui prendre sa baguette, ou au moins avertir les Aurors ? Dit faiblement Harry.
Hermione ouvrit grand les yeux comme si cette évidence venait de s'imposer à son esprit.
- Oh, Harry, je n'y avais pas pensé ! Je suis bête, hein !
Elle se tapa le front du plat du plat de la main, remit une mèche de cheveux blonds derrière son oreille et sourit bêtement. Rogue hocha la tête lentement. En plus d'avoir été transformée en pouf USB, Hermione Granger avait pris le QI d'une dinde. Manifestement, elle ne se rendait même pas compte de la chance qu'elle avait eue de revenir saine et sauve. Quant à comprendre qu'elle avait manqué l'arrestation du plus grand danger actuel... Il soupira. Hermione reprit avec enthousiasme :
- Bah quoi, au moins, maintenant il sait qu'il n'y a pas que sept et treize qui sont des nombres magiques ! Dit-elle comme si rien de grave ne s'était passé.
- Tu fais référence au nombre entier compris entre soixante-huit et soixante-dix, je suppose ? Demanda Ron, de nouveau énervé.
- Ouais, comment t'as deviné? dit-elle avec enthousiasme.
McGonagall posa les doigts sur ses yeux fermés, essayant de chasser de son esprit la vision furtive de son élève en train de s'envoyer joyeusement en l'air avec le plus grand mage noir de tous les temps.
<i>porphyre : variété d'andésite, roche volcanique rouge foncé, compacte, mêlée de cristaux blancs</i>
Chapitre 9 : Les avances de Bellatrix Lestrange
Laissons un peu de côté les aventures de cette chère Hermy-Pouf. En effet, il ne serait pas très sympathique de la part de l'auteure d'abandonner son lecteur au moment d'une question cruciale: que va devenir le grand méchant maintenant qu'il a été confronté au pouvoir de l'amour physique ? Intéressons-nous par conséquent un peu à Lord Voldy (c'est son nouveau surnom : Hermione trouvait que crier « Voldemort » au pieu, c'était trop long, et le Seigneur des Ténèbres n'était pas chaud pour « Tommy »), avant de retrouver Hermy-Pouf. De son côté à elle, rien de bien neuf, elle s'est envoyée deux-trois élèves supplémentaires pendant ce temps-là, rien de bien méchant, rassurez-vous. Et Rogue tient bon, pour l'instant. Entre les tentatives de viol d'Hermione et les tentatives d'énucléation oculaire de Minerva, il a choisi le repli stratégique et s'est barricadé dans sa salle de potions pour préparer l'antidote en toute sécurité, et dans le plus grand calme possible. Tous les soirs, pour éviter un deuxième accident, il fait une « sauvegarde » de sa potion : il en verse un peu dans une fiole, qu'il cache ensuite dans son armoire, sous clef. On ne sait jamais. Mais revenons à Lord Voldemort.
Lorsqu'enfin il s'éveilla, quelques heures après ce combat sans précédent, Lord Voldemort était seul, dans son lit de chambre d'auberge minable, à poil sous une couverture mangée aux mites. Il mit un certain temps à se rappeler ce qu'il faisait dans cette situation, mais, en voulant se lever, des courbatures à des endroits de son corps dont il soupçonnait même plus l'existence le rappelèrent à la réalité des faits. Trop de sport tue le sport, voilà tout. Toute la scène lui revint en mémoire. Tout bien considéré, il fallait bien qu'il se l'avoue : elle l'avait vaincu, elle l'avait dominé... et bougre, il avait adoré ça. Surtout les menottes à moumoute rose. Tout à ses pensées, il reprit le chemin de son antre, et passa le reste de la journée à rêvasser. Il fallait qu'il la revoie... au moins pour l'interroger à propos de... comment s'appelait-il, déjà ? Portier... non, ce n'était pas cela... Butter... non plus... Potter... peut-être... oui, ça doit être ça... Pour lui demander quoi, déjà ?
Jamais il n'aurait à ce point pu penser aimer les lapins. Enfin, les lapines, en l'occurrence... Cette fois, c'était décidé, il se lançait dans la <g>cuniculiculture. (1) </g> Et il fallait absolument qu'il la revoie. Comme souvent chez Lord Voldemort, quand il avait une idée, en tête, cela tournait à l'obsession.
La nouvelle de son aventure avec Miss Granger ne tarda pas à s'ébruiter. En effet, Drago eut vent de l'affaire, et piqua une crise de jalousie à Hermione en pleine Grande Salle, au petit déjeuner, le lendemain.
- Décidément, ce type n'a plus aucun sens de l'honneur... dit Nott en contemplant d'un air navré les grands moulinets de bras d'un Drago Malefoy cocu et désespéré.
Hermione l'ignora superbement, et même Ron eut la présence d'esprit de ne pas le provoquer davantage. Il faut dire que le plaidoyer de Drago pour récupérer Hermione incluait des phrases comme « l'ombre de ta main, l'ombre de ton chat » et autres « perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas ». Il s'enfonçait déjà assez bien tout seul.
L'information filtra par Crabbe et Goyle, vraisemblablement. Eux aussi auraient aimé passer sur Hermione, mais Malefoy les en avait empêché. Il voulait l'exclusivité. Crabbe et Goyle Senior en avaient ensuite touché un mot à Lucius Malefoy, pour l'informer, non sans une certaine ironie, que son rejeton avait apprécié « tremper sa nouille » (métaphore charmante) dans un mauvais chaudron, au point de faire un scandale dans la Grande Salle lorsqu'il avait appris qu'elle lui avait préféré le Seigneur des Ténèbres. Il s'était avéré que Bellatrix Lestrange avait surpris cette conversation. Cependant, elle n'en tira pas les mêmes conclusions que Malefoy père. Tandis que Lucius déplorait l'opprobre que sa saleté de mioche venait de jeter sur sa famille, et le sale quart d'heure en perspective que le Seigneur des Ténèbres allait encore lui réserver, il s'avéra que Bellatrix avait achoppé sur un autre détail. Drago avait fait une scène de jalousie à la Sang-de-Bourbe parce qu'elle avait couché avec le Seigneur des Ténèbres. <i>Son</i> Maître vénéré. Cette sale petite garce avait osé <i>poser ses mains – entre autres – sur SON Maître.</i> Cette pouf venait de réduire à néant tous ses espoirs. C'était <i>elle</i> et <i>elle seule</i> qui aurait dû devenir la maîtresse attitrée du Seigneur des Ténèbres. Et pas cette sale petite...
Le cri de rage qui lui échappa renseigna Lucius, Crabbe et Goyle sur sa présence dans les parages, d'une part, et de son entrée en phase « grosse colère non maîtrisée », d'autre part. Ils n'eurent que le temps de transplaner. Bellatrix dévasta tout sur son passage, ne laissant qu'un petit tas de ruines d'une somptueuse pièce du manoir Malefoy.
- ELLE ME LE PAIERA !!! CETTE PETITE GARCE ME LE PAIERA !!!
Quelques heures à peine après, Bellatrix Lestrange apparut totalement calme et soumise lors de la réunion des Mangemorts. Elle avait juré de se venger de la Sang-de-Bourbe. Mais avant, un autre plan devait être mis à exécution : il fallait absolument qu'elle-même devienne la maîtresse du Seigneur des Ténèbres. Ainsi, il oublierait Granger, et ne risquerait pas de se mettre en colère pour le « petit meurtre » qu'elle comptait faire. Après tout, elle ne ferait que se débarrasser d'une Sang-de-Bourbe. Il n'y avait rien de mal à cela... [NdA : Si, en fait, c'est un crime comme un autre, mais bon, pour Tata Bella, les notions de Bien et de Mal sont tout à fait relatives...]
Ses bonnes résolutions furent mises à l'épreuve. Son Seigneur et Maître se montra franchement distrait et pensif tout au long de la réunion, et ne sembla pas disposé à donner beaucoup d'ordres. Comme si devenir le Maître du monde n'était plus, tout à coup, sa priorité... Le Seigneur des Ténèbres était toujours discret quant à ses plans les plus sombres, car il ne servait à rien d'en informer ses pauvres mortels de Mangemorts, mais là, il était carrément taciturne.
Bellatrix Lestrange faillit avoir une attaque lorsqu'elle aperçut la fausse queue de lapin, que Voldemort caressait sous la table d'un air distrait. [NdA : Dans <i>Cendrillon</i>, le prince charmant récupère une pantoufle de vair, mais là, c'est une queue de lapin, ça faisait plus pouf...] Il lui fallait agir, et rapidement... Lorsque la réunion fut enfin terminée, tous les Mangemorts transplanèrent. Lord Voldemort, d'ordinaire, ne traînait pas non plus. Un Seigneur des Ténèbres est toujours débordé de travail, comme chacun sait. Il doit gérer les soucis logistiques, et concevoir plein de plans machiavéliques pour devenir Maître du monde, cela va de soi. De temps en temps, il va commettre un crime abominable, histoire de raviver la Terreur que son nom inspire, mais ses priorités sont autres. Bref. Lord Voldemort était encore assis là, et la queue de lapin caressait maintenant son visage avec nonchalance, tandis que son regard se perdait dans le vide...
Il était important de statuer sur un fait crucial : elle l'avait eu par surprise, certes. Le Seigneur des Ténèbres [NdA : Oui, Voldemort parle de lui à la troisième personne, c'est un peu mégalo, je sais, mais en même temps, il s'agit de Voldemort, donc c'est tout à fait normal...] pouvait-il être vaincu par surprise ? C'était un viol, alors... Il n'avait même pas cherché à se défendre... Et puis, par la suite, il avait contre-attaqué... Lord Voldemort peut-il être victime d'un viol ? Non, Lord Voldemort n'était pas un faible. Lord Voldemort avait sans doute permis à cette fille de le toucher. Lord Voldemort était tout-puissant. Son charme magnétique était la cause de l'audace de cette fille, cela allait de soi. Ou bien était-il lui-même prisonnier d'un charme puissant qui l'empêchait de prendre du recul sur cette histoire ? Le Seigneur des Ténèbres, qui prêchait la pureté du Sang, venait justement de se compromettre avec une Sang-de-Bourbe... Pouvait-il se le permettre ? Evidemment, il était Lord Voldemort, il pouvait tout se permettre... Mais il est vrai qu'au niveau de la cohérence de son programme dictatorial, cela impliquait quelques contradictions... N'empêche, cette fille faisait des trucs épatants avec sa langue... Il fallait absolument qu'ils essaient les gadgets vibrants, la prochaine fois...
Bellatrix s'approcha, et toussota pour signaler sa présence. Lord Voldemort sursauta, et la queue de lapin disparut instantanément.
- Oui, Bella ?
- Mon Seigneur, Maître, je voulais vous demander une audience privée, dit Bellatrix avec toute la ferveur que Lord Voldemort lui inspirait.
- Je t'écoute, Bella.
- Non, pas ici, Maître... Si vous voulez bien me suivre...
Lord Voldemort, qui n'aurait jamais accepté de suivre quelqu'un en temps normal (même – et peut-être surtout – Bellatrix), mais qui visiblement n'était plus en possession de tous ses moyens, se leva et suivit Bellatrix Lestrange sans broncher, et sans même se rendre vraiment compte qu'elle le conduisait dans les étages.
Le manoir était désert. Curieusement, Bellatrix en fut soulagée. Elle se sentait comme une adolescente qui emmenait son amoureux dans sa chambre pour la première fois, pour le grand saut. Elle baissa les yeux et rougit de son audace. Elle allait enfin concrétiser un de ses rêves les plus fous. [NdA : Pourtant je peux vous assurer que les désirs les plus chers de Bellatrix sont assez barges, en tout cas plus que ceux du commun des mortels... mais disons que celui-ci est premier au top 10 de sa folie à elle.] Elle n'osa cependant pas aller jusqu'à le prendre par la main, et ne dit rien tout au long du trajet, qui fut totalement silencieux, car Lord Voldemort ne semblait pas non plus enthousiaste pour entamer la conversation.
Le coeur de Bellatrix Lestrange battait follement. Lord Voldemort avait accepté de la suivre. Il montait avec elle les marches qui les mèneraient à sa chambre... Si elle avait su qu'il accepterait si rapidement sa requête, elle aurait osé lui faire des avances depuis longtemps déjà... Car il avait compris. Il avait assurément compris. Peut-être l'aimait-il, ne serait-ce qu'un peu ? Suffisamment en tout cas pour en faire sa maîtresse officieuse (et besogneuse, oh ça oui, elle allait s'y appliquer), peut-être assez pour en faire sa maîtresse officielle...
Il arrivèrent à la chambre, et Bellatrix tourna la poignée puis s'effaça pour laisser son Maître entrer.
La chambre était glauque pour quiconque était sensé, mais Bellatrix trouvait qu'elle avait un caractère royal. Le lambris était vert sombre, rehaussé d'une touche d'argent, et tout le mobilier était noir, meubles, rideaux, lit. Lord Voldemort fut presque surpris de voir là un lit, et non un cercueil. Au-dessus de la tête de lit, l'écusson de Serpentard trônait sinistrement. Les montants de son baldaquin d'ébène figuraient des serpents qui montaient au ciel, et semblaient dévorer un arbre. Les rideaux de velours noir étaient tirés, comme si le soleil n'avait pas sa place en de tels lieux, et des chandelles tenues par des mains coupées jetaient une lumière faible sur l'ensemble, produisant des ombres monstrueuses. Lord Voldemort apprécia l'harmonie des couleurs de la pièce, et se rendit compte que Bellatrix le regardait intensément, attendant sans doute son approbation.
- Que voulais-tu me montrer ?
- Vous appréciez, Maître ?
Elle venait de joindre ses mains, en prière.
- Euh... Oui, c'est très joli, mais à part ça ?
Lord Voldemort ne semblait pas comprendre où elle voulait en venir... Cette phrase d'ailleurs ne lui ressemblait pas... Etait-il troublé lui aussi par ce moment magique qu'ils allaient partager ? Peut-être attendait-il qu'elle prenne l'initiative ?
Bellatrix ferma la porte, et s'approcha du Seigneur des Ténèbres. Son regard rencontra le sien, et Lord Voldemort eut peur de ce qu'il vit. Pas besoin de Légilimancie pour comprendre. Une lueur folle venait de s'allumer dans les yeux de Bellatrix. D'ordinaire, il appréciait cette lueur, annonciatrice d'un massacre sanglant dont ils se réjouissaient l'un comme l'autre au plus au point... Mais là, son plaisir ne se dirigeait sûrement pas vers un meurtre... Il recula d'un pas. Malheureusement, c'était en direction du lit. Bellatrix y lut un signe d'approbation et sauta sur le Seigneur des Ténèbres pour l'embrasser à pleine bouche. Emportés par son élan, ils tombèrent tous les deux sur le lit. Sans quitter la bouche de son Maître, elle se mit en devoir de le débarrasser de ses vêtements, pour atteindre tout se suite sa peau.
Aveuglé par une touffe de cheveux sombres, étouffé par une bouche qui lui faisait l'effet d'une ventouse, Lord Voldemort paniqua. Deux viols coup sur coup, il ne fallait tout de même pas abuser ! Sans compter que Bella... Il appréciait ses qualités de lieutenant au combat, mais ce n'était vraiment pas son type...
Il parvint non sans mal à se saisir de sa baguette, et la repoussa avec violence. Bellatrix repartit à l'assaut comme une désespérée.
Il voulut la punir de son audace, mais elle aurait aimé la torture, à tous les coups... Elle aurait trouvé ça excitant...
- Avada kedavra !
Bellatrix Lestrange s'effondra sur son lit, inerte. Lord Voldemort venait de sacrifier sa plus fidèle Mangemorte. En même temps, il n'avait pas eu le choix : c'était un cas de légitime défense.
(1) cuniculiculture : élevage de lapins domestiques (à quoi pensiez-vous ???)
Chapitre 10 : Oh Baby come back...
Note de L'auteur : A la base, c'est une chanson d'Hervé Vilard qui s'intitule <i>Reviens</i>. J'ai cherché sur le clip sur Youtube pour ceux qui ne connaissent pas. Pas trouvé le clip d'Hervé Vilard, mais j'ai trouvé une version avec Serge Nelson qui chante...
http://youtube.com/watch?v=3UtdohKpV4c
Au final, c'est peut-être pas plus mal, ça va très bien avec l'image que j'ai en tête de cette scène : le costume, la perruque... mdr
Oui, c'est Lord Voldemort qui chante ça. Evidemment, nous sommes dans le WWF (Wonderful World of Fanfiction).
Quelques jours avaient passé depuis ces dernières aventures, Poudlard avait repris son train-train quotidien, et Hermy-Pouf – ou Tunnel Mione pour certains – commençait à devenir un élément du paysage, au même titre que Mimi Geignarde ou Miss Teigne. Toute école a sa Pouf attitrée, de toutes façons... Hermione avait juste coiffé ses concurrentes au poteau, une fois de plus. Blaise Zabini lui avait finalement cédé, et Rogue devenait plus paranoïaque que jamais : il savait que Potter avait une cape d'invisibilité depuis la troisième année, et il craignait que Miss Granger ne s'en empare et ne le prenne par surprise. C'est pourquoi, avant de s'enfermer dans une pièce, et plus particulièrement si ladite pièce était une salle de bains, il utilisait toujours un sort détecteur de présence. Question élémentaire de sécurité. Mais il se consolait en se disant chaque soir que la potion était un peu plus avancée, qu'elle serait bientôt prête, et qu'alors, il prendrait sa revanche sur miss Granger.
Il faisait froid, ce matin-là. Hermione descendit habillée en pouf, comme d'habitude, et les élèves qui levaient désormais les yeux sur elle se contentaient seulement de se mettre au courant de la couleur du string du jour. Rose fluo, en l'occurrence, avec des strass pour que ça soit moins terne. Hermy-Pouf commençait à passer de mode. Il n'y avait guère plus que le Poudlard Express et Rogue qui n'étaient pas passé dessus... La rumeur allait même jusqu'à prétendre qu'elle avait tenté la chevauchée des Walkyries avec Firenze... Mais il faut toujours se méfier des rumeurs, même quand il s'agit d'une pouf. De toutes façons, Harry veillait au grain, et Ron devait sûrement tenir un listing précis des amants d'un soir. Il était rare en effet que Hermione retourne deux fois dans les mêmes bras. Seuls quelques privilégiés avaient eu une deuxième chance. C'était d'ailleurs le cas de Drago Malefoy, qu'elle avait de nouveau envoyé paître ensuite, en déclarant cette fois devant toute la Grande Salle qu'il ferait mieux de s'entraîner tout seul avant, ou avec Pansy si elle voulait bien de lui, et que Crabbe et Goyle seraient sûrement un meilleur coup à eux deux. Les deux intéressés avaient donc pris une réservation. Il ne faut jamais cracher dans la soupe, après tout. Ils avaient même eu un trait d'esprit à ce propos, pour justifier leur soudain intérêt pour une Sang-de-Bourbe : « Un trou est un trou, une bite n'a pas d'oeil. » [NdA : l'auteur de cette fiction n'a jamais écrit que les traits d'esprits de Crabbe et Goyle volaient très haut, et s'excuse par conséquent de cette incorrection stylistique.] Pansy, quant à elle, n'avait pas tenu rigueur à Hermione pour l'avoir fait passer pour un lot de consolation de deuxième classe, mais, au contraire, avait lancé un regard qui se voulait de braise à Drago Malefoy, mais qui lui avait plutôt glacé les sangs.
Hermione atteignit la table des Gryffondor en roulant des hanches, et s'assit à cheval sur le banc, comme d'habitude, pour grignoter un petit-déjeuner, tout en ignorant les regards de chien battu que Malefoy lui lançait.
Les chouettes firent leur entrée dans la Grande Salle, pour la distribution du courrier. Le paquet de lettres de déclarations à Hermione commençait singulièrement à diminuer, ainsi que la longueur des missives. Les premiers temps, ses prétendants faisaient au moins l'effort d'écrire un parchemin d'une vingtaine de centimètres, avec des formules poétiques du style « on ira, où tu voudras quand tu voudras, et on s'aimera encore lorsque l'amour sera mort... », « tu es le soleil de ma vie », « ta mère est une voleuse parce qu'elle a pris les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux. », etc. Mais maintenant, la teneur de la plupart des messages se réduisait à : « voulez-vous coucher avec moi ce soir ? » McGonagall et le corps enseignant avaient pris le parti de faire semblant de ne plus voir ces arrivages massifs de courrier. Ron et Harry récupéraient les cartes et allaient dire deux mots aux expéditeurs, mais bien souvent ça ne les décourageaient pas pour autant et ils retentaient leur chance le lendemain.
Un vautour se glissa maladroitement dans la Grande salle, déployant ses ailes immenses au-dessus des élèves qui eurent un instant de panique devant l'envergure de l'oiseau, au milieu des chouettes et les hiboux, et déposa une enveloppe rouge, qui commença à fumer dès qu'elle arriva devant Hermione. L'oiseau repartit tant bien que mal. Hermione, Ron et Harry regardèrent la lettre sans comprendre.
- Qui a bien pu t'envoyer une Beuglante ? Demanda Harry.
- Ouvre-là vite avant qu'elle n'explose ! Dit Ron, qui gardait un souvenir cuisant de sa propre expérience.
Hermione resta là sans bouger, et la lettre finit pas s'ouvrir toute seule, délivrant une bague, sertie d'une <g>améthyste (1)</g>. Ce n'était pas une Beuglante. C'était une lettre d'amour. Une lettre de Lord Voldemort, en son et lumières, s'il vous plaît.
Reviens, elle est là près de moi, elle est belle
Je te vois quand je suis avec elle
Après tout, après toi, je n'ai rien,
Tu sais bien
Reviens, on va vivre la main dans la main
C'est écrit sur les murs de la vie
C'est écrit c'est certain je l'oublie
J'ai gardé une place au soleil, pour toi, pour moi
Oui j'ai fait l'amour avec elle, de toi à moi
Reviens, on va vivre la main dans la main
L'aventure avec toi c'est si bien
Amoureux, malheureux, ça n'fait rien
C'est si bien
Reviens, elle est là, elle sourit, elle est belle
Elle est bien quand je suis avec elle
Elle est là près de moi et c'est toi
Que je vois
Oui, en aimant toutes celles qui m'ont pris
Dans leurs mains, dans leurs yeux, j'ai appris
On a qu'un seul amour dans la vie.
C'est la traversée du désert pour toi, pour moi
On a bien raison de la faire, de toi à moi
Reviens, on va vivre la main dans la main
C'est écrit sur les murs de la vie
C'est certain c'est écrit je l'oublie
Je l'oublie c'est certain je crie
Reviens, on va vivre la main dans la main
L'aventure avec toi c'est si bien
Amoureux, malheureux, ça n'fait rien
C'est si bien
C'est pourquoi je crie
Reviens, on va vivre la main dans la main
C'est écrit sur les murs de la vie
Amoureux, malheureux, ça n'fait rien, ça n'fait rien
C'est pourquoi je crie
Amoureux, malheureux, ça n'fait rien
La voix de Lord Voldemort finit par se perdre dans les échos de la Grande Salle. Tous les yeux étaient braqués sur Hermione, pour la plupart horrifiés. Il faut dire que, d'une part, c'était la voix de <i>Lord Voldemort</i>, ce qui est déjà terrifiant en soi, et d'autre part, c'était la <i>voix</i> de Lord Voldemort. Et ça, c'était également terrifiant. Quand on fait tout pour devenir Maître du monde, on a tendance à négliger les cours de chant. C'était bien dommage en ce qui le concernait. Rusard avait accouru, persuadé qu'un élève essayait d'égorger Miss Teigne.
De son côté, Dumbledore contemplait la scène avec un large sourire. Il n'avait jamais pensé à cet aspect de la poupoufisation de miss Granger, mais peut-être que finalement, la solution était là... Il se tourna pour faire part de cette idée à McGonagall. La directrice-adjointe avait disparu de sa chaise. Cependant, elle n'était pas bien loin, évanouie dans les bras de Rogue, plus exactement, qui n'avait eu que le temps de la rattraper et essayait de la faire revenir à elle en lui tapotant doucement les joues. Albus Dumbledore eut une vision fugitive du prochain couple qui se formerait à Poudlard, puis chassa cette idée de son esprit aussitôt : il aurait bien le temps de s'occuper de ça plus tard...
Il aida Rogue à soutenir Minerva, puis s'empressa de lui servir un verre d'eau lorsqu'elle daigna enfin reprendre connaissance. Les nerfs de la pauvre femme étaient à vif à cause de toute cette histoire.
Pendant ce temps, Harry revenait lui aussi de sa surprise. Ron était trop terrifié pour que son cerveau enregistre l'aspect surprenant de l'événement, comme beaucoup de ses camarades.
- Non ! Ne touche surtout pas à cette bague ! C'est forcément un piège ! Cria-t-il à Hermione.
- Pourquoi ça, Harry ? Demanda-t-elle innocemment.
- Cette bague est peut-être ensorcelée avec de la magie noire, c'est peut-être un Portoloin, n'y touche pas !
Celle-ci contempla un moment l'objet, puis haussa les épaules et s'en détourna. Dumbledore s'empressa de récupérer l'objet sans le toucher, pour l'examiner à sa guise, puis convoqua une fois de plus Ron, Harry et Hermione dans son bureau. Cette fois, Rogue dut presque porter le professeur McGonagall, manifestement trop secouée par cette dernière péripétie. Et pour une fois, McGonagall ne criait pas après Rogue, mais se cramponnait plutôt à lui comme un ivrogne à sa bouteille. Les autres professeurs ne tardèrent pas à les rejoindre, et firent cercle dans le bureau du directeur.
- Miss Granger, dit-il après un moment de silence et après avoir examiné la bague, il me semble que cet objet est on ne peut plus normal, je crois que je peux vous le rendre sans problème.
Hermione récupéra la bague, mais ne la mit pas à son doigt, au grand soulagement de Harry et Ron.
- Qu'en pensez-vous ? Reprit-il.
- De quoi, Monsieur ? Demanda-t-elle.
- De la déclaration de Lord Voldemort, évidemment !
- Oh, j'ai trouvé ça... mignon et attentionné. Même s'il chante archi-faux, dit Hermione comme si ça n'avait aucune importance.
- Vous songez à y répondre ?
- Peut-être... Après tout, c'est un bon coup. Et puis, il est populaire...
- Populaire... Euh... Connu, certainement, mais je n'irais pas jusqu'à dire « populaire »... précisa Dumbledore.
Hermione n'avait cure de ce genre de détail. Pour elle, seuls les détails pratiques importaient : couleur du string, et lieu de la débauche étaient des préoccupations d'une importance plus capitale. Un string mal coordonné avec le wonderbra et le maquillage était une faute de goût impardonnable.
- A mon avis, il ne faut pas que Miss Granger revoie Vous-Savez-Qui, dit Minerva. S'il a été pris par surprise la première fois, il ne le sera pas la seconde, et cette fois-ci pourrait bien être la dernière. C'est un monstre redoutable, et je serais d'avis qu'il ne faut pas provoquer le Destin deux fois.
- Voyons, Minerva, vous serez d'accord pour dire que Lord Voldemort a pris contact avec miss Granger de façon tout à fait originale, et à mille lieues de son style habituel. Vous conviendrez donc que le sentiment amoureux produit un changement notable sur son comportement... Après tout, si son amour pour Hermione l'amenait à renoncer à tuer Harry et toute personne qui n'est pas de sang sorcier pur, je ne verrais aucun inconvénient à une nouvelle entrevue avec Miss Granger, dit Dumbledore.
Harry regarda son directeur avec des yeux ronds. Qu'il songe un instant à envoyer Hermione dans le lit de Voldemort pour tenter de sauver le monde et lui-même lui paraissait l'idée la plus grotesque du siècle. A ce compte-là, autant se sacrifier tout de suite.
- Mais voyons, Albus, nous ne pouvons pas faire ça ! Ce serait de la folie ! Sans compter que Miss Granger ne serait pas à l'abri de représailles des partisans de Vous-Savez-Qui eux-mêmes !!! reprit McGonagall d'une voix aiguë.
- Peut-être devrions-nous demander l'avis de miss Granger ? Dit Rogue avec beaucoup de bon sens et d'appoint.
N'oublions pas de préciser qu'il risquait une énucléation dans cette affaire, après tout : le bon sens était donc de mise.
- Je pensais à la Chambre des Secrets... dit-elle évasivement.
- La Chambre des Secrets ? Répéta Ron sans comprendre. [NdA : L'auteur décline toute responsabilité si Ron Weasley est toujours à la ramasse, et plus particulièrement dans le WWF.]
- Bah oui, si je ne peux pas aller le voir, c'est à lui de venir, non ? Et la Chambre des Secrets serait l'endroit parfait pour une partie de jambes en l'air avec Voldynouchet, non ? dit Hermione.
Son sens pratique avait quelque chose de terrifiant, parfois. Harry et Rogue manquèrent de s'étouffer au nom de « Voldynouchet », et McGonagall poussa un faible cri horrifié dans son mouchoir.
- Miss Granger, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée... commença Rogue, qui voulait arrondir les angles.
Il est rare de voir Rogue vouloir arrondir les angles. Mais rappelons que nous sommes dans une situation extrême, après tout. Sans compter que présentement, il tapotait affectueusement la main de McGonagall pour la réconforter.
- Pourquoi, à quoi ça sert une chambre d'habitude ? A moins que... vous projetiez de m'y emmener vous-même, n'est-ce pas, professeur ? Dit-elle à Rogue en battant des cils.
- Euh, non, pas vraiment... En fait, Miss Granger, je songeais – et j'espère parler au nom de tous les professeurs ici présents – qu'il serait imprudent d'introduire le Seigneur des Ténèbres dans l'école. Sait-on jamais: Potter, le professeur Dumbledore, une envie soudaine de pouvoir... Il pourrait devenir dangereux...
Les professeurs acquiescèrent à l'unanimité et avec ferveur. Rogue venait d'avoir son heure de gloire au sein de l'équipe pédagogique.
- Que fait-on, alors ? Dit Dumbledore. Nous voilà dans une impasse. Je n'ose envoyer miss Granger hors de l'école, et Madame Rosmerta m'en voudrait de recommander son établissement à Lord Voldemort pour une chambre à l'heure... Il ne faudrait pas que son auberge devienne une maison de passe ! [NdA : c'est clair, transformer L'auberge des Trois Balais en maison close est indécent, mais coller Hermione dans le lit de Voldemort pour des raisons tactiques et bassement terre-à-terre, ça n'est pas un problème majeur en soi du point de vue moral...]
Un silence gêné s'installa.
- Bon, bah dans ce cas-là je le plaque ! Dit Hermione sans état d'âme.
Un concert de soupirs de soulagement se fit entendre. Mais la peur de voir Voldemort débarquer pour faire une scène à Hermione ou massacrer un village entier en représailles traversa les esprits. Hermione comprit les inquiétudes de ses professeurs.
- Non, ne vous inquiétez pas, j'ai une idée. Quelqu'un aurait un parchemin pour écrire la réponse ?
Dumbledore lui fit apparaître tout le matériel nécessaire à la confection d'une lettre, et Hermione écrivit avec application sa lettre de rupture.
<i>« Cher Voldy,
On a passé de bons moments ensemble, et certains souvenirs resteront à tout jamais gravés dans ma mémoire, surtout toi avec les menottes roses, attaché au lit. Mais les choses sont ce qu'elles sont, je te quitte. Avec un peu de regret, c'est vrai, mais je m'en remettrai. D'autres hommes m'appellent, je ne saurai me fixer avec un seul et même pour le moment. De plus, il faut compter que Poudlard est une véritable <g>Oligarchie (2)</g>, et le professeur Dumbledore n'a pu faire entendre raison aux autres professeurs : nous ne nous reverrons donc pas.
Néanmoins, cet été, je passerai bien un petit peu de temps avec toi, dans un endroit reculé du monde, où nous ne serions que tous les deux. Que dis-tu du Tibet ? J'ai toujours rêvé de monter au septième ciel depuis les plus hauts sommets de cette Terre...
Je te laisse t'occuper des détails, je suis sûre que tout sera parfait.
Bisous partout où tu en auras envie,
Hermy la Tigresse.</i>
Hermione cacheta le parchemin avec soin, et Dumbledore lui prêta Fumsek pour envoyer la missive à Lord Voldemort. L'avantage de posséder un phénix pour ce genre de choses, c'est que le phénix est immortel, donc Voldemort ne peut pas le tuer dans un accès de rage ou de désespoir.
- L'affaire est réglée... Mais je suis toute seule maintenant... Professeur Rogue, vous me devez bien une soirée, dit Hermione avec un sourire séducteur.
Rogue rougit violemment, ce qui produisit un contraste effrayant avec son teint blafard. Les autres professeurs lui tapotèrent l'épaule en signe de soutien, et sortirent de la pièce en silence. Dumbledore esquissa un signe de tête : il fallait bien faire quelques sacrifices...
(1) améthyste : pierre précieuse violette, variété de quartz
(2) Oligarchie : régime politique dans lequel la souveraineté appartient à un petit groupe de personnes, à une classe restreinte et privilégiée.
Chapitre 11 : Vertueuse potion de Vertu
Sans l'attentat au chaudron de Drago, Severus Rogue n'aurait jamais connu de soirée si mouvementée. Elle ne l'avait pas laissé en repos plus de sept minutes. Il avait bien cru que sa pression artérielle ne s'en remettrait jamais. Toujours est-il que Hermione Granger avait épinglé le professeur Rogue à son tableau de chasse. Pour le coup, elle avait presque fait carton plein. Désormais, Rogue ne dispensait même plus ses cours. A vrai dire, il ne quittait plus des yeux la potion. Il ne restait plus qu'une semaine, et elle serait fin prête. McGonagall avait été très claire à ce sujet. Elle l'énucléerait elle-même si un nouvel accident venait à se produire. Mais il avait retenu la leçon sans avoir besoin de menaces supplémentaires. Il avait été traumatisé à vie...
Drago Malefoy était désormais magiquement tenu loin des cachots, par mesure de sécurité. Il faut tout de même préciser qu'il avait tenté un nouveau sabotage, mais que sa tentative de rajouter des crottes de Doxys séchées dans la potion pendant que Rogue était assoupi avait été déjouée de justesse, et Drago avait été condamné à manger lesdites crottes de Doxys en guise de quatre heures par un professeur Rogue furieux et pour une fois intransigeant avec un élève de sa Maison.
Une deuxième lettre de Lord Voldemort était arrivée, peu après la réponse d'Hermione. Il était déjà en route, et avait choisi des bonnets péruviens multicolores pour se protéger du froid, en attendant sa venue, précisait-il. Il s'emploierait à leur créer un petit nid en amoureux rien que pour eux deux, avec plein de gadgets épatants et de la lingerie avec de la dentelle. Il espérait bien, dans le même temps, sympathiser avec un autochtone voisin très connu qui devait s'appeler... quelque chose comme Mr Bigfoot, Yéti Bigfoot plus précisément. On ne sait jamais, si un jour ils devaient manquer de pain ou de sucre...
Enfin, un lundi matin à 7H30 précises, un professeur Rogue exténué mais euphorique, aux yeux cernés mais au large sourire, entra en trombe dans la Grande Salle, une fiole à la main.
- Elle est prête ! La potion de Vertu est prête ! S'exclama-t-il en fixant Dumbledore droit dans les yeux.
Celui-ci acquiesça d'un signe de tête, puis le regard de Rogue se posa sur Hermione, ce jour-là en string rouge à petits coeurs noirs perlés. Une sorte de joie féroce émanait de lui, mêlée à ce qui devait être un profond soulagement. Tunnel Mione se douta que c'était pour elle, et se leva pour s'enfuir.
Après tout, peut-être que Rogue voulait se venger des coups de fouet de l'autre soir ? Il avait pourtant eu l'air d'apprécier...
Harry et Ron réagirent sur-le-champ. Il faut dire qu'en plus d'un mois, ils étaient passés professionnels dans l'art-de-se-saisir-d'Hermione-au-vol. Un bizarre combat de catch s'engagea dans la Grande Salle. La pouf en Hermione se défendait bec et ongles... et talons aiguilles.
- Stupéfixez-là !!! s'exclama Ron, qui venait de se prendre un coup de talon aiguille dans la cuisse.
- Mais on ne peut pas ! On risque de vous toucher ! S'exclama Neville, baguette levée.
En même temps, avec Neville, même s'ils avaient été à trois mètres d'Hermione, il y aurait quand même eu un risque...
- A trois on la lâche, et je m'en occupe, d'accord ? Dit Harry en un souffle. Un... Deux... Trois !!!
Ron et Harry lâchèrent Hermione, qui s'enfuit aussitôt en courant, se tordant les chevilles à chaque pas et manquant de tomber plusieurs fois. Harry n'eut que le temps de ramasser sa baguette et de viser, avant qu'elle n'atteigne la porte.
- Stupéfix !
Hermione s'effondra au sol. Son rouge à lèvres noir tenue longue durée n'avait pas survécu au combat.
Rogue se précipita sur elle, et s'agenouilla pour lui déverser la potion dans le gosier, mais Harry l'en empêcha à temps.
- Professeur, il serait plus sage d'emmener Hermione à l'infirmerie, vous ne croyez pas ?
Rogue avait beaucoup plus appris dans cette histoire qu'on n'aurait été tenté de le croire. Pour preuve, il tint compte de la remarque de Harry du premier coup. A trois, ils soulevèrent le corps d'Hermione, et la conduisirent tant bien que mal à l'infirmerie.
- Il faudrait peut-être la ligoter et la ranimer avant de lui faire avaler la potion, sinon, elle risque de s'étouffer, professeur, dit fermement Harry.
Rogue songea que malheureusement, il aurait bien aimé faire abstraction de cette suggestion. Il aurait pu défendre la thèse de l'accident si Hermione était morte étouffée. Mais là, en l'occurrence, son alibi était mis à mal. Il s'exécuta donc.
A peine revenue à elle, Hermione se mit à hurler et à cracher comme une possédée. Aidés de Mme Pomfresh, ils se mirent à trois pour lui faire avaler la potion. Hermione tenta de la recracher plusieurs fois. Il faut dire que la couleur <g>bilirubine (1) </g> du liquide n'avait rien de très engageant. Enfin, ils réussirent à lui faire avaler le contenu de la fiole.
Hermione poussa un cri de dégoût, puis sa tête s'affaissa. Elle était évanouie.
- Qu'avez-vous fait ? Demanda Harry, soudain blême.
Il venait de se rendre compte qu'il avait laissé Rogue administrer une potion à une élève. La plupart du temps, c'était sa menace favorite en cours : la tentative d'empoisonnement. Il venait de mettre ses menaces en pratique, et lui, Harry, avait cautionné ça...
- Du calme, Potter, je n'ai tué personne. Miss Granger va avoir besoin de beaucoup de repos. Je n'ai encore jamais tenté d'empoisonner qui que ce soit, et si je devais le faire, vous seriez en tête de ma liste, rassurez-vous.
Pas très rassuré par cette perspective, Harry n'en resta pas moins intrigué par l'intrusion de Rogue dans son monologue intérieur...
- Potter, si vous fermiez votre esprit, je n'aurais pas besoin de m'efforcer à faire taire vos jérémiades perpétuelles. Vous êtes pire qu'un livre ouvert.
Mme Pomfresh les fit sortir de l'infirmerie. Il fallait qu'elle fasse enfiler un pyjama à Hermione, et elle avait besoin de repos, de toutes façons.
Ils retournèrent à la Grande Salle. Dumbledore vint à leur rencontre.
- Excusez-moi de ne vous avoir pas rejoints, mais Minerva n'était pas en état nerveux de rester seule. Comment va Miss Granger ? A-t-elle bien pris la potion ?
- Comment va-t-elle ? Je veux dire, Minerva n'a rien ? Demanda Rogue, inquiet.
Dumbledore nota cette attention de la part de Severus, ce qui était presque une première le concernant. Il avait rarement des attentions pour ses collègues ou ses élèves, pour ainsi dire jamais.
- Elle va bien, ne vous inquiétez pas. <g>Alors, ça s'est passé comment ?
- Je trouve qu'elle l'a pris... plutôt bien. </g>
Rogue haussa les épaules, et partit rejoindre Minerva, toute pâle à la table des professeurs. Il s'assit à côté d'elle et lui prit la main. Harry eut juste le temps d'entendre quelque chose comme :
- Oh, Severus...
Le professeur Dumbledore lui parla, ce qui détourna son attention. Ils donnèrent les détails que Rogue n'avait pas cru bon de fournir, puis le directeur leur conseilla de ne pas aller en cours, et de prendre eux aussi une journée de repos bien mérité. Après plus d'un mois de vigilance constante, la fatigue se lisait sur leurs traits.
Hermione dut passer plusieurs jours à l'infirmerie. En effet, passer un mois et demi à moitié à poil, nombril à l'air et décolleté ouvert, ça n'est pas une très bonne idée, surtout quand arrive le mois de novembre. Hermione affronta coup sur coup une pneumonie, une gastro-entérite, et une angine. Traitements magiques ou pas, quand on est malade, on est malade...
Sans compter que lorsqu'on couche avec plusieurs partenaires sortis d'on ne sait trop où, on peut craindre quelques désagréments... Hermione s'en tira sans Maladie Sexuellement Transmissible grave, mais avec une infection urinaire et des morpions. Un moindre mal, en somme...
Chapitre 12 : Vraiment, tu ne t'en rappelles pas ?
Hermione fit son apparition dans la Grande Salle le jeudi. A la grande joie de Harry et Ron, elle était redevenue « la bonne vieille Hermione » : bataille perdue contre ses cheveux, uniforme réglementaire, une bonne vingtaine de livres dans son sac de cours, à moins qu'elle ne se promène avec un parpaing, et pas de maquillage.
- Vous m'avez pris les cours au moins ? Demanda-t-elle instantanément.
- Bonjour Hermione, nous aussi ça nous fait plaisir de te voir ! Répondit Ron.
Hermione s'installa à table, sortit son livre de runes, le posa en équilibre précaire contre le pichet de jus de citrouille, et commença à réviser le vocabulaire de runes anciennes [NdA : oui, même qu'elle doit faire entrer dans sa tête une bonne 400aine de mots, comme toi Lylene... au lieu de glander... ça pourrait te rendre service en mars d'apprendre du vocabulaire en Ancien Français... pas vrai ?]. Elle avait dû accumuler un retard monstrueux, elle ne devrait pas traîner à tout rattraper.
- Salut Mione ! Lança Michael Corner à la table en face.
Hermione releva la tête sans comprendre. Michael était un garçon très sympathique, mais pas familier au point de l'appeler par ce sobriquet ridicule...
- Yep, Hermy ! On remet ça quand tu veux, OK ?
Hermione tourna la tête. Dans son dos, Justin Flint-Fletchley venait de l'apostropher. C'était à n'y rien comprendre. Hermy ? Où avait-il pu pêcher un surnom aussi crétin ?
Prise d'un malaise soudain, elle abandonna la révision de son vocabulaire de runes anciennes, et regarda autour d'elle. Neville rougit et prit un air contrit. A la table des Serpentard, Drago Malefoy la regardait avec un pauvre air larmoyant. Absolument pitoyable. Nott lui fit un clin d'oeil coquin et Zabini lui réserva son sourire le plus charmeur.
Houston, je crois qu'on a un problème.
Hermione prit une profonde inspiration et se tourna vers Harry, parce qu'une question pressante lui brûlait les lèvres.
- Laisse tomber, Hermione, ça serait trop long à t'expliquer, répondit Harry, devinant la question.
Devant son air sombre, elle ne répondit pas, mais les yeux baissés de gêne de Ron ne l'aidèrent pas à se rassurer.
Les hiboux firent leur entrée dans la Grande Salle, et Harry et Ron lancèrent presque le livre de runes d'Hermione : il fallait qu'elle quitte la table en leur tournant le dos pour ramasser les lettres avant elle.
- Non mais qu'est-ce qui vous prend ? Ça ne va pas de jeter mon livre ? Vous allez l'abîmer, espèces de Vandales !
Hermione se leva, et s'accroupit pour ramasser le livre. Trois hiboux étaient déjà posés. Harry et Ron leur arrachèrent les missives plus qu'ils ne les détachèrent. Pour le reste, ils firent de grands moulinets de bras en criant aux oiseaux qu'il n'y avait pas de destinataire à cette adresse. Hermione les regarda comme s'ils étaient fous.
- Ce courrier m'est adressé ? Demanda-t-elle avec suspicion.
- Non, non, c'est une erreur ! Dit Ron.
Et pour être sûr qu'Hermione n'essaierait pas de lui arracher la lettre des mains, il la mangea. Harry se contenta de brûler les papiers compromettants.
La matinée fut encore surréaliste. Des types à qui elle n'avait jamais parlé faisaient exprès de se coller à elle dans les couloirs pour lui mettre la main aux fesses. Elle avait beau se retourner pour les gifler, elle avait l'impression que tout Poudlard s'était donné le mot.
- Alors, Bonasse, on joue les timides aujourd'hui ? Ça t'excite, pas vrai ? Lui glissa à l'oreille un goujat qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam.
- Va voir ailleurs, crétin ! Lança Harry en s'interposant.
Heureusement, le type n'insista pas, pensant sûrement que Harry était le copain du jour de ladite bonasse.
- Harry, tu peux m'expliquer, oui ou non ? Demanda Hermione, une pointe d'angoisse dans la voix.
- Sérieusement, Hermione, je ne préfère pas, répondit-il, laconiquement.
La fin de la journée fut encore pire. Elle s'était fait traiter de pouf, de Tunnel, de Grosse Ch... Dean et Seamus la regardaient avec contrition, Neville était venu lui présenter des excuses bafouillées, sans queue ni tête... Et Drago Malefoy lui avait fait une scène dans les couloirs, en parlant de « souviens-toi c'était le grand jour, le grand pas vers le grand amour », en se traînant à ses pieds. Ça a peut-être l'air cocasse dit comme ça, mais Hermione ne trouvait rien de drôle à cette situation. Elle n'avait strictement aucune idée de ce qui avait pu se passer ces derniers jours. Elle s'était couchée dans son lit un soir, et réveillée dans un des lits de l'infirmerie un matin, c'était tout. Le calendrier lui apprit qu'elle avait dû jouer la Belle au Bois Dormant pendant près d'un mois et demi, environ. Qu'avait-il bien pu se passer ?
Harry et Ron étaient muets comme des tombes sur ce qu'elle avait bien pu dire ou faire... et ne semblaient vraiment pas enclins à vouloir en parler.
Son malaise fut à son apogée le soir même, au moment de se coucher, lorsque plusieurs indices s'étalèrent devant ses yeux : dans son agenda, des dizaines de noms de garçons noircissaient les pages, avec des notes attribuées à chacun, selon un barème très précis, comprenant, entre autres, la manière d'embrasser, la longueur de la... baguette magique, ou encore l'habileté à dégrafer un soutien-gorge. Dans sa table de chevet, plusieurs lettres d'amour... dont deux signées Lord Voldemort.
Il avait dû se passer quelque chose de grave. Qu'avait-elle bien pu faire pour recevoir du courrier de Lord Voldemort ? La nécessité des circonstances était telle que le savoir ne suffisait plus à soulager la soif de vérité qui habitait sa conscience coupable et pourtant encline à espérer. [NdA : Cette phrase tordue est de Verowyn, je précise !]
Elle se tourna alors vers les seules personnes qui accepteraient de lui dire la vérité. Et qui gloussaient en ce moment même. Lavande et Parvati.
- Lavande ? Parvati ?
- Oui ? Dirent-elles en choeur.
- Pour être honnête, je n'ai strictement aucune idée de ce qui s'est passé pendant le mois et demi qui vient de s'écouler... vous pourriez éclairer ma lanterne ?
Elle vit tout de suite, dans le regard de jubilation des deux filles, qu'elle n'allait pas aimer ce qu'elle entendrait. Et pour le coup elle avait vu juste.
Lavande et Parvati lui firent un récit détaillé et exhaustif de TOUT ce que Hermione avait pu dire ou faire ces derniers temps. Ce n'était pas bien difficile : Hermione avait tellement commenté ses propres aventures amoureuses qu'elles n'avaient même pas besoin d'enjoliver. Enfin, tard dans la nuit, elles firent leur récit, et se couchèrent, pleurant de rire.
Hermione, quant à elle, n'en dormit pas de la nuit, et en fut malade.
Le lendemain, Harry et Ron se dirent qu'il valait peut-être mieux attendre Hermione au bas des escaliers, dans la Salle Commune. Sait-on jamais, la potion avait peut-être échoué, il fallait peut-être tout recommencer à zéro... et puis, mieux valait ne pas laisser Hermione seule: parmi la foule de ses ex, certains n'avaient pas le cerveau assez développé pour comprendre qu'Hermione aurait sûrement besoin de calme, désormais...
Hermione ne parut pas. Ils envoyèrent Ginny en reconnaissance, qui ne tarda pas à redescendre : Hermione ne voulait pas bouger de son lit. Parvati et Lavande lui avaient tout raconté, elle mourait de honte et il était hors de question qu'elle se montre en public. Plus jamais. Elle chercherait cette nuit à la bibliothèque (si tu lui prêtes ta cape, s'il te plaît Harry, par pitié) quels sont les endroits les plus isolés sur Terre pour se cacher. Au pire, un couvent moldu ferait l'affaire. Jamais elle ne s'était sentie aussi mal de toute son existence, ce qui, somme toute, était bien compréhensible.
Ron et Harry n'insistèrent pas, et descendirent dans la Grande Salle. Le professeur Dumbledore avisa tout de suite qu'Hermione n'était pas là, et les convoqua dans son bureau après le petit-déjeuner.
- Hermione va avoir besoin de vous pour surmonter cette épreuve. Encore une fois, je compte sur vous.
- Oui, monsieur. Ne vous inquiétez pas, répondit Harry.
Le week-end passa, et Hermione n'avait toujours pas reparu. D'après Ginny, elle s'était retranchée dans son lit à baldaquins et ne bougeait pas de la journée, rideaux tirés, sans parler. Pour parer à toute tentative de suicide par grève de la faim, Harry et Ron insistèrent pour que Ginny lui apporte à manger.
Enfin, le lundi matin arriva, et Hermione n'avait toujours pas donné signe de vie. Harry se mit en colère au bas des escaliers du dortoir des filles.
- HERMIONE, ÇA SUFFIT, TU DESCENDS TOUT DE SUITE OÙ JE VIENS TE CHERCHER AVEC MON BALAI ET JE TE RAMÈNE PAR LA PEAU DES FESSES ! Hurla-t-il.
Il pensa vaguement sur le coup qu'il n'aurait peut-être pas dû employer le mot fesses, un peu mal venu pour Hermione, ces temps-ci. Quelques minutes après, à sa grande surprise, Hermione fit son apparition. En peignoir, le visage mangé par les larmes, les cheveux plus emmêlés que jamais, elle alla directement se rouler en boule dans un des fauteuils défoncés, près de la cheminée, sans leur accorder un regard.
Harry comprit une partie du problème. Parfois, il faisait preuve d'intuition, ce qui se révélait salutaire. Il s'approcha d'elle et lui toucha l'épaule. Hermione ne bougea pas.
- Hé, ça va ? Murmura-t-il.
Hermione renifla.
- Je viens de passer un mois et demi dans la peau d'une pouf USB, je n'ai aucun souvenir de ce que j'ai pu dire ou faire, mais les gens se font un plaisir de s'en rappeler pour moi. A peu près tout Poudlard m'est passé dessus, ce qui fait de moi la plus jeune et la plus demandée des poufs de Poudlard à travers les âges, sans compter que j'ai entre autres couché avec Rogue et Lord Voldemort. J'ai manqué près d'un mois et demi de cours, je vais rater mes ASPIC en beauté, mais à part ça, Harry, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
Sentant poindre les larmes d'Hermione, Harry lui tendit un mouchoir. Hermione eut un pauvre sourire, puis se moucha bruyamment.
- Tu ne peux pas t'imaginer comme j'ai honte.
- Oh si, j'en ai une petite idée, tu sais... Tu te rappelles, Rita Skeeter ? L'adolescent perturbé, dangereux, à qui tu as soi-disant brisé le coeur ? Dis-toi que <i>La Gazette du Sorcier</i> est lu par une écrasante majorité de la communauté sorcière, et tout le monde a pu lire ces horreurs sur moi, et ça a duré un an...
Hermione renifla, et tordit nerveusement les manches de son peignoir. Harry avait raison, il fallait qu'elle passe outre les quolibets. Ils finiraient bien par cesser tôt ou tard...
- Il n'y a pas que ça... j'ai honte par rapport à vous... Je suis désolée, Harry, pour toi, pour Ginny, pour Ron...
Une tempête de larmes vint interrompre son discours. Hermione se jeta dans les bras de Harry, et pleura sur son épaule toute la misère du monde.
Harry regarda Ron, un peu paniqué : décidément, les filles faisaient exprès de lui pleurer dessus... Il eut cependant la présence d'esprit de l'étreindre, et de la consoler. Ron s'approcha à son tour, et posa la main sur son épaule. Hermione changea de bras, et vint se réfugier contre Ron, qui ne recula pas pour fuir. [NdA : Oui, je sais, beurk... mais c'est en toute amitié...]
Quant enfin Hermione se calma, Harry put lui expliquer certaines choses que Lavande et Parvati avaient dû omettre.
- Tu sais, Hermione, c'était un accident. Et c'est de la faute de Rogue, pas la tienne, si tout ça est arrivé. Et puis, si c'est ça qui te préoccupe, ni Ron ni moi n'avons profité de la situation. On te le promet.
- C'est vrai Hermione, on n'aurait jamais fait ça ! On te respecte trop ! Ajouta Ron.
Harry et lui échangèrent un regard, et Harry sourit. [NdA : Oui, Harry, ton meilleur ami est un hypocrite, et il l'assume !!!] Cette simple phrase fit beaucoup de bien à Hermione : savoir que ses amis avaient été là pour l'aider, et ne l'avait jamais laissée tomber malgré tout, c'était un soulagement qui n'avait pas de prix. Elle sécha ses larmes et prit son courage à deux mains. Il était temps d'affronter la vérité en face. Quelques semaines de bassesses, et tout finirait par se tasser. Heureusement, les gens oublient vite...
- Vous m'attendez encore un peu, je vais m'habiller et on descend pour le petit-déjeuner ? Demanda-t-elle.
- Pas de problème, Hermione, répondit Harry.
La semaine fut rude pour Hermione. Mais avec de vrais amis, on peut affronter toutes les situations, même les pires. Lasse de toujours répéter qu'elle n'était plus une pouf, qu'elle était guérie, qu'elle avait juste été victime d'un empoisonnement, Hermione finit par écrire une lettre à chaque élève et à chaque professeur de Poudlard (grâce à la magie, on pouvait reproduire à l'infini les lettres, ce qui s'avéra bien utile...), en précisant bien qu'elle s'excusait de tout ce qu'elle avait pu dire ou faire, et que désormais il serait bien d'arrêter de l'appeler Mione ou Hermy. Comme tout le monde avait pu le remarquer, elle s'était vestimentairement dépoupoufisée, et cela valait aussi pour son esprit. Les avances paillardes et grivoises n'étaient plus à l'ordre du jour, et elle remerciait d'avance les élèves pour le respect et l'indulgence dont ils ne manqueraient pas de faire preuve à son égard à l'avenir.
Si la plupart de ses condisciples de Poudlard enregistrèrent le message du premier coup, il faut toujours qu'il y ait au moins un irréductible, sans qui la vie serait trop calme et trop tranquille.
Drago Malefoy était tombé amoureux d'Hermy-Pouf, et, après avoir reçu une gifle monumentale pour manque de respect, il s'était mis à harceler Luna Lovegood, dans l'espoir de lui voler une Prune Dirigeable. Il voulait tenter de fabriquer une potion de Poupoufisation, qui rendrait à Hermione son état de pouf USB.
Son entreprise réussit. Malheureusement Drago Malefoy, élève blond de son état, oublia les propriétés explosives de la potion, et l'arroseur fut copieusement arrosé... c'est ainsi que Drago Malefoy se transforma en BBDS (Bad Boy Dieu du Sexe).
Mais ceci est une autre histoire... très courte heureusement, donc pas besoin d'une fic entière pour la raconter [NdA : j'anticipe les éventuelles requêtes] : Rogue avait fabriqué des litres et des litres de Potion de Vertu, au cas où...
(1) bilirubine : pigment jaune-rougeâtre, présent dans l'urine, et la bile notamment, dont l'accumulation anormale dans le sang et les tissus détermine un ictère (ou " jaunisse "), qui peut relever de causes très diverses. ce pigment provient de la dégradation de l'hémoglobine.
Chapitre 13 : épilogue
L'année fut longue, difficile, studieuse. Hermione mit les bouchées doubles pour rattraper tout son retard. Harry, Ron et Hermione occupèrent leur temps libre à la chasse au Horcruxes, si bien qu'à la fin du mois de juin, les ASPIC passés, ils étaient presque en vacances : il ne leur « restait plus qu'à trouver Lord Voldemort et le tuer. » Une tâche mineure, en somme.
Curieusement, Lord Voldemort n'avait pas donné signe de vie depuis des mois, et ses Mangemorts avaient fini par se disperser. A défaut d'être tous punis par la Justice Magique, ils avaient abandonné la partie, ou étaient partis à la recherche de leur Maître aux quatre coins du Monde. Certains étaient partis du côté de l'Amazonie, pensant qu'un Fourchelang aussi expert que le Seigneur des Ténèbres aurait pu trouver refuge au pays des anacondas... D'autres tentèrent les déserts d'Afrique, d'Asie Centrale... Mais personne n'entendit plus parler de Lord Voldemort.
Il fallait pourtant finir le travail commencé. Lord Voldemort avait eu la gentillesse de se tenir tranquille le temps que Harry détruise ses Horcruxes, il était grand temps qu'il fasse son come back pour une dernière entrée en scène avant le tomber de rideau final.
Mais pas plus que les Mangemorts, Harry ne savait où pouvait bien se trouver le Seigneur des Ténèbres. Sa cicatrice ne lui faisait plus mal depuis des mois. Il espérait juste que Lord Voldemort n'avait pas eu l'idée de créer d'autres Horcruxes : il n'avait pas envie de passer sa vie à dévéroler le monde des morceaux parasites de l'âme de Voldemort...
La réponse à ses interrogations fut apportée par Hermione, tout à fait par hasard. Le dernier jour à Poudlard était enfin arrivé. Ils avaient fait leurs dernières valises. Dernier tour de dortoir, dernière verification de chaussettes sous le lit... Hermione vida ses tiroirs de bureau, de table de chevet. Elle retomba sur toutes les lettres que les garçons de Poudlard avaient envoyées à Hermy-Pouf. Avec peut-être une pointe d'amertume, elle sourit, puis jeta le tout à la poubelle, s'étonnant d'ailleurs d'avoir gardé ces cochonneries autant de temps.
C'est alors qu'elle tomba sur deux lettres, dont une rouge, tout au fond du tiroir. Les lettres de Lord Voldemort.
Et la lumière fut.
Hermione courut directement dans le dortoir des garçons, lettre à la main.
- Les garçons, regardez ce que j'ai trouvé ! S'exclama-t-elle en entrant en coup de vent.
La tête de Ron était sous son lit, et ses fesses en l'air. Il devait ramasser des choses qui traînaient là depuis des années, peut-être. En entendant la voix d'Hermione, il se releva brusquement, et oublia qu'il avait la tête sous un meuble. Il produisit un son creux en se cognant. Harry, quant à lui, était monté dans sa malle, espérant ainsi en tasser le contenu pour tout faire rentrer. Il descendit bien vite de là en apercevant Hermione, qui le regarda d'un air affligé et pointa sa baguette sur sa malle.
- Failamalle ! Dit-elle négligemment.
Aussitôt, les affaires de Harry s'agencèrent d'elles-mêmes parfaitement, si bien que la malle n'était pleine qu'aux trois-quarts, au final.
- Merci, Hermione ! Dit Harry.
Ron émergea de dessous le lit, en se tenant la tête.
- On peut savoir ce que tu fais dans le dortoir des garçons ? Dit-il d'un ton bourru.
- Regardez plutôt !
- Les lettres de Voldemort ! Mince alors, je les avais oubliées, celles-là ! S'exclama Ron.
Ils restèrent un instant à contempler la lettre rouge, sans l'ouvrir : ils en connaissaient très bien le contenu, et n'avaient pas franchement envie d'entendre de nouveau la voix de Lord Voldemort, pour tout dire. De toutes façons, cette lettre ne contenait aucune information-clé. Mais elle était tout de même d'une importance capitale.
- Harry, est-ce que tu te rappelles si j'ai répondu à cette lettre, ou non ? Demanda Hermione.
- Oui, je crois bien... Attends, ça y est, je me rappelle ! Tu as écrit à Voldemort que tu voulais le retrouver au Tibet, je crois... Que t'avait-il répondu ?
Hermione ouvrit la deuxième lettre, et la parcourut des yeux.
- Il doit être là-bas, je pense. Au pays du Yéti...
- Si seulement on y avait pensé plus tôt... dit Harry.
- Non, au contraire, c'est parfait : j'avais dit que je viendrais pour les vacances d'été, non ? Je serai donc à l'heure au rendez-vous. À ceci près que je serai accompagnée...
Hermione eut un sourire rayonnant, qui inquiéta légèrement Harry : avait-elle un soudain souvenir de son aventure avec Lord Voldemort ?
- C'est parfait. Vraiment parfait. Terminer ses études par un voyage autour du monde, c'est vraiment la quintessence de l'éducation... En revenant, nous pourrions même rendre visite aux chamans de Sibérie, qu'en pensez-vous ? Au pourrait même passer visiter Beauxbâtons et Durmstrang... J'avais promis à Viktor que je reviendrais le voir un jour...
Son regard se perdit quelque part entre l'Ecosse et la Bulgarie, ce qui l'empêcha de voir la superbe couleur grenat qui était apparue sur le visage de Ron. Puis elle s'en alla sans plus d'explication. Harry se fit la réflexion qu'elle venait d'avoir une réaction typique de Luna Lovegood. À mille lieues du comportement Hermionesque classique, donc.
Ils mirent quelques jours à préparer leur voyage. Il fallait quand même prendre un minimum de dispositions. Il ne s'agissait pas d'aller au Tibet, de frapper à la porte de la demeure de Voldemort, et de le tuer quand il ouvrirait. Il fallait mettre au point un plan, fignoler un peu les détails... Ces vacances ne seraient pas tout à fait de vraies vacances, du moins au début...
La vieille du départ, une nouvelle éclata dans le monde sorcier avec la force d'une bombe, faisant la Une de tous les journaux, passant en boucle sur toutes les ondes radios. Harry, Ron et Hermione l'apprirent grâce à un flash spécial de la RITM (Radio Indépendante à Transmission Magique). Ils eurent un peu de mal à comprendre et à assimiler la nouvelle, tant la voix du journaliste à la radio trahissait son excitement et sa joie. Il parlait très vite, d'une voix hâchée.
- Flash spécial : une expédition menée par le père de Luna Lovegood, au Tibet, qui avait pour objectif initial de faire une interview exclusive du Yéti, a pris un tournant inattendu lorsque les membres de l'expédition ont voulu se mettre à l'abri d'une tempête en cherchant refuge chez un habitant, dans un chalet. Personne n'ayant daigné répondre, et la tempête se faisant chaque seconde plus menaçante, les membres de l'expédition ont alors pris le parti d'entrer de force, et c'est là qu'ils ont découvert... <g>la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu'à aujourd'hui, la plus brillante, la plus digne d'envie : enfin une chose dont on ne trouve qu'un exemple dans les siècles passés, encore cet exemple n'est-il pas juste; une chose qu'on ne peut pas croire </g>[en Grande-Bretagne] <g>(comment la pourrait-on croire </g>[dans le reste du monde]<g> ?); une chose qui fait crier miséricorde à tout le monde; une chose qui comble de joie</g> [l'humanité]<g>; une chose enfin qui </g>[a été découverte un] <g>dimanche, où ceux qui </g>[l'ont vue ont cru] <g>avoir la berlue; une chose qui </g>[a été découverte un]<g> dimanche, et qui ne sera peut-être pas</g> [découverte]<g> lundi. Je ne puis me résoudre à la dire; devinez-là : je vous la donne en trois. Jetez-vous votre langue aux chiens ? Eh bien ! Il faut donc vous la dire : </g>l'expédition a retrouvé un homme mort, <g>devinez qui ? Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix; je vous le donne en cent. </g>Vous êtes là à dire : <g>Voilà qui est bien difficile à deviner;</g>
- C'est Rita Skeeter, proposa Mrs Weasley.
- <g> Point du tout, Madame, </g>répondit la voix à la radio, comme si la réponse de Mrs Weasley lui était parvenue aux oreilles.
- <g>C'est donc </g>un membre du Ministère ? Proposa Hermione.
- <g>Point du tout, vous êtes bien provinciale.
- Vraiment nous sommes bien bêtes, dites-vous, c'est </g>un membre de l'équipe nationale de Quidditch ? Demanda Ron.
- <g>Encore moins.
- <g>C'est assurément</g> le Yéti lui-même, dit Harry au hasard.
- <g>Vous n'y êtes pas. Il faut donc à la fin vous le dire : </g>l'expédition a retrouvé un homme mort, un homme que l'on aurait jamais soupçonné vivre au Tibet, si seul, si reculé, pensez-vous ! Un homme que tout le monde connaît, un homme que tout le monde redoute ! Mais cependant, oui, bien un homme, puisqu'il est mort, et bien mort, au bout du compte ! Allons, vous savez bien de qui je veux parler ! Vous-Savez-Qui ! Lui-même, en personne, Vous-Savez-Qui ! <g>Ma foi ! Ma foi jurée ! </g>Vous-Savez-Qui ! Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, le Seigneur des Ténèbres ! Vous-Savez-Qui, que l'on croyait ici même, Vous-Savez-Qui, qu'on croyait immortel ! <g>Voilà un beau sujet de discourir. Si vous criez, si vous êtes hors de vous-même, si vous dites que nous avons menti, que cela est faux, qu'on se moque de vous, que voilà une belle raillerie, que cela est bien fade à imaginer; si enfin vous nous dites des injures : nous trouverons que vous avez raison ; nous en avons fait autant que vous. (1)</g>
La suite du flash info fut perdue dans une explosion de joie, et une mêlée d'embrassades confuses. Ça y est, le cauchemar avait enfin pris fin. Harry était enfin libre de mener sa vie comme il l'entendait. Il allait enfin être heureux. Mais il fallait qu'il voie. Il devait être sûr. C'était presque trop beau pour être vrai. Et d'abord, comment Lord Voldemort était-il mort ? Personne n'avait rien précisé à ce sujet...
La réponse parvint peu après, dans un article du <i>Chicaneur</i>, accompagné d'une photo. C'était bien le corps de Lord Voldemort, sans nez, grand, décharné, terrible. L'article précisait cependant qu'on avait trouvé quelque chose de très bizarre gravé sur son torse : « Hermione Forever » apparemment cousu avec de la <g>ficelle (2).
FIN</g>
(1) <i>Lettres</i>, de Mme de Sévigné. [NdA : c'était juste pour me faire culpabiliser et vous en remettre une couche bien épaisse avant de vous abandonner... Mais allez, je ne vous hais point.]
(2) Désolée, mais il fallait bien que je recase ce mot... enfin bon, au passage, je vous rappelle quand même que Ugolin, dans Manon des Sources, ramasse et se coud un ruban de Manon à la poitrine, par amour... Quoi, un Voldy sado-maso, c'est pas crédible ???


